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Les jeunes constituent-ils un groupe social ?

Par   •  6 Décembre 2018  •  1 470 Mots (6 Pages)  •  3 Vues

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Par ailleurs, si leurs types et leurs fréquences d’activités diffèrent tellement de ceux des adultes, c’est aussi parce qu’ils veulent se distinguer d’eux, former un groupe différent. Il y a toute une culture jeune basée sur l’apparence pour qu’ils se reconnaissent entre eux. Le physique et les codes vestimentaires occupent une place importante. Par exemple grâce aux jeans «baggy», aux casquettes, aux baskets ou encore aux sweat à capuche, les jeunes marquent une rupture avec les adultes et se créent leur propre identité. De plus, ils peuvent constituer un groupe social à part dans la mesure où ils ont un langage attitré en adoptant des expressions en «verlan», que les adultes peuvent avoir du mal à comprendre. Les jeunes forment aussi un groupe social uni dans l’alimentation. En effet, la plupart des jeunes seront plutôt attirés par une alimentation qualifiée de «malbouffe» se trouvant principalement dans les fast-food alors que les adultes adopteront une nourriture plus saine et équilibrée.

Les jeunes peuvent ne pas présenter les caractéristiques d’un groupe social selon le capital culturel certifié que dispose un individu (diplômes, titres scolaires, concours). Par exemple dans «la jeunesse n’est qu’un mot», Bourdieu souligne la différence entre les jeunes qui sont déjà au travail et les étudiants. En effet, du point de vue politique et économique, les jeunes qui font des études beaucoup plus longues rentrent plus tard dans la vie active. Les jeunes déjà sur le marché du travail possède la plupart du temps un appartement, touche un salaire et ont des impôts à déverser alors que la plupart des étudiants vivent encore chez leurs parents et ne détiennent aucunes rémunérations. Entre 18 et 25 ans, les directions professionnelles des jeunes sont extrêmement différentes: certains obtiennent un baccalauréat professionnel, général ou d’autres technologique et s’orientent à la sortie du système scolaire vers une université, une préparation aux études supérieures ou encore sur le marché du travail les conduisant à une poursuite d’études, à un emploi ou les poussant au chômage. De plus, la pratique de certaines professions ou l’intégration d’une école permettent à quelques jeunes de s’approprier les attributs de l’adulte, en abandonnant par exemple le port de jeans retirant ainsi toute identité juvénile. La possibilité d’atteindre certaines normes peuvent varier en fonction des ressources. Par exemple, tous les jeunes ne peuvent pas accéder à la possession de biens de marques ou d’appareils high-tech développés, cela dépend des moyens de chacun. Mais la principale différence entre les jeunes les empêchant de former un groupe social uni repose sur la classe sociale. Les comportements, les loisirs, les goûts divergent en fonction de l’origine sociale et de la transmission par les parents: certains transmettront leurs occupations artistiques, d’autres leurs styles de musique, ou encore leur pratiques sportives. Bourdieu souligne aussi le poids des capitaux dont chaque jeune est doté qui peut différer. En outre, la variation de la dotation en capital économique visible par le lieu d’habitat suivant le fait d’habiter dans un HLM en banlieue ou dans un grand appartement parisien. Le capital culturel est visible par la possession de biens matériels tel qu’une télévision, une grande bibliothèque ou encore la presse quotidiennement. Enfin, le capital social déterminé par les relations professionnelles ou scolaires comme les relations dans le monde ouvrier, dans les grandes entreprises ou par le biais du cadre lycéen. Toutes ces formes de capital contribuent à faire varier les modes de vie, mais aussi les possibilités et les opportunités dans le monde du travail et dans le cursus scolaire.

Ainsi, un groupe social est caractérisé par l’étude de quatre critères: les conditions économiques, les pratiques culturelles et sociales adoptées, les normes et les valeurs, le sentiment d’appartenir à cette communauté. Pourtant si certains critères peuvent être communs à certains groupes de jeunes et affirmer qu’ils constituent un groupe social, cette culture est bien trop vaste et en regroupe plusieurs, trop différentes pour parler d’une véritable «culture jeune». Leur condition économique, leur culture et leur origine sociale peuvent être communes à certains groupes de jeunes, mais ne sont pas partagées par l’ensemble des jeunes, affirmant ainsi que d’une certaine manière les jeunes ne contribuent pas à la formation de ce groupe social.

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