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Marie Madeleine de Lafayette, La Princesse de Clèves, 1678

Par   •  3 Décembre 2017  •  1 450 Mots (6 Pages)  •  43 Vues

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♦ Enseigner « une extrême défiance de soi-même » : Madame de Chartres enseigne à ne pas céder à ses sentiments afin de toujours garder le contrôle de soi-même.

Cette éducation, loin d’être fondée sur la contrainte, s’appuie sur la franchise et la confiance réciproque. C’est ainsi que Madame de Chartres aborde avec sa fille tous les sujets afin de la « persuader » et non de la contraindre.

Elle lui fait souvent « les peintures de l’amour » en s’appuyant sur des exemples concrets comme le suggère les verbes relatifs à la vue : « elle lui montrait », « elle lui faisait voir » (expression répétée deux fois).

Cette éducation s’épanouit dans le dialogue. En attestent les imparfaits d’habitude qui soulignent des conversations maintes fois reprises : « elle faisait », « elle lui montrait », « elle lui faisait voir ».

c. Une vision pessimiste de l’amour

Madame de Chartres transmet à sa fille une vision pessimiste de l’amour.

Sa démonstration repose en effet sur une concession subtile concernant les plaisirs de l’amour afin de rendre ses critiques réalistes et acceptables (relevez l’antithèse « agréable »/ »dangereux » : « Elle lui montrait ce qu’il y a d’agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu’elle lui en apprenait de dangereux »).

Or, alors que les plaisirs de l’amour sont évoqués succinctement, Madame de Chartres s’attarde sur les souffrances de la passion. Elle lui énumère les vices des hommes, dépeignant ainsi un monde cruel où l’amour ne mène qu’à la souffrance: « le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements... ».

Madame de Chartres oppose alors la vertu et l’amour. Elle dresse deux tableaux antithétiques : alors que l’amour mène aux « malheurs domestiques », la vertu donne de « l’éclat » et de « l’élévation ». Amour et vertu sont dépeints comme deux forces antithétiques ne pouvant être conciliées que dans l’amour conjugal « qui seul peut faire le bonheur d’une femme ».

Cette éducation rigoriste et moraliste révèle les sympathies jansénistes de Madame de la Fayette et reprend des débats fréquents concernant l’amour dans les salons du XVIIème siècle : faut-il parler d’amour aux jeunes filles ? L’amour conjugal peut-il rendre heureux ? etc.

CONCLUSION

A travers ce portrait, Madame de la Fayette laisse déjà deviner la suite du roman. Mademoiselle de Chartes, jeune femme d’exception, a été élevée dans le culte de la vertu et de la sincérité. Son entrée à la Cour d’Henry II, lieu dominé par les apparences, les intrigues amoureuses et les mensonges, constitue une mise à l’épreuve. L’héroïne saura-t-elle résister aux tentations de la passion ? Parviendra-t-elle à rester fidèle à son éducation d’exception ? Comment convient-il d’éduquer les jeunes filles ? Ce sont les nombreuses questions morales et sociales de cette intrigue psychologique qui ont nourri des débats passionnés à la Cour du roi, faisant le succès de La princesse de Clèves à son époque.

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