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Portrait de Boule de suif

Par   •  7 Décembre 2018  •  2 272 Mots (10 Pages)  •  1 082 Vues

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Je vais commencer par les Loiseau, un couple de parvenus devenus petits bourgeois. Monsieur Loiseau est joyeux, beau parleur, arnaqueur et rusé. C’est d’ailleurs sa ruse qu’il utilisera pour arriver à ses fins avec Boule de suif, tout en ayant des paroles amusantes. Son épouse est à l’opposé de son mari: elle n’a aucun humour, elle est autoritaire, elle a une âme de gendarme (page 6) et est avare. Ensuite, nous trouvons le couple Carré-Lamadon, faisant partie de la haute bourgeoise. Le mari ne va pas communiquer avec Elisabeth, pour lui, elle n’existe pas. Sa femme est jeune, jolie, méprisante envers Boule de suif et sa profession alors qu’elle-même est infidèle (« Mme Carré-Lamadon, beaucoup plus jeune que son mari, demeurait la consolation des officiers de bonne famille envoyés à Rouen en garnison. » page 4) mais vers la fin de l’histoire, elle deviendra une fausse amie pour Elisabeth afin d’essayer de la faire céder au Prussien. Après, il y a le comte et la comtesse de Bréville. Le comte est noble, chevaleresque, superficiel et faux. Il ne va pas s’occuper de Boule de Suif mais quand il va lui parler, il sera hypocrite avec elle. Pour la comtesse, on peut dire qu’elle est noble et hautaine. Elle va se calquer à son mari et ne pas prêter attention à elle. Il y a également deux religieuses, la première est fragile, belle et est soumise à sa foi. La deuxième est malade, infidèle au serment qu’elle a prêté, laide et elle n’adresse même pas la parole à Boule de suif sauf à la fin pour lui dire que céder au Prussien ce n’est pas un péché si c’est pur! Finalement, Cornudet est seul, c’est un petit bourgeois, républicain, alcoolique, paresseux et profiteur. Il est attiré par Elisabeth « (Il posa ses lèvres à la place humide encore des lèvres de sa voisine. » page 6) et lui fait même des avances (« Boule de suif semblait défendre l’entrée de sa chambre avec énergie. » page 9).

Ses compagnes de voyage la méprisent et la jalousent comme le démontre cet extrait de la page 5: « Le mépris des dames pour cette fille devenait féroce, comme une envie de la tuer ou de la jeter en bas de la voiture, dans la neige, elle, sa timbale, son panier et ses provisions. ». Le mépris est dû à leur différence de rang social et la jalousie naît du fait que Boule de suif a pensé à emporter de la nourriture contrairement à elles. Ce constat les vexe. Maupassant nous montre d’ailleurs, à la page 4, une autre preuve de leur jalousie: « Mais bientôt, la conversation reprit entre les trois dames, que la présence de cette fille avait rendues subitement amies, presque intimes. Elles devaient faire, leur semblait-il, comme un faisceau de leurs dignités d’épouse face à cette vendue sans vergogne, car l’amour légal prend toujours de haut avec son libre confrère. » (page 4). Les épouses sont donc jalouses car elles commencent à chuchoter à son sujet.

Ses compagnons de voyage sont hypocrites envers elle; ils lui parlent soit pour la remercier de son bon coeur (« On ne pouvait manger les provisions de cette fille sans lui parler. Donc on causa, avec réserve d’abord, puis, comme elle se tenait fort bien, on s’abandonna davantage. Mmes de Bréville et Carré-Lamadon, qui avaient un grand savoir-vivre, se firent gracieuses avec délicatesse. La comtesse surtout montra cette condescendance aimable des très nobles dames qu’aucun contact ne peut salir, et fut charmante. Mais la forte Mme Loiseau, qui avait une âme de gendarme, resta revêche, parlant peu et mangeant beaucoup. »), soit pour la persuader de se sacrifier pour eux, que ce soit lors de sa première entrevue avec l’officier allemand (« Tout le monde se joignit à lui, on la pria, on la pressa, on la sermonna, et l’on finit par la convaincre » page 8) ou pour céder aux avances de l’officier prussien. Dans ce cas, ses compagnons utilisent comme arguments de sacrifice aussi bien des exemples de dévouement pour son pays, comme Cléopâtre (page 14), comme pour Dieu, avec le sacrifice d’Abraham (page 14) mais aussi pour ses compatriotes, comme les religieuses qui allaient soigner les militaires (page 15).

Un petit moment, ils semblent solidaires notamment quand Elisabeth leur annonce la raison pour laquelle ils ne peuvent pas quitter l’auberge (« […] l’indignation fut vive. Cornudet brisa sa chope en la reposant violemment sur la table. C’était une clameur de réprobation contre ce soudard ignoble, un souffle de colère, une union de tous pour la résistance, comme si l’on eût demandé à chacun une partie du sacrifice exigé d’elle. » page 12) mais ce sentiment avait disparu le lendemain matin « […] il s’était produit comme un refroidissement vis-à-vis de Boule de suif, car la nuit, qui porte conseil, avait un peu modifié les jugements ». page 12). Comme le dit explicitement Maupassant à la page 13, ils se liguent carrément contre elle: « Il faudrait la décider » dit-il. Alors on conspira ».

Après son sacrifice, Boule de suif ne trouve ni réconfort ni compassion chez ses compagnons, que du contraire, c’est le retour à la case départ avec le mépris, comme on peut le voir aux pages 16:« […] tous, d’un même mouvement, se détournèrent comme s’ils ne l’avaient pas aperçue. » et 17: « Elle se sentait noyée dans le mépris de ces gredins honnêtes qui l’avaient sacrifiée d’abord, rejetée ensuite, comme une chose malpropre et inutile. »

On peut donc conclure que, hormis par hypocrisie quand cela les a arrangé, personne ne prête attention ou ne s’inquiète pour Boule de suif.

Pour finir, je parlerai de la classe sociale de Boule de suif. On peut dire qu’elle ne fait pas partie d’une classe sociale déterminée («Aussitôt qu’elle fut reconnue, des chuchotements coururent parmi les femmes honnêtes, et les mots de « prostituée » et de « honte publique » furent chuchotés si haut qu’elle leva la tête.» page 4), c’est une galante (page 4). On comprend qu’à son époque, être une prostituée, c’était être rejeté de la société. Les personnages qui voyagent avec elle ne la considèrent pas comme une personne respectable. Elle se sent d’ailleurs en retrait par rapport à eux comme Maupassant nous le fait comprendre, à la page 6, lorsqu’elle hésite à proposer le partage de ses provisions: « Alors Boule de suif, rougissante et embarrassée, balbutia en regardant les quatre voyageurs restés à jeûn: « Mon Dieu, si j’osais offrir à ces messieurs et à ces dames… ». Elle se tut, craignant un outrage. » Au début, elle va partager sa nourriture avec les autres mais au retour les autres ne le font pas. Quand ils seront bloqués dans l’auberge, ils vont se servir d’elle pour pouvoir

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