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L’ETHIQUE AUJOURD’HUI MAXIMALISTES ET MINIMALISTES

Par   •  19 Octobre 2017  •  1 211 Mots (5 Pages)  •  628 Vues

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Mais peut-on se causer des dommages ou des torts à soi même ? Non car les dommages à soi même, comme le suicide ou l’automutilation, sont des dommages auxquels on a consenti et non des torts puisqu’on ne fait pas tort à celui qui est consentant.

Ruwen Ogien présente sept arguments contre l’idée de devoir moral envers soi même :

1- Les devoirs moraux envers soi même ne sont pas moraux mais prudentiels, par conséquent ne pas les respecter n’est pas immoral mais plutôt irrationnel, c’est-à-dire justifiés par le suicide, protéger des intérêts personnels, etc…

2- La notion de devoir envers soi même pose un problème de logique.

3- Les devoirs moraux envers soi même en tant que personne sont des engagements envers des principes impersonnels : respecter l’humanité en nous, avoir des devoirs envers des entités générales et abstraites, etc…

4- Les devoirs moraux envers soi même sont en réalité des devoirs envers des entités abstraites comme la nature ou l’espèce humaine.

5- Les devoirs moraux envers soi même ne sont pas moraux mais sociaux ou esthétiques et ne pas les respecter n’est pas immoral, mais au pire c’est être dépourvu d’honneur ou d’élégance.

6- L’élément moral du devoir envers soi même c’est ce qui concerne autrui.

7- L’application de l’idée de devoir moral envers soi même représente une menace pour les libertés individuelles (paternalisme fort).

V- Le crime sans victime

Au XVIIIe siècle, Montesquieu, Beccaria et Voltaire défendent l’idée de séparation entre le droit et la religion. Ils souhaitaient abolir la notion de péché, de superstition, de blasphème, d’hérésie, de sacrilège, de perversion, etc… Ils estimaient que des lois justes ne pouvaient s’encombrer de ces notions et que le droit devait renoncer ainsi à sanctionner les « crimes sans victime ».

Les crimes sans victime peuvent être de trois ordres :

1- Les offenses aux choses abstraites comme Dieu, la patrie, les signes de religion, le drapeau ou les hymnes nationaux.

2- les activités auxquelles nul n’a été contraint de participer et qui ne cause aucun dommage direct à des tiers comme les jeux d’argent ou les relations sexuelles entre personnes consentantes de quelque nature qu’elles soient.

3- Les conduites qui ne causent des dommages qu’à soi-même comme la toxicomanie, le suicide, etc…

Dans ces cas, on peut se demander : « Où est le crime ? » puisqu’on ne peut pas répondre à la question : « Où sont les victimes ? ».

VI- Conclusion

Pour Ruwen Ogien, l’éthique minimale est détachée du rapport direct à soi, pour lui la morale ne concerne que le rapport à autrui. Cela veut dire qu’à partir du moment où je suis dans un rapport à l’autre, je dois faire attention à mes propos et à mes actes pour ne pas lui nuire. Il faut donc que je sois le plus neutre et objectif possible. Dans la vie en société et l’exercice d’une profession, l’éthique minimale semble être la plus juste et la plus altruiste. Mais dans la vie privée, en famille ou entre amis, peut-on rester neutre ? La neutralité ne va-t-elle pas appauvrir la relation ?

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