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L'évolution des structures économiques et sociales conduit elle à un affaiblissement des conflits?

Par   •  21 Septembre 2017  •  3 684 Mots (15 Pages)  •  130 Vues

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C La fin de « la lutte des classes » :

L'analyse réaliste de Marx quant à l'opposition fondamentale qu'il existe entre les classes dominantes et dominantes a peu à peu été remise en cause par la hausse globale du niveau de vie des populations.

Selon Karl MARX toute société jusqu'à nos jours(Antiquité, Moyen-Age...) se caractérise par un conflit social central. Ainsi, dans les sociétés industrielles, le conflit central est un conflit du travail qui oppose la classe ouvrière à la Bourgeoisie. La lutte des classes est un processus d’opposition fort et parfois violent entre les classes sociales aux intérêts contradictoires quant à la répartition des ressources et des bénéfices de l'activité économique. Le bourgeoisie, qui possède les moyens de productions cherche à augmenter sa plus-value au détriment des ouvriers et prolétaires, qui ne reçoivent qu'un salaire de subsistance en échange de leur force de travail En même temps que la richesse globale augmente , il y a paupérisation de la classe prolétaire qui est exploitée. A mesure que bourgeoisie et prolétariat prennent conscience de leur identité de classe et développent un sentiment d'appartenance , les conflits s’étendent et la « lutte des classes » s’intensifie.

Si elle a été très en vogue il y a un siècle, l'analyse marxienne est aujourd'hui complètement dépassée du fait de la hausse globale du niveau de vie des populations. Henri MENDRAS parle de moyennisation de la société. Il présente une société strobiloïde (en forme de toupie) marquée par la hausse des couches dites moyennes en parallèle à une baisse des inégalités économiques et sociales, cela donnant lieu à l'émergence d'une « constellation de classes moyennes ». Les facteurs de cette moyennisation sont issus de la croissance soutenue des 30 Glorieuses qui a permis une hausse des salaires et plus d'emplois en Occident, mais aussi le processus de salarisation (on compte 92% de salariés en France aujourd'hui) et la tertiarisation de l'économie avec l’apparition d'emplois nouveaux dans les services. Enfin selon Thomas PIKETTY, la mise en place d'un état providence avec par exemple, la démocratisation et la massification de l'école a largement contribué à l'égalité des chances et par conséquent à la mobilité sociales. Cela a également eu un impact sur la hausse du niveau de vie et la modification des modes de vie des population participant à la moyennisation de la société.

On ne saurait donc conclure à un déclin de la conflictualité du travail mais plutôt à un éparpillement des conflits du travail, sous des formes plus indirectes ou plus individuelles. On a donc assisté à un affaiblissement des salariés dans le rapport de force qui les oppose aux employeurs du fait du chômage et de la précarité. Les espoirs d’amélioration par l’action collective s’étant amenuisés, la crainte de l’avenir pour soi-même ou pour ses enfants les ont détournés de la mobilisation. Mais pourtant les conflits du travail n'ont pas totalement pas disparu et prennent aujourd'hui de nouvelles formes.

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II)Les conflits sociaux subsistent, mais certains s’écartent de l’opposition traditionnelle entre capital et travail :

Le XXe siècle a été marqué par l'apparition de nouveaux mouvements sociaux (NMS) que le sociologue Alain TOURAINE a particulièrement étudié. Ils correspondent à une organisation nouvelle de la société (A) et renouvellent les mouvements sociaux contribuant désormais directement au changement social.(B) On constate d'autre part que les conflits du travail persistent sous des aspects plus variés qu'auparavant. (C)

A Les Nouveaux Mouvements Sociaux : acteurs, enjeux et modes d'action :

Selon Alain TOURAINE les NMS correspondent à une organisation plus démocratique de notre société. Ils reposent sur modalités d’action plus inventives et leurs revendications portent sur les valeurs qu'ils essaient de promouvoir.

Pour le sociologue, le fait d’être passé à une société post-industrielle (ou société de services) a modifié les revendications que l'on trouve dans la société ; celles-ci sont dites post matérialistes et les conflits sociaux ne sont plus uniquement reliés aux conflits du travail. En revanche, et contrairement aux apparences, il y a de plus en plus d'acteurs sociaux. Plus la richesse d'un pays augmente, plus les acteurs sociaux se diversifient. S'il est évident que les acteurs traditionnels, tels que les syndicats , perdent de leur influence, il est non moins évident que de nouveaux acteurs apparaissent ou réapparaissent dans le champ social avec le développement des Nouveaux Mouvements Sociaux : collectifs de salariés, mouvements étudiants , écologistes, féministes, associations... et de nombreux autres, parfois locaux ou éphémères. Les acteurs de ces NMS sont le plus souvent les classes moyennes à fort capital culturel.

Selon Ronald INGLEHART, l’émergence des nouveaux mouvements sociaux doit beaucoup à l’élévation graduelle du niveau des aptitudes politiques des masses, au fur et à mesure que l’éducation et l’information politiques devenaient plus répandues. Mais l’émergence de nouvelles priorités dans les valeurs a aussi été un facteur important. Il note aujourd'hui des revendications « post-matérialistes » : libertés, lutte contre les inégalités, défense des minorités, qualité de vie...

Ces revendications qualitatives ne sont pas nouvelles, mais elles ont évolué tout au long du 20e siècle et pris de plus en plus d'importance(vote des femmes, appel de l'Abbé Pierre en 1954)

Les valeurs post matérialistes sont à la base des nombreux mouvements sociaux nouveaux. Car les partisans du post-matérialisme mettent l’accent sur une hiérarchie des valeurs différente de celle de la société industrielle. Ils accordent moins d’importance à la croissance économique et plus d’importance à la qualité de la vie. Ils recherchent des relations entre les gens qui soient moins hiérarchiques, plus informelles. Ce n’est pas que les post matérialistes rejettent les fruits de la prospérité - mais simplement que leur hiérarchie des valeurs est moins fortement dominée par les impératifs qui étaient centraux dans la société industrielle naissante

Par ailleurs, malgré le développement de conflits portant

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