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La petite sirène cas

Par   •  26 Janvier 2018  •  2 645 Mots (11 Pages)  •  86 Vues

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prince et alla chercher du secours. Quand celui-ci ouvrit les yeux, il se mit à sourire à tous ceux qui l’entouraient sauf à la sirène, dont il ignorait l’existence comme le rôle qu’elle avait joué dans son sauvetage. Cela attrista la petite sirène qui, de retour chez elle, garda le silence sur son aventure et devint encore plus taciturne. Au bout d’un moment, n’en pouvant plus, elle se confia à l’une de ses sœurs et, par un réseau d’amies sirènes, elle apprit bientôt qui était le prince et où se trouvait son royaume. Accompagnée de toutes ses sœurs, elle se rendit au château du prince et elle revint plusieurs fois, pendant la nuit, pour le regarder autant que possible. Pendant ses escapades nocturnes, elle entendit les pêcheurs dire tellement de bien du prince qu’elle se réjouit de lui avoir sauvé la vie.

En même temps, tout cela fit grandir l’amour qu’elle ressentait pour le prince et l’intérêt pour le monde des humains qui lui semblait « plus vaste que le sien. Ils pouvaient en effet sillonner les mers sur leurs bateaux, escalader les montagnes qui s’élevaient au-dessus des nuages, et leur pays, leurs forêts et leurs champs s’étendaient bien au-delà de ce que ses propres yeux pouvaient apercevoir. » Elle interroge inlassablement ses sœurs et sa grand-mère qui lui apprend que les humains sont mortels, que leur vie est plus courte que celle des sirènes mais qu’ils ont une âme éternelle qui s’élève, après leur mort, « vers des lieux pleins de délices ». La petite sirène veut alors devenir humaine et sa grand-mère lui apprend que pour cela, il faudrait « qu’un homme te chérisse tant que tu comptes pour lui plus que son père et sa mère, puis qu’il laisse un prêtre unir sa main droite dans la tienne tout en te promettant fidélité ici et pour l’éternité. » Or la différence physique entre les humains et les sirènes rend cela impossible puisque les humains sont rebutés par la queue de poisson de ces dernières.

Lors du bal qui eut lieu le soir même après cette conversation, la petite sirène éblouit toute la cour par sa voix enchanteresse. Le plaisir qu’elle en retira pâlit rapidement quand elle se retira dans le jardin pour penser à son désir d’avoir une âme immortelle et au prince. C’est alors qu’elle décida d’aller consulter la sorcière des mers. Le chemin qui y menait était désert et parsemé d’embûches : tourbillons de vase chaude, polypes étrangleurs, forêt marécageuse et serpents gigantesques. Au milieu de ce bourbier se dressait la maison de la sorcière, faite d’ossements de marins naufragés. La sorcière elle-même était tout aussi repoussante avec son crapaud domestique qui venait se nourrir à la bouche de sa maîtresse et les serpents d’eau « qu’elle autorisait à se vautrer sur sa grosse poitrine flasque ». La jeune princesse n’eut pas à exprimer sa requête car la sorcière la connaissait déjà : elle prévint la jeune sirène du coût qu’elle devrait payer et du risque qu’elle encourait dans sa quête de devenir humaine : « tu vas souffrir terriblement comme si la lame acérée d’une épée te transperçait. Tous, en te voyant, diront que tu es la plus ravissante créature humaine qu’ils aient jamais vue. Tu conserveras la même grâce ondoyante dans chacun de tes mouvements, nulle danseuse n’évoluera avec autant de légèreté que toi, mais chacun de tes pas te paraîtra semblable à une marche sur un couteau affûté et ton sang coulera. » Une fois devenue humaine, poursuivit la sorcière, si le prince se décide à épouser une autre femme, la petite sirène mourra sur le champ et deviendra écume – forme que prennent habituellement les sirènes à leur mort. Finalement, comme paiement, la sorcière exigea que la sirène lui donnât sa voix. Celle-ci accepta toutes les conditions et la sorcière lui prépara la potion qu’elle devrait ingérer pour devenir humaine.

La petite sirène revint alors sur ses pas pour jeter un dernier regard sur le palais paternel, plongé dans le silence du sommeil, puis elle se dirigea vers le palais du prince. Sur les marches en marbre, elle ingéra la potion et s’évanouit en raison de la douleur. À son réveil, son regard rencontra celui du prince. Il lui demanda quel était son nom mais elle ne pouvait lui répondre. Elle se drapa dans sa longue chevelure et suivit le prince à l’intérieur du palais. Là, elle fut vêtue des plus beaux atours : considérée comme la plus belle créature du palais, elle en était aussi la plus gracieuse même si cela lui coûtait terriblement. Le prince s’attacha à elle au point de s’assurer qu’elle dormait sur un coussin au pied de sa porte, mais loin de lui l’idée de l’épouser. Elle le suivit partout à cheval et à pied. Le soir, elle allait se rafraîchir les pieds dans l’eau et « une nuit, elle vit ses sœurs enlacées qui nageaient à la surface tristement ». Celles-ci la reconnurent quand la jeune princesse leur fit un signe de la main et elles lui expliquèrent le mal qu’elle leur avait fait. Ce fut ensuite le tour de la grand-mère et du roi de monter à la surface ; ils lui tendirent les bras mais ne tentèrent pas de s’approcher autant que ses sœurs.

Le prince aimait de plus en plus la petite sirène mais il expliqua que même si elle lui était plus chère que toutes les autres femmes qui l’entouraient, elle ne pouvait complètement lui faire oublier la jeune fille qui lui avait sauvé la vie, rattachée à un cloître. Certes, lui avoua-t-il, la ressemblance entre elles était telle que cela la rendait encore plus attachante. Il lui fit la promesse qu’ils ne se sépareraient jamais.

Un jour, des rumeurs commencèrent à circuler sur les noces du prince avec la princesse du royaume d’à côté. Un bateau fut armé pour accommoder le prince et sa suite, qui s’en allèrent à la rencontre de la jeune princesse en raison des pressions exercées par les parents de celui-ci. Si la plupart des habitants du royaume étaient convaincus que le voyage se solderait par un mariage, ce n’était pas le cas de la petite sirène puisque le prince lui avait fait des confidences avant le départ : « Je dois voir cette belle princesse, mes parents l’exigent, mais ils ne pourront m’imposer de la ramener ici ni d’en faire mon épouse. Je ne puis l’aimer, elle ne ressemble pas comme toi à la belle jeune fille du temple. Si je devais un jour choisir une épouse, ce serait plutôt toi. Toi, mon enfant trouvée, muette mais aux yeux si expressifs » ; et il avait clos ces confidences en posant sur ses lèvres un baiser et en jouant avec ses cheveux. Pendant le voyage en bateau, le prince lui parlait de la mer et, quand presque tous dormaient, la petite sirène scrutait l’eau pour entrapercevoir le château familial et les membres de sa famille.

À

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