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Commentaire Rousseau, "vol du ruban", les Confessions

Par   •  27 Juin 2018  •  986 Mots (4 Pages)  •  1 010 Vues

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III- Une volonté de se confesser

1-Un acte vécu comme un péché

Le terme « confession » appartient à l’origine au vocabulaire religieux et il signifie le fait d’avouer ses péchés à un prêtre pour en obtenir le pardon. En effet le champ lexical du péché et de l’enfer jalonne ce texte : « tenta » l.5, « démons » l.16, « infernale » l.18, « diabolique » l.24 et montre que c’est bien du point de vue de la morale qu’on se place.

Et ce besoin de se confesser est d’autant plus forte que ce péché semble encore très présent dans son esprit comme le montre l’usage du présent de narration qui vise à actualiser le souvenir : « je me trouble, je balbutie, je dis …etc » l.6. L’emploi du présent rend encore plus vivace le souvenir puisqu’il fait passer le passé vers un présent qui rend honteux Rousseau adulte.

2- Du souvenir au remords

D’ailleurs la composition de l’extrait obéit à une logique qui fait passer de la remémoration au remords : en effet, si le premier paragraphe raconte les circonstances du vol avec un désir d’atténuer la valeur de l’objet : le ruban appartient à une domestique, il est « petit et déjà vieux » l. 4 ; le second paragraphe met en scène un coupable réel et une victime innocente.

C’est plus fort qu’un regret puisqu’il se sent coupable. Le fait qu’il ait été marqué toute sa vie par ce petit crime montre au lecteur qu’il ne peut pas être mauvais et qu’il se rachète par sa conduite « 40 ans de droiture et d’honneur » montre que le reste de sa vie est admirable.

L’écriture prend un rôle cathartique.

3- Des circonstances atténuantes

Rousseau avoue ses fautes mais met en avant des circonstances atténuantes :

-la honte

-la peur du regard des adultes

-la jeunesse

Conclusion :

Dans cet extrait qui raconte le vol du ruban et qui constitue l’un des épisodes majeurs des Confessions, Rousseau cherche bien à endosser toute la culpabilité d’un péché qui le hante depuis toujours et à le dramatiser par un jeu d’opposition très nette entre les deux accusés et l’usage du registre pathétique voire tragique. Cependant, il montre aussi clairement les circonstances atténuantes et guide ainsi le jugement du lecteur sur son acte.

Mais on peut s’interroger sur le but d’un tel aveu : s’agit-il de libérer sa conscience ou d’appeler le pardon des lecteurs par une confession publique ? En tout cas, par sa confession Rousseau cherche à honorer le pacte autobiographique avec le lecteur en montrant le caractère authentique de son œuvre.

Ce texte peut être à rapprocher des deux autres aveux présents dans les livres I à IV, à savoir le plaisir lors de la fessée et l’abandon de son maître.

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