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Quelle est l’origine de l’idée de Dieu?

Par   •  6 Décembre 2018  •  2 748 Mots (11 Pages)  •  2 Vues

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Freud soupçonne que cette force de la religion doit s’expliquer par des phénomènes d’inconscients, mais aussi qu’elle apporte aux hommes ce qu’ils attendent. Freud explique que pour représenter le rôle de la religion il faut envisager tout ce qu’elle donne aux hommes : elles les éclaires sur l’origine et la formation de l’univers, leur assure etc…

La religion a un pouvoir de séduction et de fascination sur l’esprit humain. Elle peut être une illusion mais c’est cela qui caractérise sa force car c’est par là qu’elle satisfait des désirs anciens, remontant à la première enfance, et qui n’ont jamais disparu depuis.

On va voir que l’enfance a un rôle important. Le dieu créateur est surnommé "le père". La psychanalyse en conclut qu'il s'agit bien là du père majestueux, tel qu'il apparut autrefois au petit enfant. La religion est incompréhensible si l’on ne se réfère pas à la situation infantile et à la relation du petit enfant et son père. C’est en effet un point essentiel aux yeux de Freud : « la religion est fondamentalement en rapport avec l’instance paternelle et le dieu de chacun est l’image de son père ». L’attitude personnelle de chacun à l’égard du Dieu, dépend de son attitude à l’égard de son père charnel et celle-ci varie et se transforme, le Dieu n’est au fond qu’un père d’une dignité plus élevée : « Dieu n'est jamais que le père réel, connu pendant l'enfance, et idéalisé ». Donc, l'élément paternel joue un très grand rôle dans l'idée de Dieu.

Freud remarque le principe fondamental de la psychanalyse: l'importance absolue de la petite enfance. C'est bien dans la prime enfance, dans la protohistoire du sujet, qu'il convient de chercher les premières émotions, c’est aussi une période d’intense activité psychique inconsciente, c’est aussi une période d'intense activité psychique inconsciente, d'émotions extrêmement fortes, bien souvent inassimilables par un petit être. Pour Freud et aussi pour la religion, l’enfance est sans doute le période la plus importante de la vie de l'homme, le moment où il se constitue dans sa personnalité psychique pour le restant de ses jours: « Les émotions infantiles sont bien plus intenses, bien plus inépuisables que celles des adultes et seule l'extase religieuse peut les ramener ».

Un fait marquant de la période de l'enfance est bien la situation de dépendance à l'égard des parents ; cette relation aux parents est destinée à "marquer" l'enfant d'une manière permanent. Et, au sein du couple parental, la répartition des rôles accorde une importance décisive au père, en tant qu'il incarne précisément, aux yeux de l'enfant lui-même, la force susceptible de le protéger.

Certes, dans un premier temps l’enfant va consolider une relation quasi-fusionnelle Mais l'influence de la mère se voit bientôt contrebalancée par celle du père. C'est ce qu’explique Freud : « Ainsi la mère, qui satisfait la faim, devient le premier objet d'amour et certes de plus la première protection contre tous les dangers indéterminés qui menacent l'enfant dans le monde extérieur ; elle devient, peut-on dire, la première protection contre l'angoisse. La mère est bientôt remplacée dans ce rôle par le père plus fort, et ce rôle reste dévolu au père durant tout le cours de l'enfance. Cependant la relation au père est affectée d'une ambivalence particulière. Le père constituait lui-même un danger, peut-être en vertu de la relation primitive à la mère. Ainsi inspire-t-il autant de crainte que de nostalgie et d'admiration ».

Quand l’enfant, en grandissent, voit qu'il est destiné à rester à jamais un enfant, « il se crée des dieux, dont il a peur, qu'il cherche à se rendre propices et auxquels il attribue cependant la tâche de le protéger ». Ainsi, Freud écrit quelque chose d’important : « La personne même à qui l'enfant doit la vie, le père (ou plus justement l'instance parentale formée par le père et la mère), a veillé sur l'enfant faible et chétif, exposé aux mille dangers de l'existence ; ainsi protégé, le petit être s'est senti en sécurité. Devenu adulte, l'homme est conscient de sa force accrue, mais aussi de tous les dangers auxquels la vie l'expose, et il considère, à bon escient, qu'il est resté aussi faible, aussi misérable que dans son enfance, et qu'en regard de l'univers il n'est toujours qu'un enfant. Il refuse donc de renoncer à cette protection dont il a joui quand il était petit » et il affirme que : « que notre conception religieuse du monde est déterminée par notre situation infantile ».

Face à la question de la croyance en Dieu, l’homme reste absolument libre. De toute façon, on ne peut forcer personne à croire en Dieu. Selon Pascal, l’homme est placé en face de lui-même et fait un constat de vide et de vacuité, donc l’homme n’est qu’un roseau pensant. Cela veut dire que la fragilité de l’homme est double : il y a donc une fragilité physique, où l’homme est sujet à la corruption et à la finitude, et une fragilité morale. Au sens étymologique, le mot vanité (du latin, vanitas) signifie vide, on peut donc parler de quelque chose qui est creux et inconsistant. Or, l’homme est un être qui est vaniteuse car la vanité est ancrée dans le cœur de l’homme et le moi est haïssable. On peut donc constater que c’est l’inconsistance celle qui domine dans l’humain.

Prédestiné au vide et à la vacuité, l’homme se plait des prestiges de l’imagination, qui est présente pour montrer l’illusion et l’erreur, et des plaisirs de la vanité. L’imagination désigne une puissance qui interdit l’homme à l’accès à la vérité et déforme la réalité en amoindrissant les grandes choses et en grossissant les plus petites. Par exemple, les illusions de l’amour-propre sont grossies, cela veut dire que l’amour de soi et l’égoïsme ont cru.

Éperdu par l’amour de soi et les puissances trompeuses de l’imagination, l’homme est voué à la mauvaise foi : il refuse de prendre conscience de son néant, qu’il expérimente dans l’ennui, un sentiment pénible de vide causé par l’absence d’une passion étant lié au repos, sans affaires ou occupations. L’homme fuit de cette prise de conscience par le divertissement, c’est à dire avec tout ce qui nous éloigne de cette condition pitoyable, ou même par la foi. Ainsi il se trouve que l’ennui qui est le mal le plus sensible de l’homme est en quelque sorte

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