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Nana emile zola cas

Par   •  6 Mars 2018  •  1 180 Mots (5 Pages)  •  769 Vues

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Il ne dit pas :

« son corps reposant sur son lit illuminé par la bougie, la lumière

caressant sont visage malade » il emploie des mots plus fort plus

réel comme : « des pustules avez envahie sa figure entière », « la

clarté de la bougie », « flétries, affaissées », « une pelleté de chair

corrompue, jetée là, sur un coussin ». Le narrateur n’épargne au

lecteur aucun détail réaliste de la décomposition du corps, jusqu’à

avoir un vocabulaire de médecin légiste. Loin d’être idéalisé,

magnifié, comme ce serait le cas pour une héroïne traditionnelle.

2. Cependant Zola, par plusieurs aspects, sort de cette objectivité

naturaliste. Il est avant tout un artiste, qui fait que la mort de Nana

et symbolique et politique.

a) Un portait hyperbolique : entre horreur et fascination. Ces excès

descriptif produisent une forte impression : nombre de figures de style

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concourent à cet effet : Des métaphores comme « tas d’humeur et de

sang, pelletée de chair corrompue, des cheveux coulaient » … Des

comparaisons aussi « aspect grisâtre de boue », « semblaient déjà une

moisissure de la terre », « comme un trou noir et gâté ». Egalement des

hyperboles comme « un oeil avait sombré dans le bouillonnement de la

purulence », « croute rougeâtre partait d’une joue, envahissait la

bouche », enfin une antithèse : « qu’elle tirait d’un rire abominable ».

b) Un travail de mise en scène

- Sortie des courtisanes, Rose tira le rideau, la lumière vive, elle

ferma la porte (la scène est isolée, l’éclairage est en place)

- Puis on parcours le visage comme avec une camera au poing :

plan général, et l’on descend, les yeux d’abord, gauche puis droite, le

nez, la bouche et cal se termine par le panache « les beaux chemins,

gardant leur flambée de soleil, coulaient en un ruissellement d’or ».

Enfin la chute : la chambre était vide. Et le souffle désespéré…

c) Enfin, la scène décrite comporte une visée symbolique et politique. En

effet, Zola ne se contente pas de décrire les effets de la maladie et de la

mort mais il ajoute des termes à connotations morales très négatives : «

corrompue », « horrible et grotesque », « dont elle avait empoisonné

venait de lui remonter au visage et l’avait pourrie », « dans un rire

abominable ». De fait, la décomposition du corps de Nana, symbolise la

décomposition du régime. La référence à la pourriture rappelle un thème

développé tout au long du roman : celui de la contamination de la société

par la vénalité. Tout s’achète et tout se vend, y compris l’amour, comme

en témoigne la présence de ces prostituées dans la chambre. Zola

développe ainsi toute une thématique de la corruption, qui est aussi celle

de ce régime : « charognes tolérées » (allusion aux maisons de tolérance),

« ferment », avec des références à la boue, à la pourriture et à la

moisissure. Nana a « empoisonné un peuple » et sa mort, sa

décomposition coïncident avec la décomposition et l’effondrement du

Second Empire. Métonymiquement, Nana est le régime entier, travaillé

par la prostitution et la corruption et il y a bien, chez Zola, une visée

politique évidente qui va au-delà de l’objectivité naturaliste.

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Conclusion

Cet extrait nous présente donc un portrait de Nana morte, écrit

dans un registre réaliste qui n’épargne aucun détail. Cependant l’auteur

est manifestement sorti de la description objective du réalisme ou du

naturalisme. Nous avons ainsi noté le style hyperbolique de la

description mais aussi sa mise en scène qui dramatise l’état du cadavre

de Nana : tout cela nous porte à penser à la visée symbolique

recherchée par Zola qui est témoin de l’écroulement d’une société

corrompue et d’un régime le Second Empire qui ne va pas bien. La

décomposition du cadavre de Nana n’en est-il pas

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