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La question de l'exécutif de 1789 à 1889

Par   •  23 Décembre 2017  •  2 775 Mots (12 Pages)  •  245 Vues

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- Le rejet d’un exécutif marque l’émergence progressive d’une volonté conciliatrice entre autoritarisme et parlementarisme

La prédominance de l’exécutif semble dès lors devoir dépendre non seulement du charisme de son détenteur mais aussi et essentiellement de son contexte.

La Révolution remettant en cause les abus du roi, sans doute n’était-il pas envisageable de mettre en place un régime à l’exécutif puissant. Dès lors on comprend mieux l’effacement de l’exécutif sous la Révolution mais aussi sous Louis-Philippe qui succède à l’épisode des Trois Glorieuses. De ce fait, pour perdurer, la monarchie doit s’adapter à un climat de défiance par un repli de l’exécutif.

Le cas précis de la IIème République expose un régime qui cherchant à rétablir un équilibre entre pouvoir exécutif et législatif tend pourtant d’avantage, du fait de l’absence de figure pour défendre ce régime à l’affirmation d’un exécutif fort qui finira par aboutir le 2 décembre 1852 au Second Empire. De même, le cas de Mac-Mahon souhaitant une nouvelle restauration de la monarchie est révélateur d’un rejet de la toute-puissance de l’exécutif dans une République à majorité monarchique indique face à l’échec électoral et politique de la crise du 16 mai 1877, puis son retrait montre un rejet de l’exécutif dans un contexte particulier, plus du sans doute à l’appartenance monarchique de ce dernier qu’au rejet réel de l’exécutif.

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Les différents régimes parlementaires ayant parcouru ce siècle ont donc entrainé un changement radical concernant le rapport de force que le législatif entretient avec le pouvoir exécutif, lequel doit se plier aux exigences des différentes chambres lorsque le contexte et l'homme en charge de cette fonction ne lui permettent pas de s'affirmer. Pourtant, ce retrait de l'exécutif n'est pas total durant ce siècle et, qui plus est, le peuple semble vouloir quant à lui un exécutif fort.

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- Entre souveraineté populaire et aspirations profondes de l’opinion populaire, la place centrale du peuple

Au-delà, de ses changements de régime semble émerger un acteur perpétuel de ce siècle qui ancre des choix sinon de régime, de conception du pouvoir, dans la durée, le peuple dans son acceptation la plus large, l’opinion publique.

Depuis la mort de Louis XVI en 1793, le peuple a nuancé sa position concernant le pouvoir exécutif. En effet, si le refus de la monarchie de droit divin telle qu'elle fut durant les siècles précédents semble établit, il apparait toutefois que les Français demeurent attachés à l'image d'un homme fort à la tête de la nation. De ce fait, les différents parlementarismes mettant à l'écart l'exécutif semblent contraires à la volonté du peuple, alors même que l'essence du parlementarisme est de permettre une meilleure représentation de la population. Or, cette réalité n’est pas en totale contradiction avec la volonté populaire. Ainsi, il semble, plus que d’un rejet d’un exécutif omnipotent que ce soit un rejet du régime monarchique dans son acception et non dans sa pratique. La recherche d’une autorité, d’un leadership regroupant en somme les deux corps du roi, selon la thèse de Kantorowicz, n’est pas rejetée, bien au contraire.

L’image de l’« homme providentiel » se dressant au dessus des querelles entre républicains et monarchistes, bénéficie d’un soutient populaire. Les empires, par la synthèse qu’ils peuvent malgré leurs différences, constituer entre d’une part esprit républicain et pratique monarchique sont portés par une forme de césarisme à la fois illégal et légitimé par un soutien populaire sans faille. C’est cette instauration progressive de la légende de Napoléon Bonaparte apparaissant comme le sauveur de la République face aux monarchistes alors qu’il en va différemment dans les faits qui fait son acclamation populaire. Cette acclamation des deux empereurs ne sera jamais démentie par les plébiscites. Aussi, Louis-Napoléon Bonaparte tente, comme c’est visible à travers son discours de Bordeaux notamment, de dépersonnaliser la fonction exécutive afin de rendre son importance davantage acceptable aux yeux des français les plus réticents au nouvel empire, et peut par ailleurs s'appuyer sur une légitimité tirée directement du peuple de part son élection au suffrage universel direct adoptée en 1848 par la Constitution de la IIème République.

Ainsi, si Charles X est chassé par le peuple, les deux Empires chutent par la guerre et non la contestation populaire.

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Ainsi, le peuple que se soit par l’approbation aux élections, ou par la force vive que représente son pouvoir de contestation prend une place majeure au sein des choix de régime, et si des variables entrent en jeux, des constantes demeurent comme l’attachement progressif à une forme républicaine et la volonté d’un exécutif fort.

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- Les revirements du siècle : vers un autoritarisme républicain ?

Sur l'ensemble de ce siècle fondateur, un processus de succession des régimes semble se répéter, marquant ainsi la difficulté de faire cohabiter le pouvoir exécutif et législatif sans que l'un n'efface l'autre.

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- Un parlementarisme comme source impromptue de l’autoritarisme

La période allant de 1789 à 1889 est marquée par les réponses mutuelles des régimes, chacun s’établissant en réponse à son prédécesseur.

En effet, la Révolution met fin à la prédominance exécutive, remplacée par un pouvoir parlementaire qui aboutit finalement à la mise en place de l'Empire napoléonien. Ce processus se répète à nouveau car lorsque ce dernier prend fin, la Restauration se met en place. Louis XVIII passe outre la Révolution et l'Empire pour revenir à une pratique forte du pouvoir exécutif. Mais de la restauration et la monarchie, la France passe une nouvelle fois à la IIème République, puis au deuxième Empire avant d'aboutir in fine à la IIIème République.

Ainsi, si l’histoire ne repasse pas les plats, il semble néanmoins qu’une logique presque cyclique s’instaure, au parlementarisme

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