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Comment comprenez vous le suicide et dans quel cadre structurel et pathologique peut on le rencontrer?

Par   •  20 Novembre 2018  •  3 435 Mots (14 Pages)  •  102 Vues

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clinique et thérapeutique (Porot A.) - Presses Universitaires de France, 1996, p 165.

(2) DURKHEIM, 1973, op cit, p 71.

En se basant sur le sens moral et religieux de l’acte suicidaire, la position de l’Église catholique était adoptée par l’État et intégrée dans les lois civiles. Par conséquent, le suicide était un crime, une violation des principes et un attentat contre les institutions sociales passible de punitions très sévères.

Au XVIIIe, le siècle des Lumières, de vastes débats publics vont être organisés, sur le thème « Est-ce que le suicide est un acte de courage? », on a assiste à un mouvement de tolérance et de libéralisme relativement au suicide, ce qui a eu pour effet de diminuer la répression collective. En France, il faut attendre 1789, date de la Révolution française pour que soient abolies toutes les mesures répressives et retirer le suicide de la liste des crimes contre l’État. Pour autant, la position de la religion catholique ou de la morale commune ne change pas (1), « le citoyen doit conserver sa vie pour la patrie » (2).

Depuis le célèbre traité de Durkheim sur Le Suicide paru en 1897, des sociologues, des psychologues, des psychanalystes, des médecins utilisant les statistiques contemporaines ont étudié le suicide du point de vue de leur discipline.

Puis au Au XIXe siècle, réaction contraire, Le scientisme s’oppose au suicide.

Aujourd’hui le suicide, dans les sociétés occidentales dites modernes, n’est plus considéré comme un crime et son étude relève de la médecine et des sciences sociales.

1.3. Le suicide dans les textes de Freud.

S. Freud évoque deux suicides ; un suicide conscient et intentionnel, et un suicide mi-intentionnel provoqué par une intention inconsciente. Il les différencie de la sorte :

« Ceux qui ont l’intention consciente de se suicider choisissent, eux aussi, leur moment, leurs moyens et leur occasion : de son côté, l’intention inconsciente attend un prétexte qui se substituera à une partie des causes réelles et véritables et qui, détournant les forces de conservation de la personne, la débarrassera de la pression qu’exercent sur elle ces causes. » (3). Le suicide est alors vu comme un acte manqué.

Dans L’interprétation des rêves, Freud avait remarqué que les enfants ne peuvent comprendre la signification de la mort. Dans Totem et tabou, il avait montré que l’homme primitif ne pouvait concevoir, comprendre et accepter la mort.

(1) DURKHEIM, 1973, op cit, p 371.

GEORGE MINOIS, 1995, op cit, p10.

(3) FREUD S. Psychopathologie de la vie quotidienne, Petite Bibliothèque Payot, 2001, pages 228-229.

(4) Dans les annexes, cette partie est développée dans les paragraphes «suicide, religions et philosophie. »

Il écrit maintenant que l’homme moderne n’est prêt qu’en apparence à croire que la mort est l’aboutissement nécessaire de la vie et que chacun doit à la nature une mort. Bref, que la mort est naturelle, indéniable et inévitable »(1).

Freud oppose la pulsion du moi et les pulsions sexuelles; selon lui, « le suicide, la pulsion de vie est vaincue par la libido » (2)(3).

Dans « Totem et tabou », « Les impulsions suicidaires de nos névrosés se révèlent régulièrement être des autopunitions pour des désirs de mort dirigés contre autrui »(4)

Freud évoque que rien de pulsionnel en nous ne favorise la croyance en la mort.

« Notre propre mort ne nous est pas représentable et aussi souvent que nous tentons de nous la représenter nous pouvons remarquer qu’en réalité nous continuons à être là en tant que spectateur. C’est pourquoi dans l’école psychanalytique on a pu oser cette déclaration : personne, au fond, ne croit à sa propre mort ou, ce qui revient au même : dans l’inconscient, chacun de nous est persuadé de son immortalité » (5).

Pour Freud, le suicide est le produit d’un acte du sujet conscient auquel s’allie la force d’une pulsion meurtrière inconsciente d’une « puissance inégalée » :« Peut-être personne ne trouve l’énergie psychique pour se tuer si premièrement il ne tue pas du même coup un objet avec lequel il s’est identifié, et deuxièmement ne retourne par là contre lui-même un désir de mort qui était dirigé contre une autre personne »(6).

1.4. L’analyse Durkheimienne du suicide.

La démarche théorique de Durkheim, va à l’encontre du discours psychiatrique ; pour l’auteur, le suicide, acte individuel est en fait déterminé par les conditions sociales.

SCHUR M. La mort dans la vie de Freud. Gallimard, 1975, p 357.

Dans les annexes, cette partie est développée, notamment la pulsion de mort selon Freud et Lacan.

Les premiers psychanalystes, Minutes de la Société psychanalytique de Vienne, trad. N. Bakman, Gallimard, Paris, 1976, p. 481-482.

(4) FREUD S., Totem et tabou, trad. S. Jankélévitch, PBP, Payot, 1992, 1912-1913, p. 230.

(5) FREUD S., Essais de psychanalyse,  Petite Bibliothèque Payot , 2001, p 85.

(6) Freud S., Sur la psychogenèse d’un cas d’homosexualité féminine , Névrose, psychose et perversion, PUF, Paris, 1974, p. 261.

Selon Emile Durkheim, le suicide est un phénomène social : « De tous ces faits, il résulte que le taux social des suicides ne s’explique que sociologiquement. C’est la constitution morale de la société qui fixe à chaque instant le contingent des morts volontaires. Il existe donc pour chaque peuple une force collective, d’une énergie déterminée, qui pousse les hommes à se tuer. »(1)

Le sociologue décrit quatre types de suicide.

Le suicide égoïste : « Le suicide varie en fonction inverse du degré d’intégration des groupes sociaux dont fait partie l’individu » (2).

Il est le résultat d’une individuation excessive, d’une intégration insuffisante de l’individu, qui, privé de cadres sociaux intégrateurs, peut se suicider par excès d’individualisme.

A l’inverse, le suicide altruiste : «Quand l’homme

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