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Réflexions sur la philosophie du droit

Par   •  5 Décembre 2018  •  2 608 Mots (11 Pages)  •  204 Vues

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La troisième partie de notre livre « Métaphysique et droit » comporte au total trois chapitres. Par définition, la métaphysique est une démarche philosophique qui interroge d'abord l'existence des choses, des événements ou des êtres au-delà de leurs apparences matérielles pour essayer de les décrire et d'expliquer en quoi consiste leur existence (p. 331).

Selon l’auteur, la philosophie du droit, aujourd’hui, se retrouve dans une époque où les conceptions sont post métaphysiques, c’est-à-dire que la métaphysique s’éloigne du droit mais il faut savoir ce qu’elle a apporté au projet juridique. L’auteur géo localise la relation métaphysique-droit en rappelant dans la culture occidentale, les réflexions juridico-philosophiques ont été longtemps influencées par la métaphysique (p. 331). Bjarne Melkevik a tenté de comparer la métaphysique dans la culture juridique en occident en opposition à « l’hyperréalisme chinois du droit ». Alors qu’on considère le droit chinois comme « empirique », servant la volonté du souverain et « réservé à l’homme pervers », l’auteur montre que le droit occidental est marqué depuis le Moyen-Âge par la métaphysique chrétienne imprégnée de « la notion de loi naturelle » et de « la loi positive » (p. 334). Il constate que les occidentaux ont toujours pensé que les hommes avaient un droit qui leur était inhérent et l’auteur finit par affirmer le rôle de la métaphysique en ce qu’elle « a servi à jeter un pont entre l’homme et le droit » (p. 337).

Cependant, l’auteur soutient qu’à notre époque, la métaphysique n’est plus la base du droit occidental et que le projet juridique moderne est donc guidé par la conception démocratique. Les deux autres chapitres du livre soulignent l’importance de distancier la métaphysique du droit. Pour ce faire, Melkevik présente comment le philosophe du droit Michel Villey, qui dans son œuvre Le Carnet, expose sa philosophe chrétienne de la nature du droit. Notre auteur utilise la théorie villeyenne pour en établir car il observe que la foi n’a rien à voir avec la réalité juridique. Selon lui, il faudrait « engager la réflexion au sujet de la philosophie du droit sur un chemin démocratique [et donc] c’est désormais à la démocratie d’élaborer le droit, les institutions et les normes » (p. 363). Melkevik reconnaît l’admiration que certains professionnels du droit vouent à la pensée villeyenne malgré qu’elle ne soit pas entièrement reconnue au Québec.

« Idéologie et droit » est le titre de la quatrième partie. L’auteur y confronte sa conception démocratique du droit aux théories hayékienne, marxienne en passant par celle de Pasukanis. Melkevik nous y propose en premier une critique de l’épistémologie hayékienne sur la philosophie du droit en ce que sa théorie est incompatible avec la conception démocratique que devrait avoir la philosophie du droit. En effet, sa conception du droit est éthique et Hayek nous suggère sa propre idéologie comme vraie et révélant un Vrai-Droit. Mais l’auteur insiste sur l’échec de cette théorie face à la modernité juridique et insiste pour qu’on base le droit sur le principe de la démocratie (p. 391).

D’une autre part, tirant ses influences philosophiques marxiennes du siècle des Lumières, Karl Marx « place le droit dans une autonomie intersubjective [en annonçant] une « nouvelle modernité » dans la pensée du droit » (p. 394). L’auteur souligne que la philosophie de Marx est imprégnée d’un certain humanisme juridique puisqu’il place l’Homme et les relations entre les personnes au centre de ses réflexions. Melkevik constate que le célèbre philosophe et économiste Karl Marx se rapproche de la conception démocratique du droit (p. 408). Il observe pourtant que Marx éprouvait de la difficulté à sortir des Lumières, ce qui représente une limite de sa théorie par rapport à notre contemporanéité (p. 410).

Par ailleurs, étant le précurseur de la philosophie du droit « intersubjectiviste », Marx donne le relais à Pasukanis en ce qui concerne la perspective d’une nouvelle modernité du droit. Ce dernier développe une théorie selon laquelle le droit serait compris en prenant en compte les « relations sociales ». Il se rapproche encore plus de la conception démocratique que devrait avoir le droit selon notre auteur. Cependant, cette conception ne s’adapte pas aux réalités juridico-philosophiques de notre époque comme c’était le cas avec Karl Marx (p. 414).

Dans la cinquième et dernière partie « Culture et positivisme », l’auteur soulève l’intérêt que le monde occidental contemporain porte à la philosophie du droit, précisément au Québec.

Dans le premier chapitre « La philosophie du droit au Québec », Melkevik rend compte de la volonté des juges et des tribunaux de contextualiser le droit constitue l’un des changements majeurs dans la jurisprudence canadienne. Ce que l’auteur critique et qualifie d’élément réducteur du droit : « il s’agit là d’une épistémologie juridique réductionniste dans sa volonté de traiter le droit comme « objet ». Ce réductionnisme nous permet d’aborder [...] les thématiques de « pluralisme » et du « féminisme » » (p. 424).

Au fil de la lecture, on remarque une critique de la pensée juridique au Québec et de son insertion au sein de la culture et du positivisme. À cet effet, il brosse le tableau de l’évolution de la culture juridique québécoise contemporaine en évoquant l’essor du positivisme scientifique, du socio positivisme en passant par l’avènement du positivisme post-moderne qui selon l’auteur « nous fait entrer dans un monde où le plus important sera « qui parle ou écrit » sur le droit » (p. 446). Melkevik termine ses réflexions sur la philosophie du droit en donnant sa propre opinion : « nous avons choisi de voir le droit dans la lumière d’une relation sujet-sujet, dans une perspective intersubjective ou communicationnelle, où le droit n’est plus que la production d’arguments et de raison sur fond d’une rationalité juridique » (p. 448).

En guise de conclusion, on se rend compte que ce livre est une perle en ce qui concerne la compréhension de l’étude de la philosophie du droit. Cette science se révèle être l’Accompagnatrice des réflexions et des argumentations juridiques. Les sujets évoqués par l’auteur résument que le droit doit être considéré tant moderne que démocratique. Ainsi, Bjarne Melkevik renonce à la perception du droit comme « Raison-Ordonnatrice » ou « Vrai-droit » ou encore de le considérer avec des conceptions idéalistes ou encore métaphysiques. L’auteur

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