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On vit on parle Victor Hugo

Par   •  23 Janvier 2018  •  1 380 Mots (6 Pages)  •  562 Vues

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de sentiment. La répétition anaphorique du pronom "on", utilisé vingt-deux fois dans le texte, démontre bien la position d’un narrateur qui peut-être intra-diégétique de même qu’extra-diégétique. Il est évident que ce "on" peut à la fois se trouver "à l’interieur" du poème et représenter les sentiments du narrateur, voire de l’auteur, comme il peut aussi être "exclus" du texte et ainsi prendre la position du lecteur. Par conséquence on peut dire que la surabondance de "on" traduit la valeur universelle que Hugo intègre fortement dans ce poème. Une autre conséquence de "on" est celle que les références personnelles deviennent imprécises. Le lecteur n’a aucun indice qui permetde distinguer cet homme d’un autre, on ne sait rien du tout sur sa famille, ni sur un métier précis.

Dans "On vit, on parle..." on peut repérer des contrastes parfois très forts qui traduisent d’un côté l’harmonie: "On aime, on est aimé", pour passer par la suite de l’harmonie à l’opposition plutôt vers la fin du texte: "faible et fort", "petit et grand", "vient et passe", "on est en deuil, on est en fête ; On arrive, on recule". Le vers quinze:

"Devant le but qu’on veut et le sort qui vous prend",

résume la faiblesse de l’homme, qui elle, est alors la réciproque de l’harmonie du début du texte et renforce en quelque sorte l’opposition vers la fin du poème. L’Homme est limité dans sa volonté ; la vie est limitée.

Dans ce poème on a un seul vers qui paraît, si on veut, "exclu" du texte ; le dernier.

"Puis, le vaste et profond silence de la mort !"

Il tombe comme un couperet après tant d’actions dans les premiers dix-neuf vers. L’absence de verbe et les voyelles ouvertes "a, o, on, en" traduisent la notion de trou que vient de voire Hugo à l’enterrement de la fille. L’intention poursuivie de l’auteur devient du coup plus claire : la vie a des hauts et des bas, elle peut même sembler parfaite ; finalement c’est quand-même la mort qui nous capte tous.

On vient juste de voir que la mort représente un trou et qu"elle est la phrase conclusive de la vie de chacun. Pour renvoyer alors à la mort de la jeune fille on peut constater alors que la mort de l’être aimé renvoie en quelque sorte à sa propre mort, puisque c’est certainement une des intentions que l’auteur a poursuivie lors de la rédactions de ce texte. Cette réflexion lors d’un décés d’un proche est la même pour chaque être humain. Ceci renvoie à nouveau au caractère universel du poème. La mort d’un aimé doit être acceptée, elle fait part de la vie.

Le dernier vers interrompe brusquement l’activité des premiers dix-neuf vers et représente la mort comme une défaite. Si on dit qu’elle est une défaite, alors elle est celle de l’Homme. Cette défaite nous est même représentée sur le plan grammatical dans ce poème. Lors des premiers dix-neuf vers la structure est toujours celle d’une phrase de base, à savoir SUJET-VERBE-COMPLEMENT. Au dernier vers alors, celui de la mort, la structure change. Le verbe dispararaît, le mot mort "fait" la phrase. Le faite que le verbe n’y est plus, est alors représentatif pour l’absence d’action à partir du moment où quelqu’un est mort. Cette dernière phrase nous met donc en face d’un trou inévitable.

Le vide de la mort est décrit dans le poème à travers les mots "vaste" et "silence". L’un est caractéristique du vide spatial, l’autre du vide sonore. S’il y a silence il y a évidemment une absence de communication , d’action.

En guise de conclusion on doit donc retenir de ce poème que son auteur l’a écrit en poursuivant une intention bien précise : décrire une vie généralisée que chacun d’entres-nous, lecteurs, connaît et demontrer que peu importe comment la vie d’un individu se déroule, le dernier chapitre sera toujours consacré au vide, à la mort. Le terme "universel" définit très boen la vie que Hugo nous décrit dans ce texte qui trouve parfaitement sa place dans le recueil "les Comtemplations". Ce qui renforce d’ailleurs cette notion "universel" est le pronom "on" utilisé pas moins que vingt-deux fois en vingt vers. En abordant la vie et la mort à travers ses aspects matériels de même que spirituels, l’auteur fait réfléchir sur le sens de la vie.

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