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Les murs invisibles - Guy Di Meo

Par   •  27 Octobre 2018  •  1 669 Mots (7 Pages)  •  143 Vues

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- Les femmes de l'entre-deux : une multitude de situations

Dans cette partie, il s'agit d'éclairer les types de pratiques spatiales des femmes qui construisent un rapport partagé de façon plus égale entre leur intérieur et leur extérieur. Ces femmes représentent la majorité de l'échantillon. Encore une fois, l'auteur distingue 3 ensembles distincts. Premièrement, un groupe très diversifié socialement, culturellement et au niveau de l'âge qui accorde une attention soutenue au confort de la maison et au soin de la famille. Mais cela n'empêche pas les femmes en question d'apprécier énormément la ville et ses ressources. Deuxièmement des femmes établissant un lien fort entre leur logement et leur quartier. Troisièmement, des femmes pour qui leur quartier de référence est un territoire solidement approprié, source d'affection, de valeurs culturelles et de sociabilité intense.

Pour ces « femmes de l'entre-deux », le rapport entre intérieur et extérieur, dedans et dehors de la vie quotidienne est continu. La frontière entre les espaces de l'intimité et celles de la vie publique s'efface dû à « l'imbrication étroite de ces deux domaines soit par leur fusion totale dans une perspective qui met en scène plusieurs échelles de l'espace de vie des femmes. » Contrairement aux femmes de la partie précédente, celles-ci ne s'emprisonnent pas dans leur intérieur (logement) même âgées, ou malade ou selon leurs conditions sociales. Mais il faut noter que moins de misère a été observée. « Les femmes sans limites urbaines correspondent à de hautes définitions d'éducation, de formation, d'expériences culturelles et géographiques, caractères bien trempés, anticonformistes.»

- Des sensibilités et des jugements sur les espaces différenciés

Dans cette dernière partie, il s'agit de chercher à comprendre pourquoi les femmes trouvent certains espaces attirants, pourquoi elles les valorisent, se sentent en sécurité alors qu'elles trouvent d'autres espaces répulsifs tout en les dénigrant et en les craignant.

En premier lieu, Di Méo a constaté que les opinions des femmes sur la ville se traduisent par des expressions valorisant le beau, le propre, l'aéré, le dégagé, le clair, le calme, le paisible, etc. Tout cela au détriment du laid, du sale, du sombre, du fermé, de l'agité, etc. Les représentations passent donc par des binômes d'expressions servant à différencier les espaces attractifs et répulsifs, appréciés et refusés. C'est entre ces deux sortes d'espaces que se dressent les murs invisibles. Pour l'auteur, utiliser ces expressions pour justifier les lieux fréquentés ou non leur permet d'éviter d'évoquer la sécurité. Lorsqu'elles en parlent, elles se dévalorisent parfois en déclarant « je suis peut être peureuse ».

Di méo ajoute que les représentations et les pratiques des femmes « obéissent à la combinaison d'effets de distance et de centralité. » Selon lui, ces arguments sont la justification que les femmes se donnent à elles-mêmes de certains interdits spatiaux imposés par les femmes, elles-mêmes. Pour lui, le nouvel urbanisme de Bordeaux a permis aux femmes de, à défaut de les détruire, pousser les murs invisibles. En effet, il y a plus d'espaces dégagés, clairs, beau, propre, qualificatifs utilisés par les femmes.

Pour Di Méo, les représentations de l'espace urbain des femmes interrogées subissent l'influence des valeurs sociales propres à leur contexte de vie. Cette pression s'exerce d'autant plus fortement que les femmes sont dépendantes et sous la domination de leur famille ou de leur couple. A l'inverse, certaines femmes portent un regard plus libre sur la ville : les femmes instruites, indépendantes financièrement et autonomes. Les murs invisibles ne sont donc pas autant infranchissables pour toutes les usagères de la ville.

Grâce aux entretiens, Di Méo a réussi à distinguer « trois familles de formes engendrées dans le tissu urbain par les pratiques et les représentations ». Les femmes vivant principalement à l'échelle de leur quartier sont les plus dépendantes de leur famille, n'exercent pas ou peu d'activités professionnelles rémunérées, sont les plus solitaires et isolées. Les formes d'espaces de vie linéaire concernent surtout les femmes très actives de l'échantillon, ayant des responsabilités familiales et professionnelles. Plus elles sont impliquées dans leur vie professionnelle, plus leur espace de vie s'allonge dans le but de gagner du temps et d'être efficace. Enfin, les espaces de vie dessinant un nuage de points dispersés dans la ville sont ceux des femmes désirant exploiter, pour elles, le maximum de ressources possible de la ville. Ce sont des femmes qui se veulent libres, autonomes et indépendantes.

Guy Di Méo conclut son ouvrage en ayant pu vérifier deux de ses hypothèses. Grâce aux entretiens, il déclare que les femmes construisent et se représentent des territoires urbains spécifiques. Les femmes vivent des territorialités très diversifiées. Il considère que le genre est un facteur explicatif du rapport spatial. Cependant, il n'explique pas tout. D'autres déterminants sociaux interviennent dans les pratiques et les représentations spatiales des femmes. La diversité des pratiques et des représentations des femmes est grande. De plus, elles ne se limitent pas uniquement aux femmes et peuvent se produire chez des individus d'un autre genre. Les murs invisibles ferment certains territoires aux femmes. Mais ils demeurent mobiles pour deux raisons principales. Premièrement, des facteurs comme l'âge, l'éducation, la condition sociale, etc. Deuxièmement, l'aménagement du territoire, l'urbanisme peuvent pousser les murs. Pour Di Méo, les femmes substitue le laid et le sale au dangereux pour éviter les manifestations brutales du sexe dans l'espace.

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