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Lorenzaccio Acte III scène III

Par   •  7 Novembre 2022  •  Commentaire de texte  •  1 855 Mots (8 Pages)  •  29 Vues

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Devoir sur Acte III scène III de Lorenzaccio

Lorenzaccio est une pièce de théâtre écrite par Alfred de Musset en 1834. “L’enfant prodige” du romantisme français a tout juste vingt-quatre ans lorsque la version définitive de la pièce est publiée. Elle met en scène le meurtre d’un tyran, Alexandre de Médicis, par son cousin, Lorenzo. A travers le protagoniste, à la fois épris d’idéal et de liberté, le dramaturge explore la complexité de l’âme romantique et de ses tourments. Le passage étudié est la scène III de l’acte III, situé au centre de la pièce, en constitue un moment clé. Lorenzo fait part à Philippe Strozzi de son projet longuement mûri de tuer Alexandre. Pour y parvenir, le jeune Lorenzo à dû devenir le compagnon de débauche du duc et, deux ans durant, s’est compromis dans l’indécence d’une dépravation totale, au risque d’y perdre son âme. Cette révélation est immédiatement suivie d’un registre alternant entre pathétique et délibératif qui, voulant convaincre Philippe de la nécessité du meurtre, renseigne plutôt sur la complexité du caractère de Lorenzo, toujours indécis, tiraillé sans cesse de part et d’autre par une sentimentalité exacerbée. Ce passage représente une “tombée de masques” dans lequel le spectateur découvre que les raisons de l’assassinat ne sont pas politiques mais bien personnelles, que Lorenzo désireux de laisser une empreinte de son existence chez les hommes, tout en les méprisants, se démultiplie en se contredisant dans tous ses arguments. La confrontation entre Lorenzo et Philippe dessine le héros romantique, incompris et différent face à l'impassibilité du vieux républican.

Dans quelle mesure cette tirade représente-t-elle un moment crucial du dévoilement du personnage ?

Après avoir vu comment les justifications de l’assassinat contribuent à mettre la conscience de Lorenzo à nu (I), nous verrons qu’il est une personnage romantique caractéristique, complexe et incompris. (II)

Les justifications de l’assassinat contribuent à mettre la conscience de Lorenzo à nu.

Cette tirade est d’abord, semble-t-il, une confrontation entre Lorenzo et Philippe dans laquelle le jeune protagoniste use de toute son éloquence afin de persuader le vieux républicain de la nécessité de son acte, la question rhétorique “tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ?” annonce bien l’objectif du discours qui va suivre. Cette question est immédiatement suivies d’une autre question dans laquelle deux alternatives excessivement radicales et absurdes sont présentées à Philippe “Veux-tu donc que je m'empoisonne, ou que je saute dans l’Arno”, qui ont pour but d’exposer la crucialité de l’assassinat d’Alexandre car la vie de Lorenzo en dépend. Cette nécessité vient du désir du jeune homme de retrouver la vertu égarée dans sa débauche, de vouloir se réapproprier la pureté et l’unité de son être passé. Les deux métaphores (“veux-tu donc que je m’arrache le seul fil qui rattache aujourd’hui mon coeur à quelques fibres de mon coeur d’autrefois”; “je glisse depuis deux ans sur un mur taillé à pic, et que ce meurtre est le seul brin d’herbe ou j’aie pu cramponner mes ongles”) permettent de témoigner et de rendre compte de la condition précaire dans laquelle Lorenzo s’est embourbé deux ans plus tôt, pour parvenir à massacrer le tyran dépravé de Florence, une acte donc nécessaire et dont l’assouvissement serait la seule sortie du péril que son âme éprouverait dans la neurasthénie d’une langoureuse débauche. Lorenzo décrit même cette condition mortifère comme un tombeau de l’âme, ou il serait comparable à “un spectre” ou à “un squelette”, son existence est effacée tant que vit Alexandre. Lorenzo se dépérit progressivement intérieurement et sent que sa condition devient insoutenable, alors même qu’il est toujours vivant, il agonise intérieurement.

Lorenzo est un personnage extrêmement vindicatif, et l'exécution d’Alexandre représente une revanche (vengeance) sur les médisances qu’il a subi de toute part depuis qu’il est compagnon de débauche d’Alexandre. Par les anaphores des présentatifs “voilà assez longtemps” et de “j’en ai assez” Lorenzo manifeste toute l’exaspération que ces médisances et critiques assidues provoquent en lui, par un vocabulaire sarcastique, le jeune homme signale que les paroles dispensées à son égard se confondent dans tout ce à quoi il est en relation, "l'exécration des hommes des hommes empoisonne le pain que je mâche”. De même, ces injures se matérialisent pour atteindre physiquement Lorenzo (“les républicains me couvrent de boue et d’infamie (métaphore)). Ainsi, le jeune homme est doublement atteint et saturé par la parole d’autrui qui se confond avec les sentiments dont elle est porteuse (la métonymie “j’en ai assez d’entendre brailler en plein vent le bavardage humain”). La tirade laisse entrevoir que l’une des motivations de l’assassinat est aussi la vanité démeusurée de Lorenzo. Il méprise d’abord Philippe (“Si tu honores en moi quelque chose, toi qui me parles, c’est mon meurtre que tu honores, peut-être justement parce que tu ne le ferais pas”) en ceci que Lorenzo fait valoir l’action à une parole inutile et impuissante en menant à bien son projet, la parole serait uniquement la transmission d’une décision préalablement arrêtée. Lorenzo médite de commettre un acte hautement répréhensible que Philippe ne pourrait jamais accomplir, Lorenzo peut agir, Philippe pas. Lorenzo se pose en homme qui agit. « C'est peut être demain que je tue Alexandre » le présent accentue la réalité de son acte. Et cet acte qui à première vue paraît lâche et obtus, permet de racheter l’infamie de sa vie passée, c’est la raison pour laquelle il est honorable. Or, Lorenzo généralise son discours, le “tu” s’efface progressivement au profit d’une parole universelle “il faut que le monde sache qui je suis, qui il

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