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La Guerre, Otto Dix

Par   •  23 Octobre 2018  •  1 638 Mots (7 Pages)  •  650 Vues

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criblé de balles du cadavre de droite. Ce dernier a les pieds en avant vers les cieux et symbolise la souffrance et la mort.

L’arrière plan est occupé par la représentation de ruines, de maisons écroulées ou calcinées. Un paysage désertique au sein duquel aucune trace de présence humaine ne subsiste. Il y a aussi l’évocation des ravages causés par les bombardements. Ainsi, Morts et survivant se mêlent dans un paysage ravagé de ruines et de cratères d’obus.

De plus, le ciel, matérialisé par la ligne d’horizon, est bas et lourd, écrasant, gris ou verdâtre, comme saturé par les gaz.

 

Le panneau de droite montre l’arrêt des combats et la relève des blessés. Il contient un autoportrait d’Otto Dix. Il se représente en sauveur transportant dans ses bras un soldat blessé. Il se distingue de tous les soldats représentés dans le triptyque : c’est le seul qui fait face au spectateur et à avoir de l’humanité. Enfin il est également l’unique personnage de cette scène qui ne porte pas l’uniforme complet du soldat : ni casque, ni masque, ni arme. Ce panneau illustre le sentiment de fraternité qui unissait les soldats et qui était indispensable à la survie. Nous remarquons également un soldat rampant au sol. Ce sont les survivants, témoins de cette guerre.

La prédelle peut être interprétée sous deux angles différents. Tout d’abord, il pourrait s’agir d’une fosse des cadavres, contenant au moins trois soldats, victimes de la guerre et présentées tels des martyrs par Otto Dix. Cet espace en bois officierait donc comme un cercueil.

Ensuite, il pourrait s’agir du repos des soldats, après une éprouvante journée au front, sous les bombardements incessants. On aperçoit aussi des toiles d’araignées et des rats.

Le Triptyque

Un triptyque (du grec, trois-pans) est œuvre verticale, peinte ou sculptée sur trois panneaux en bois, dont les deux volets latéraux peuvent se refermer sur la partie centrale. Il y figure une série de «petits sujets» en relation avec le thème principal. Il entre dans la famille plus large des tableaux polyptyques (en plusieurs panneaux).

Il vit son origine au Moyen Âge (XI et XIIème siècle), période durant laquelle la présentation des œuvres sous la forme de triptyque se développa dans le cadre de l’art religieux européen, et des retables. En effet, on les plaçait dans les églises, au-dessus des autels. Les peintures représentaient les épisodes de la vie du Christ et des saints martyres. Aussi, le chiffre trois (trois panneaux) représente la Sainte Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit).

L’artiste

Otto Dix est un peintre allemand, né en 1891 et mort en 1969.

Il s’engage volontairement en tant que soldat dans l’artillerie de campagne au début de la Première Guerre Mondiale. Il devient mitrailleur et combat en Russie et en France, notamment durant la bataille de la Somme.

Il ressortit profondément traumatisé par les horreurs de la guerre dont il a été un témoin privilégié, au point d’en faire des cauchemars. Plus de dix ans après l’armistice, il entreprend de représenter les horreurs de la guerre, dans le but d’exposer au public la souffrance humaine, et les terribles douleurs qui l’ont animées durant toutes ces années, les atrocités de la guerre. Aussi, il souhaite entretenir la mémoire de ces événements tragiques pour les générations à venir, à une période où les gens commençaient à oublier la réalité de la guerre, le déchirement et le traumatisme du conflit.

Le thème

Le thème de ce panneau est bien précis : la Première Guerre Mondiale de 14-18 ainsi que les désastres qu’elle a causé, sa brutalité, ses souffrances. La mort y est omniprésente. En réalisant cette œuvre, l’artiste témoigne d’une réalité crue de la guerre et des tranchées, son côté dramatique, le sang qu’elle a fait couler, la fureur humaine déchaînée.

Y a-t-il une référence religieuse ?

Malgré le fait qu’un triptyque ait, comme je l’ai expliqué précédemment, une fonction religieuse à l’origine, La Guerre n’en présente aucun lien. Otto Dix évoque le thème des tranchées où la présence divine a totalement disparue. Il utilise des procédés spécifiques au triptyque religieux, mais en effectue une parodie qui vise à mettre en avant la déshumanisation des soldats. Par exemple, dans les Cieux où sont représentés en général les dieux ; un cadavre, lourdement suspendu à une poutre métallique et vêtu d’un linge en lambeaux, semble ici jouer son rôle. Aussi, on peut voir une inversion de l’image biblique de l’enfer. Sur cette œuvre, l’enfer est sur terre, et la paix et le «paradis» sont sous terre. Cela renforce cette sensation de parodie du triptyque religieux. De plus, on ne retrouve pas une figure humaine reconnaissable, seulement un soldat son masque à gaz, une figure symbolique de la première guerre mondiale, ou encore une dépouille criblée de balles.

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