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Le Vampire, Baudelaire

Par   •  4 Octobre 2018  •  1 448 Mots (6 Pages)  •  2 284 Vues

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Baudelaire semble alors magnifier la douleur et l’emprise du personnage masculin pour créer une atmosphère sombre et malsaine, qui dépasse le lyrisme amoureux traditionnel. La misère de cet homme relève du registre pathétique. En effet, on note souffrance et humiliation de l’homme, via le « cœur plaintif », son « esprit humilié » et le fait qu’il ne se sente « pas digne », voire « imbécile ». Et si le poète juge la femme de façon extrêmement négative et la condamne, la maudissant à trois reprises, il porte un regard méprisant sur lui-même. En effet, les comparaisons des vers 9 et 10 mettent en exergue son vis, son impuissance, et sa lâcheté. Aucun remède au mal de cet homme qui se sent totalement abandonné, dominé et méprisé par lui-même puisqu’ainsi ses deux recours potentiels de détournent de lui : « le poison et le glaive m’ont pris en dédain et m’ont dit… » (vers 17-18).

Cette femme dont il est éperdument amoureux serait donc la cause de tous ces maux et ressentis négatifs par Baudelaire, et l’entraineraient vers les enfers…

Cette bien-aimée, de par cette description, au travers du poème, semble entièrement mauvaise. La comparaison du premier vers « Toi qui comme un coup de couteau », insiste sur l’aspect dangereux. Elle est capable de donner la mort au poète ; ce qui pourrait aussi représenter le coup de foudre.

Nous pouvons également remarquer que tous les termes désignant la femme sont péjoratifs : « hideux troupeaux » au vers 3, donne l’impression que cette personne est capable de se démultiplier pour faire mal au poète. Elle apparait même comme démoniaque : forte comme un troupeau de « démons ». « Folle » et « parée » indiquent qu’elle a perdu la raison. Enfin, le participe passé utilisé à trois reprises de « maudit », « maudit sois-tu », « esclavage maudit » démontre que cette femme est considérée comme entièrement néfaste ; Baudelaire en est alors réduit à proférer des malédictions ; ce qui conduite à des violences extrêmes. La dernière comparaison du poème met l’accent sur la mort, sur le processus de décomposition du cadavre, la bien-aimée tuant le poète, psychiquement, ce meurtre est ressenti physiquement par Baudelaire. Face à l’agression dont il est victime, le poète a des envies de meurtre ; ce désir se manifeste par une demande de secours. Mais ceux-ci lui sont refusés et la femme apparait comme une ennemie épuisant Baudelaire et le menant à la mort. Cette femme, source de maux et de malheurs, ne serait donc pas digne de cet amour ou bien l’amour passionnel, plus généralement, conduirait-il à la perte de l’homme ?

Si le lecteur peut considérer, dans un premier temps, que ce poème est une déclaration de haine, atteignant son paroxysme dans le souhait d’un meurtre, c’est grâce à la strophe 6 qu’il comprend le véritable souhait de l’homme. Car si Baudelaire hait, cette haine procède d’un amour trop fort. Ce poème est donc une déclaration d’amour paradoxal ; la passion est dépendance, désir jamais assouvi (vers 7 à 11) (série de comparaisons illustrant a dépendance). Ces comparaisons expriment d’ailleurs le côté nocif de cette dépendance : l‘amour de Baudelaire peut être vécu comme un vice. Ainsi, cette passion mène l’homme au désespoir, un désespoir qui ressemble à l’enfer.

Enfin, nous pouvons affirmer que ce poème appartient au Spleen, puisque la femme est à la fois puissante et destructrice et le poète malheureux est incapable d’échapper à sa condition.

En conclusion, nous pouvons affirmer que l’amour éprouvé par Baudelaire est paradoxal, cet amour passionnel devenant destructeur, lorsque l’homme est sous son emprise. En effet, il s'agit ici d'un piège amoureux, sentimental, qui se referme sur le narrateur, le damnant à tout jamais. La femme, comparée à un vampire, dans ce poème, a une dimension supérieure, forte, voire démoniaque. A la fois bourreau et femme, elle est source de plaisir et de souffrance pour Baudelaire. Ce que nous retrouvons dans de nombreux poèmes constituant les Fleurs du Mal. En effet, ce poète situe la femme entre le bien et le mal, le ciel et l’enfer. En témoigne « Hymne à la beauté », dans lequel Baudelaire s’adresse directement à la beauté représentée sous les traits d’une femme, tout en mettant en relief un caractère diabolique, et l’interroge sur son origine divine ou maléfique.

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