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Commentaire: Gargantua de Rabelais.

Par   •  20 Juin 2018  •  2 254 Mots (10 Pages)  •  719 Vues

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Ce prologue est donc placé sous le signe comique, pour cacher un message profond, c’est ici le projet humaniste qui est exposé, il cherche à instruire les gens, les éclairer, ne pas vivre dans le déni. Surmonter les apparences pour valoriser sa sagesse d’esprit et le savoir. Et c’est ainsi que Rabelais, en impliquant ses lecteurs, inscrit ce prologue sous le côté humaniste. Ce qui rapproche donc ce prologue du texte de Montaigne « Au sujet d’un enfant monstrueux », voir au-delà de l’apparence physique et porter une réflexion sur le monstre.

Plan détaillé

Intro :

Au début du 16ème siècle, un nouveau mouvement littéraire et culturel apparait en France : l’humanisme. François Rabelais, écrivain français né en 1483 et mort en 1553 est l’un des chefs de file du mouvement. Il est l’auteur d’une série de cinq livres publiés de 1532 à 1564, dans lesquels on y retrouve Gargantua. Grandgousier, Gargantua, Pantagruel sont des rois et des géants qui règnent en Utopie, près de Chinon, en Touraine. Tel est le lieu de la scène. Quant à l’action Rabelais introduit ses personnages dans la vie, raconte leur enfance, fait le procès à l’éducation qu’on donnait de son temps ; puis il sème au gré de sa fantaisie les épisodes les plus divers, les digressions et les plus burlesques. L’extrait étudié est le Prologue de Gargantua, ici Rabelais pose les bases de l’humanisme qui seront étudiés à travers différents aspect dans le roman par la suite. Ce prologue s’inscrit donc dans le courant humaniste. Dans un premier temps nous verrons que ce prologue est comique, puis sa visée didactique et enfin que ce texte est humaniste.

- Un prologue comique

a) Un prologue burlesque

- « Buveurs très illustres et vous, Vérolés très précieux, (car c’est à vous, et à personne d’autre que sont dédiés mes écrits) » (l.1.2) montre le registre comique dès le début du texte.

- Champ lexical du rire : « inciter le monde à rire » (l.11), « toujours prêt à rire » (l.22), « se moquant » (l.23), « moqueries, folâtreries et mensonges joyeux » (l.37.38), « forme de dérision et de plaisanterie » (l.40)

- Enchaînement d’argument sans lien logique : « il fait l’éloge de son précepteur Socrate, sans conteste le prince des philosophes, entre autres paroles, le dit semblable aux Silènes. » (l.4.5.6).

- Description de Socrate, grand philosophe, est en tout et pour tout burlesque, il est animalisé « nez pointu » (l.19), « le regard d’un taureau » (l.19). Son esprit noble est bafoué par la description que l’on fait de lui « laid » (l.18), « fou » (l.19), « rustique » (l.20) et « malheureux » (l.21)

b) Une écriture rempli d’ivresse

- écriture dionysiaque, l’apostrophe « buveurs très illustres » (l.1), s’y inscrit parfaitement, l’auteur invite les lecteurs à lire Gargantua dans une ivresse joyeuse.

- référence à Silène (l.6), qui est le père adoptif de Dionysos (Dieu de l’ivresse et de la démesure) dans la mythologie grecque

- écriture pleine d’ivresse avec une énumération sans fin ( ligne 9) « harpies, satyres, oisons bridés, lièvres cornus, canes batées, boucs volants, cerfs attelés, et autres peintures imaginées de façon fantaisiste pour inciter le monde à rire »

- Lorsque Rabelais énumère ses propres œuvres « Gargantua, Pantagruel » (l.34), il y mêle également des titres fantaisistes « Fessepinte, La Dignité des braguettes, Des pois au lard accompagnés d’un commentaire » (l.34.35), qui souligne la gaieté et la joie du livre.

II) La visée didactique du prologue

- La philosophie

- Champ lexical philosophie : « le prince des philosophes » (l.5), « céleste » (l.25), « une intelligence » (l.26), « vertu » (l.26), « sobriété » (l.27), « interprétée » (l.39), « la bête la plus philosophe » (l.61)

- Rabelais organise et structure son prologue à l’aide de connecteurs logique « car » (l.1), « mais » (l.12), « Ainsi » (l.14), « Or » (l.24)

- L’ivresse de son écriture est donc moins claire et on y voit là un auteur voulant valoriser la raison et la logique, le rire n’est que la couverture de l’œuvre le message profond est quant à lui philosophique.

- La médecine dans l’œuvre

- Champ lexical : « vérolés » (l.1), « apothicaires » (l.8), « ambre gris » (l.13), « baume » (l.13), « moelle » (l.69)

- La lecture de son livre pourrait donc être assimilé à une purification ou une guérison par exemple.

- Ce prologue est donc ouverture nostalgique vers son passé de médecin au service de l’homme. L’homme était donc sa principale préoccupation ce qui amène donc ce prologue vers un côté humaniste.

III) Un texte au courant humaniste

- L’homme selon les humanistes

- Rabelais met en relief ce que l’homme a de plus noble, sa dimension spirituelle. A travers une énumération « les êtres humains tant veillent, courent, travaillent, naviguent et bataillent » (l.29.30), Rabelais caricature l’homme qui est entraîné dans ses affaires et qui agit sans penser

- La connaissance dans un registre épique « une intelligence plus qu’humaine, une vertu merveilleuse, un courage invincible, une sobriété sans égale … » (l.25.26.27)

- L’interpellation faîtes par Rabelais ligne 31 et 32 montre bien qu’il conduit le lecteur à la réflexion et non à la passivité, il cherche à ce qu’il passe par-delà les apparences « A votre avis, à quoi ce prologue, ce coup d’envoi veut-il aboutir ? »

- Le monde qui nous entour

- Rabelais fait référence dans son prologue aux croyances populaires « l’habit ne fait pas le moine » (l.42.43) et utilise le langage quotidien pour parler de l’homme

- Il instaure aussi un dialogue avec lecteur « Car c’est à vous, et à personne d’autre que sont dédiés mes écrits » (l.1.2), « C’est que vous mes bons disciples » (l.32), il abolit donc la séparation écrit et oral

- Les nombreuses références aux philosophes antiques renforcent le côté humaniste du texte « Socrate » (l.15), « Platon » (l.3), « Albiciade » (l.3)

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