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Commentaire "Le mendiant" de Victor Hugo

Par   •  30 Avril 2018  •  1 008 Mots (5 Pages)  •  840 Vues

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des outils adaptés : « Donc au petit enfant, donnez le petit livre ».

Inversement, l’auteur des Misérables pointe, du côté des voleurs, le handicap consécutif à l’absence de prise en charge sociale de l’enfance : au lieu de s’épanouir, ils ont régressé, en vertu d’une loi implacable que Hugo énonce sous la forme d’une métaphore filée : « l’école en or change le cuivre / Tandis que l’ignorance en plomb transforme l’or ».

Ce processus éducatif résulte clairement d’une décision politique.

Se trouve ainsi martelée par Hugo, à coup d’anaphores (« Je dis que… », l’idée d’une l’éducation comme un « droit de l’homme » : « Je dis qu’ils ont le droit, du fond de leur misère / De se tourner vers vous… », et par ricochet, la responsabilité de la société.

La formule lapidaire qui conclut l’extrait procède à un étonnant renversement : « Et la société leur a volé leur âme ».

Le vrai crime de vol est ainsi imputable à la société elle-même, que Hugo met en accusation, en se mettant lui-même du côté des responsables : « Je nous blâme » : le poète, « je » sujet de la phrase endosse une responsabilité collective, exprimée par le « nous » complément d’objet direct.

PARTIE 3 : Une conception marquée par une histoire dépassée

Cet extrait peut-il pour autant inspirer une politique éducative pour le début du XXI° siècle ?

Oui, dans la mesure où sous une forme rhétorique dépassée, il exprime clairement l’idéal de l’École de la République dans la tradition française.

L’éducation pour tous est posée comme un Droit de l’Homme.

A juste titre, Hugo insiste sur le « savoir lire ».

A son époque, il s’agit encore d’une alphabétisation, que l’école de Jules Ferry parvint à généraliser. Bien entendu, la « maîtrise de la langue française », première compétence du socle, suppose, aujourd’hui, des compétences plus techniques, plus adaptées à l’évolution du monde, que l’apprentissage de l’épellation, avec un « alphabet » qui fut longtemps un simple abécédaire.

Encore plus percutante la conception de la « morale » qui se dégage de cet extrait.

Aujourd’hui encore un enseignement « laïc » de la morale fait débat.

Ici « le monde moral » est une illusion propre à la société bien pensante : faute de l’éclairage de l’instruction, les voleurs n’y peuvent marcher qu’ « à tâtons ».

Ce cadre idéologique permettrait de rapprocher ce texte de la Préface du célèbre Tour de la France par deux enfants, un des premiers manuels pour l’école primaire, publié à peu près à la même époque.

Mais là s’arrête la pertinence pour aujourd’hui de ce texte, dans lequel il ne faut chercher ni vision pragmatique, ni programme.

Plusieurs aspects seraient en décalage avec notre époque. Les rapports internes aux classes sociales nécessitent des analyses plus fines, dépassant le schématisme de la vision de Hugo, fondée sur la domination des possédants menacés par les classes dangereuses ; significativement, dans l’extrait,

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