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En quoi la politique économique permet-elle de lutter contre les défaillances de marché?

Par   •  1 Février 2018  •  3 508 Mots (15 Pages)  •  106 Vues

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de l’équilibre macroéconomique, associé à un plein emploi automatique sur les marchés de facteurs dont notamment le plein emploi de la main d’oeuvre. Cette vision optimiste est privilégiée par le Théorème de l’Equilibre général des marchés de Léon WALRAS, mais les déséquilibres contemporains remettent en cause une telle vision de l’équilibre macroéconomique.

1) Le théorème de l’équilibre général de Léon WALRAS

Le théorème de Léon Walras est basé sur le fait que la monnaie est un voile des échanges, elle est donc neutre vis à vis de l’équilibre général des marchés.

"Le besoin de monnaie n’est autre que le besoin de marchandises qu’elle permet d’acquérir". Cette assertion de Léon Walras montre que, pour lui, la monnaie n’a pas d’utilité propre, elle n’est demandée que pour effectuer des échanges. Toutefois, si les prix absolus des biens augmentent, l’agent privé étant rationnel et non sujet à l’illusion monétaire, il exprimera une demande de monnaie supplémentaire et proportionnelle à l’augmentation des prix absolus. Car son but est d’effectuer le même niveau d’échanges qu’auparavant, ce qui justifie une demande de monnaie supérieure aux encaisses qu’il détenait avant l’augmentation des prix absolus.

Le Théorème de l’équilibre général nous dit : "L’équilibre général de l’économie est obtenu lorsque tous les marchés sont en équilibre partiel simultanément." L’équilibre général est obtenu pour (n) marchés lorsque (n-1) marchés sont en équilibre partiel, ce qui signifie que le marché de la monnaie est équilibré automatiquement lorsque les marchés de biens et services sont équilibrés. Les marchés de biens et services sont équilibrés respectivement lorsque les demandes nettes sont nulles pour chaque bien et sur chaque marché. C’est là qu’entre en jeu la "Loi des Débouchés" de J.B. SAY, à savoir "toute offre crée sa propre demande". Pour ce dernier, la monnaie n’a pas d’utilité propre non plus. Cet enseignement sur l’absence d’utilité propre de la monnaie sera contesté d’abord par Keynes qui établira la théorie de la préférence pour la liquidité.

2) Remise en cause du théorème de WALRAS

La remise en cause du théorème d’équilibre général de L. Walras passe par le constat empirique par J. M. Keynes du chômage massif, dont l’explication théorique le conduira à proposer l’explication du chômage involontaire.

J. M. Keynes commence par constater empiriquement que la montée du chômage est d’abord consécutive à des excès de production industrielle à la fin des années 1920 en Grande Bretagne, puis ensuite à la chute de la production dans tous les pays développés

lors de la Grande Dépression des années 1930. La période contemporaine illustre une inertie du chômage à des niveaux élevés dans les grands pays développés du G7, qui sont les sept principaux pays industrialisés, à savoir; le Japon, les Etats Unis, l’Allemagne, la France, le Royaume Uni, l’Italie, le Canada. En France, par exemple, un taux de chômage de 10% représente 3 millions de chômeurs sur une population active de 30 millions d’individus en âge de travailler, et probablement environ 8 millions d’individus se situant en dessous du seuil de pauvreté. Un tel niveau de chômage constitue une remise en cause de la viabilité de l’économie capitaliste, comme facteur d’expansion des entreprises et de la prospérité des ménages. En effet, pour Keynes, le capitalisme est instable.

L’analyse théorique conduit donc Keynes à proposer l’explication du chômage involontaire. L’insuffisance de la demande effective est la première source du chômage. Selon lui, à court terme, c’est la demande effective qui détermine la production et l’emploi. A chaque période, cette demande effective est égale à l’offre de biens par les entreprises, ce qui illustre l’équilibre macroéconomique. De plus, le niveau de la demande effective peut cependant ne pas nécessiter de la part des entreprises, le besoin de toute la main d’oeuvre disponible. Il existe donc un gap de production entre le niveau de production égal à la demande effective et le niveau de production qui devrait correspondre à la demande effective compatible avec un équilibre macroéconomique de plein emploi. Cet écart correspond à du chômage. Enfin, outre les anticipations de faible rentabilité par les entreprises, le chômage a pour cause la préférence pour la liquidité des agents privés. Cette préférence excessive pour la liquidité se traduit par une épargne constituée à des fins de thésaurisation et non pas de dépense. L’épargne excessive constitue donc la deuxième source du chômage. L’insuffisance de la demande effective privée justifie donc la dépense publique supplémentaire qui permet de réduire l’output gap, c’est à dire le chômage, légitimant le rôle de la politique économique.

II) La nécessité de la politique économique

Les différentes politiques économiques existantes ont des objectif face aux défaillances des marchés, elles offrent des solutions à ces derniers, ce qui peut par nature les légitimer.

A) Les différents types de politiques économiques, leurs objectifs et leurs moyens

Les décideurs économiques ont le choix entre deux grandes catégories de politiques économiques : conjoncturelles ou structurelles. Par ailleurs, ces politiques économiques ont des objectifs et des moyens.

1) Les politiques structurelles et les politiques conjoncturelles

La politique économique se compose d’une dimension conjoncturelle et d’une dimension structurelle.

Les politiques conjoncturelles, composées essentiellement de la politique budgétaire et de la politique monétaire, peuvent être définies comme une action des pouvoirs publics

afin d’influencer la croissance à court terme dans la perspective de rétablir les grands équilibres du "carré magique" par l’intermédiaire du budget de l’Etat, c’est à dire les recettes fiscales, les dépenses budgétaires et le solde budgétaire. Deux orientations principales sont données à la politique budgétaire : une politique budgétaire de relance et une politique budgétaire de rigueur. La politique budgétaire de relance ou politique expansionniste vise une croissance forte et le plein emploi. Dans ce cas, les moyens de la politique budgétaire sont la baisse des impôts et/ou la hausse des dépenses publiques. La politique budgétaire

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