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Commentaire de "Qu'est ce qu'une nation " de Ernest Renan, pour L1 sciences politiques

Par   •  8 Décembre 2018  •  1 673 Mots (7 Pages)  •  14 Vues

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Mais avec toutes ces particularités historiques, comment peut-on définir ce que pourrait être une nation ?

II/ Conception objective de Fichte contre la conception subjective et philosophique de Renan

Renan met en relief les différents traits qui peuvent former la Nation, mais la dynastie (souvent centrales dans plusieurs pays notamment la France avec les Capétiens) est vite écartée car elle n'existe pas en Suisse ni aux Etats Unis.

Cependant avant d'exposer sa conception de la Nation, Renan déconstruit peu à peu les points principaux de la conception allemande.

Tout d'abord après la description historique de la Nation par Renan, la race ou "considération éthnographique" devient un élément totalement ridicule pour la formation de la Nation. En effet, tous les pays que l'auteur cite sont des pays qui ont été crées grâce à des invasions, des mélanges de civilisations. Ce sont donc des pays de sang mêlé comme "La france (qui) est germanique, celtique,ibérique". La race ne peut fonder aucun droit particulier. Par ailleurs, Renan met en garde contre cela, si on commence à fonder un droit particulier sur la race, cela est "dangeureux pour la civilisation européennes", car pour lui il n'y a pas de "race pure".

L'étude de la "race", se parachève à celle de l'étude de la langue. La langue est un élément de ressemblement, d'unification. Cependant "la langue ne force pas " à la réunion, elle y participe car une langue commune permet des échanges facilités (humour similaire, travail facilité).L'auteur montre que la France "n'a jamais cherché à obtenir l'unité de la langue par des mesures de coercition", on peut quand même soulevé le fait que entre 1881 et 1882, Jules Ferry a imposé l'école gratuite et obligatoire sur tout le territoire français pour plusieurs raisons mais notamment celle de supprimer les patois particuliers des provinces. Mais il demeure des pays où plusieurs langues cohabitent.

Cette diversité linguistique existe notamment dans le domaine religieux. Cette diversité est telle que fonder la définition de la Nation sur la religion est impossible, sachant qu'il n'y a plus de religion d'Etat.

L'auteur continue d'examiner les différents éléments de la conception nationale de Fichte, comme la communauté des intérêts qui existe et forme un lien mais cela ne saurait suffire. La dernière caractéristique est la géographie, mais aucunes frontières naturelles, ne peut justifier un droit de propriété.

Lorsque tous ces éléments sont tous écartés , que reste-t-il pour définir la nation ?

Pour Ernest Renan , il y a deux facteurs centraux. L' "âme" et un "principe spirituel". L'un se situe dans le présent, le second dans le passé. La nation est alors construite sur un patrimoine commun ("riche legs de souvenirs") avec des ancêtres communs, des gloires et des sacrifices commun. Peu importe que le passé soit glorieux ou douloureux, les individus le partagent et doivent pouvoir s'en enrichir pour former le sentiment national. Le "principe spirituel" renvoie à un "consentement actuel, un désir de vivre ensemble". Pour l'auteur c'est une volonté générale, c'est le vouloir des Hommes qui forme la Nation . La Nation n'est donc plus vue et envisagée comme une construction historique et géographique mais seulement comme des sentiments qui nous lient. C'est pour cela que Renan parle de "désir clairement exprimé de continuer la vie ensemble". Pour lui, cela doit etre entretenu tous les jours et entre les différentes générations (pour sauvegarder la mémoire des ancêtres : "le culte des ancêtres"). Mais cela soulève une opposition. En effet, dans le chapitre 2, Ernest Renan, dit que le fait de comprendre la construction de la Nation à travers des études historiques "est un danger" pour la Nation car celle-ci se fait toujours "brutalement". Mais le culte des anciens n'est-il pas une manière de se rémemorer, de commémorer notre Histoire qui nous lie ? Est ce qu'il faut,de fait, construire cette mémoire en piochant dans différents évènements historiques pour entrenir et créer ce sentiment national ?

Ce discours sur la Nation par Ernest Renan, met en avant une conception philosophique, sentimental, subjective qui ne tient pas la Nation comme absolue, mais comme une construction fragile qui doit être entretenue. Cette conception de la Nation fait écho de nos jours, Renan met en avant l'utilité du patrimoine commun. Ce patrimoine commun qui a pu etre souvent construit de toutes pièces par les Hommes d'Etat pour entretenir le sentiment national. Ce sentiment national est si cher à la France, qui de plus est menacée aujourd'hui par les attentats terroriste islamistes. Comment faire perdurer ce lien si essentiel ? Si il est en délitement, quels nouveaux liens de cohésion national pouvons nous trouver ?

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