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Essai fondamental sur les données immédiates de la conscience, Henri Bergson

Par   •  21 Août 2018  •  1 700 Mots (7 Pages)  •  224 Vues

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En outre, un « effort vigoureux d'analyse est nécessaire » pour atteindre ce « moi fondamental ». Si il s'agit d'une analyse, alors cela inclut la raison. Par ailleurs, cet « effort vigoureux d'analyse » présuppose également que la conscience soit capable de décrypter les messages qui lui sont transmis et donc qu'elle en connaisse le code. Dans la suite de l'expérience, Bergson propose à son lecteur une objectivation des états de sa conscience. Cela tend à démontrer que nous sommes en fait menés à donner un nom à nos états de conscience à cause des exigences de la vie sociale. Or, en donnant un nom à nos états de conscience, nous les figeons dans l'espace.

La vie intérieure serait donc divisée en éléments distingués les uns des autres par notre « moi réfracté » afin de correspondre aux exigences de la vie sociale alors que la réalité de nos perceptions serait en fait un flux mouvant et « inexprimable », capté uniquement par le « moi fondamental ». Cet aspect « confus, infiniment mobile et inexprimable » est en fait porteur du lien très fort existant entre la durée et le « moi ».

Dans une ultime étape de sa réflexion, Bergson traite du rapport du « moi » avec la durée. Sa thèse consiste ainsi à dire que notre conscience crée un temps qui n'est en réalité pas le temps vécu. Cela peut par exemple être illustré par l'expérience du rêve. Ainsi, lorsque nous rêvons, notre conscience n'est pas parasitée par notre « moi réfracté » puisqu'elle n'est pas active (nous sommes dans un état d'inconscience). Alors, la notion de durée présente dans nos rêves est très différente de celle de la durée que nous expérimentons au quotidien.

Cependant, puisque le « moi fondamental » et le « moi réfracté » ne font qu'une seule et même personne, ils semblent durer de la même manière. Le moi « réfracté » aurait ainsi tendance à diviser la durée pure tout comme il divise les perceptions parvenant à notre conscience. Ainsi, il divise la durée en heures, minutes secondes, etc qui nous permettent, au quotidien, de nous repérer dans le temps. Cette notion de lien entre le « moi » et la durée est donc à rapprocher de la notion des exigences sociales qui conduisent notre « moi » réfracté à l'emporter sur notre « moi fondamental ». Cependant, ce temps dont nous faisons l'expérience au quotidien n'a rien en commun avec le flux continu qui parvient à notre conscience : la durée. Mais cette durée est trop impalpable et mouvante, ce qui pousse notre « moi réfracté » à ressentir le besoin de la diviser, d'où l'expression employée par Bergson : « il est évident que chacun des faits de conscience, pris à part, devra revêtir un aspect différent selon qu'on le considère (…) dans le temps-qualité où il se produit, ou dans le temps-quantité où il se projette ». Le « moi réfracté » est celui qui est en contact avec les éléments extérieurs, qui s'identifie à ces éléments. Il n'envisage donc pas ces éléments dans la durée, contrairement au « moi profond », qui est exempt de toute obligation de diviser cette durée pure afin de la rendre explicable et de fixer sa mobilité.

Bergson nous considère donc comme poussés à donner des noms à nos états de conscience principalement par les exigences sociales. Cette objectivation des états de notre conscience est rendue possible par la duplicité de notre « moi » mais, paradoxalement, conduit à un recul de notre singularité puisque le langage est incapable de décrire la réalité des perceptions, des idées ou des émotions qui nous traversent.

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