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Notre liberté contreviendrait-elle à l'ordre du monde?

Par   •  14 Novembre 2018  •  4 052 Mots (17 Pages)  •  91 Vues

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à la contingence et son argumentation vise à nous convaincre de la réalité du destin, et donc du fatalisme. En ce sens, on comprend que la liberté n’existe pas, que nous croyons simplement être libre mais tout ce qui nous arrive est nécessaire, et que nous rencontrons parfaitement dans l’ordre du monde, qui est lui aussi nécessaire. Tous les événements sont donc une suite des lois de la nature, nous les faisons dépendre de causes finales (désir, intention…) ou du hasard car parfois certaines choses arrivent sans ordre apparent (par exemple le fait que Pierre soit amoureux de Marie.), mais ce ne sont que des causes imaginaires, car nous ignorons simplement les véritables causes.

Les événements actuels ont avec les précédents une liaison fondée sur un principe évident, qu’une chose ne peut commencer d’être sans une cause qui la produise, cela est nécessaire. Il est donc très difficile de traiter à proprement parler de liberté humaine, car ce déterminisme universel s’applique à tout (objets, animaux et même les êtres humains). Or, nous sommes généralement définis et nous définissons d’ailleurs comme libre et possédant un libre arbitre.

Le libre arbitre désigne la faculté de se déterminer soi-même à agir, et de choisir entre des contraires ou des possibilités sans que rien ne nous y contraigne. C’est un pouvoir de décision absolu en moi, de décider à partir de rien, sans motif contraignant ; c’est une capacité de commencement pur. Mais si le monde dans sa totalité obéit à un déterminisme universel, on a donc vraiment du mal à comprendre comment cette notion de libre arbitre peut être vraie. Si on fait un acte, et qu’on dit de celui-ci qu’il est libre on commet une faute, car on sait logiquement qu’il n’existe pas d’événements ou d’actes sans cause. Toutes les circonstances antérieures à l’acte déterminent nos actions et les rendent donc inévitables. Par exemple les gènes ou l’éducation d’une personne peuvent permettre d’expliquer certains actes. Pourtant nous avons vraiment du mal à accepter cela, nous le ressentons profondément comme faux quand nous faisons des choix, nous avons l’impression de faire l’expérience pure de notre liberté. On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi il est parfois si difficile pour l’homme de faire des choix, est-ce par peur de la liberté ? Ou est-ce par ce que nous savons d’avance sur quoi nos choix se porteront sans savoir précisément pourquoi et par ce fait nous prenons conscience de notre manque de liberté ? Maintenant que nous avons défini le principe de Diodore et déterminé les problèmes que posent l’articulation entre déterminisme et libre arbitre, il va donc falloir se pencher davantage sur la notion de liberté et sur celle de choix afin de comprendre si notre liberté va à l’encontre de l’ordre du monde ou si elle est comprise dedans.

Mais comment affirmer que le libre arbitre n’est qu’une illusion ? Malgré le fait que nous sommes compris dans un monde qui détient un déterminisme universel, on ne peut nier qu’en tant qu’homme nous possédons une volonté. Cette volonté est le moteur de nos actions et déclenche la plupart de celles-ci. Pouvons nous vraiment dire que le soleil qui déclenche un incendie est la même chose qu’un homme qui met le feu volontairement et déclenche un incendie ? L’événement en lui-même et les conséquences sont les mêmes dans les deux cas pour quelqu’un qui le verrait d’un point de vue extérieur. Seulement le soleil n’a pas d’intention, l’homme en a une, l’événement est donc une action, contrairement à l’effet du soleil. L’effet du soleil peut se prouver scientifiquement, ce n’est pas une action déterminée par une intuition, cela ne suppose pas une capacité à agir de manière intentionnelle, contrairement à l’action de l’homme. Il parait donc y avoir une distinction entre notre volonté qui nous rend capable de produire des actions et la nécessité de la nature. Cependant cela ne suffit pas à montrer que l’homme est libre, l’expérience que nous faisons quand nous prenons des décisions n’implique pas que nous soyons libres. La prise de décisions nous fait souvent apparaitre avec évidence que notre pouvoir décisionnel est libre, que nous pouvons l’exercer ou non comme bon nous semble. Par exemple : Nous avons envie d’une glace à la fraise, mais nous ne la mangeons pas pour telle ou telle raison, un animal s’il avait envie de la manger ne se serait pas posé de questions. Cependant nous pouvons délibérément choisir de ne pas la manger grâce à notre volonté. Mais, cela n’implique pas que la décision prise échappe à la nécessité, que le pouvoir est libre et s’exerce de manière contingente. L’arbitre a le pouvoir d’élire un contenu, une matière (manger ou ne pas manger la glace) mais ce n’est pas l’arbitre qui donne au contenu sa valeur pratique ou l’intérêt qu’il a pour l’agent. C’est bien plutôt parce que l’agent a des appétits sensibles ou intellectuels (préférences, penchants, valeurs, buts…) que ces contenus se présentent comme des choses à faire. Donc rien n’empêche de dire que l’arbitre est purement déterminé par la force attractive des contenus, de telle sorte que si l’on connait parfaitement les appétits sensibles ou intellectuels de quelqu’un, on peut prédire les décisions qu’il prendra dans différentes circonstances. Donc ce raisonnement voudrait que l’arbitre ne puisse pas être considéré comme libre car il serait toujours attiré par la force motivante des contenus.

Encore une fois la liberté serait une illusion, et l’homme serait pris dans l’ordre du monde, sa liberté ne saurait en aucun cas aller contre l’ordre du monde, puisqu’elle n’est qu’illusion. C’est d’ailleurs ce qu’affirmera Hobbes dans le Léviathan, l’homme est pris dans l’ordre du monde et est donc déterminé, la seule différence entre lui et l’animal par exemple, c’est que l’homme est doté d’un entendement. L’entendement fait que l’homme ne vit pas dans l’instant, c’est pourquoi sa vie pratique vacille entre hésitation, délibération ou balancement. Mais ce processus n’est qu’une complexification de la vie instinctive. Face à un objet (la glace par exemple) l’esprit projette des scénarios tantôt intéressant tantôt répugnant, il se projette dans l’avenir (est-ce que si l’on mange cette glace on ne va pas tomber malade ou grossir ?), ce que l’animal ne fait pas, il y a donc délibération. Mais la décision en faveur d’un élément inclus dans cet espace de choix est déterminée par le contenu, la force motivante du contenu de cet espace de choix. L’ensemble

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