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Commentaire Lettre Persane n°30 Montesquieu

Par   •  12 Octobre 2017  •  2 017 Mots (9 Pages)  •  274 Vues

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Le Persan a donc l'art et la manière de raconter son récit grâce à l'aspect ironique et humoristique. Les résultats de ses expériences et de sa contre-expérience, sur le regard des Parisiens sur lui, lui permettent d'arriver à une conclusion.

Il y a dans le texte deux parties distinctes par les paragraphes, elles sont construites en fonction de la démarche scientifique : en costume persan puis en costume européen.

Initialement, le persan se retrouve au centre du voyeurisme des Parisiens. On relève alors le champ lexical du regard : "regardé" l.2, "voir" l.3, "fenêtre" l.3, "voyais" l.4-5, "spectacle" l.5, "lorgnettes" l.6, "portraits" l.9. Le verbe voir est employé à deux reprises au passif, forme montrant que Rica était la proie de ces regards. Cette curiosité répétitive et excessive montre l'impolitesse des Parisiens. La première phrase est construite dans un présent de vérité générale, elle introduit directement le sujet qui est la curiosité des Parisiens. Puis on retrouve une voix active au passé simple, étrangement le présent se transforme rapidement en un passé simple de premier plan. Ici, on marque la soudaine célébrité de Rica auprès de la ville. Ensuite, le temps principalement employé est l'imparfait, un temps qui montre la lassitude et la duré d'une action malaisée. Pour appuyer ce désarroi, on retrouve le champ lexical de l'oppression : " un cercle se former autour de moi" l.4, " qui m'entourait" l.5, " contre ma figure " l.6. Les hyperboles de quantité "tout le monde" l.3, "mille" l.5, "cent" viennent compléter la gradation de la ligne 2 " vieillards, hommes, femmes, enfants,". La curiosité est partout chez "les habitants de Paris", tous suscite un intérêt pour le persan.

Dans la deuxième partie, on remarque tout d'abord qu'il fait preuve d'un peu de vanité " très bonne opinion de moi" l.12, mais il reste néanmoins dans une modestie commune. Cependant, il est embarrassé à cause de l'indélicatesse des Parisiens " dusse troubler le repos d'une grande ville" l.13 et il n'est point dupe que ce n'est pas de sa personne que vient l'intérêt commun. Vient alors la mise en place de la deuxième expérience, le Persan fait alors preuve à son tour de curiosité et endosse l'habit Parisien. Le verdict tombe, le Persan est alors ignoré de tous. Le champ lexical du regard disparaît car il n'est plus regardé mais regarde. La figure hyperbolique ironique "dans un néant affreux" l.18 montre qu'il semble vexé par ce manque de considération. Il a quitté le centre d'attention, " Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans qu'on m'eût regardé" l.8-9. Il pointe et exagère la différence d'égard avec la première expérience. Cette inattention des Parisiens lui illustre la véritable raison de leur intérêt.

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Toutefois, lorsque la contre-expérience se produit et que les Parisiens apprennent les origines de Rica, celui-ci redevient un être de curiosité. La conjonction de coordination "mais" l.20 marque alors de nouveau un changement de regard. On retrouve une métaphore hyperbolique à la ligne 21 "bourdonnement", ici on évoque les Parisiens, on les compare semblablement à un groupe d'abeilles autour d'une fleur quelconque. On peut aussi penser que Rica considère le discours des Parisiens à des paroles sans importance. Le texte se finit finalement par un discours rapporté au style direct des Parisiens.

L'histoire permet au lecteur de se donner réflexion et notamment avec cette fin comme Rica lorsqu'il menait sa démarche scientifique.

En effet, le lecteur se rend compte tout au long de l'anecdote que les Parisiens sont critiqués mais c'est avec ce dernier discours que celui-ci est mené tirer une conclusion. Les Parisiens ont une curiosité superficielle, ils ne sont que cuistre et par le biais de Rica, Montesquieu reproche aux Parisiens leur indiscrétion. L'anaphore de "Si je sortais [...] si j'étais aux Tuileries [...] si j'étais au spectacle..." produit les regards répétitifs sur Rica, il est placé au centre de l'attention comme un animal. La curiosité est de plus en plus croissante et irrespectueuse "se mettait aux fenêtres", "autour de moi", cent lorgnettes dressées contre ma figure"... Les Parisiens vont jusqu'à faire des portraits, l.8-9 " Je trouvais de mes portraits partout", là le terme "portrait" reprend une idée d'icône, de saint. A la fin du texte, Montesquieu appuie sur leur ignorance " Ah! ah! monsieur est Persan? C'est une chose bien extraordinaire! Comment peut-on être Persan ? ". La première question est grossièrement dite sur un ton ironique. Puis la question finale est rhétorique et sans sens. Bien qu'adressé au Persan, elle remet catégoriquement en cause les Parisiens, elle suggère explicitement qu'il est impossible d'être autre chose que Parisien. Ils se prennent pour la référence, le modèle et cette différence traite de la xénophobie.

Rica dénonce les parisiens comme ayant une curiosité excessive qui en vient à de l'impolitesse et jugeant simplement sur l'apparence. Les "habitants de Paris" sont alors que superficiels et incultes, ils ont déjà les idées toutes faites sur ce qu'il y a après Paris.

....................Conclusion....................

Pour conclure, dans ce texte issus de Lettres Persanes, Montesquieu se sert du personnage de Rica et de son regard d'étranger pour mener, sous forme d'une démarche scientifique, un apologue réussi, à propos de la curiosité parisienne. Cette satire met en avant le caractère superficiel et frivole et le jugement ethnocentrique des habitants de Paris.

Cependant

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