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Noam Chomsky, la fabrication du consentement

Par   •  18 Novembre 2018  •  2 961 Mots (12 Pages)  •  89 Vues

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Cette nécessité de générer le plus d’argent possible nous amène au deuxième point, le véritable rôle de la publicité. Il est important de comprendre que les médias coûtent bien plus cher que ce que ne paient les consommateurs. Il est donc nécessaire de trouver d’autres sources de financement, et parmi elles, les agences de publicité. En effet, quand les médias cherchent des sources de financement, les agences de publicité cherchent de la visibilité, une audience. Ainsi, les médias ne font pas que vendre leur contenu, ils vendent surtout leur audience aux publicitaires. Leur concept est de vendre le contenu susceptible d’intéresser l’audience la plus large afin de faire grimper le prix de la publicité. La cible des médias n’est plus pensée en fonction de la ligne éditoriale, par exemple, mais en fonction de son pouvoir d’achat, que le média va vendre aux publicitaires. Les messages dispensés sont alors ceux des publicitaires, et non ceux voulus par les journalistes.

Chomsky soulève un autre rôle de la publicité et notamment à la télévision. Il critique la limitation du temps de parole à la TV, la concision dont doivent faire preuve les intervenants qui doivent s’exprimer en un temps donné, le plus souvent entre deux publicités. Autrement dit, les publicités permettent aux médias de limiter le temps de parole des invités sans leur laisser le temps d’étayer un propos parfois déroutant à première vue, mais qui aurait pu être compris facilement avec davantage d’explications. (Vidéo où Chomsky se fait couper la parole PowerPoint)

Le 3ème point abordé par Chomsky dans son livre fait référence à la provenance des sources dont se servent les journalistes pour publier leurs articles. Chomsky s’attaque aux grandes éditions nationales telles que le Washington Post ou le New York Times qui fixent le cadre général auquel les médias locaux adhèrent par la suite. Les médias adoptent le plus souvent une ligne directrice à laquelle on ne peut s’attaquer et ne vont jamais trop loin, gardent une distance de sécurité dans leurs propos pour ne pas laisser paraître une partialité trop évidente et se mettre de potentiels sources de revenus à dos. Le gouvernement, les institutions, les corporations etc. savent comment influencer l’opinion publique et l’information médiatique. Ils nourrissent les médias de scoops, de rapports officiels, d’interviews « d’experts » et se rendent par conséquent indispensable au bon fonctionnement du monde médiatique. Ainsi, les médias relayent et transmettent des informations fournies par ceux qui ont le pouvoir.

Les opposants de Chomsky le considèrent comme un ignorant dont les diverses théories mèneraient à l’existence d’une conspiration entre Washington et le monde médiatique, où ce dernier devrait répondre de ses publications au gouvernement. Beaucoup ne le prennent pas au sérieux.

Pour expliquer son idée, Noam Chomsky prend pour exemple la guerre d’Irak durant laquelle George Bush a refusé de négocier la paix à plusieurs reprises et où les médias ont préféré louer ses qualités diplomatiques plutôt que d’alerter la population sur l’état des négociations. Selon lui, les médias, c’est-à-dire les grands médias de masse, dits « orchestrateurs » se sont livrés à une imposture et ont agi comme dans un régime totalitaire, en déformant les différents épisodes de la guerre d’Irak, afin de protéger les intérêts du pouvoir.

Ensuite, toujours dans le 3ème point, Chomsky souhaite discerner deux types de média, les médias ayant pour vocation d’informer et les médias ayant pour vocation de distraire. Selon lui, 80% des médias sont là pour distraire et divertir. Amener le peuple à regarder le football, s’intéresser à des faits divers insolites résume le contenu de ces médias. L’objectif étant de tenir à l’écart les gens de ce qui compte vraiment. Pour cela, il faut réduire leur capacité de penser. Toujours selon Chomsky, le sport est un moyen d’endoctrinement, car cela permet aux de s’intéresser à des choses sans importance. Cela les empêche de se concentrer sur les choses qu’ils aimeraient changer dans la vie. En effet, si nous prenons l’exemple du sport, on passe notre temps à regarder le match, s’intéresser aux stats de tels ou tels joueurs, regarder des debriefs de matchs…

Chomsky va jusqu’à dire que le sport crée des attitudes irrationnelles de soumission. On applaudit des joueurs qu’on ne connaît pas forcement, on est heureux lorsque l’équipe supportée remporte le match et triste lorsqu’elle perd… Il se crée un esprit de corps derrière une équipe ou un joueur, d’où cette idée de soumission.

Le 4ème point dont traite Noam Chomsky dans le livre « la fabrication du consentement » fait référence aux moyens de pression dont sont victimes ceux qui cherchent à défier le pouvoir. Comme nous l’avons vu plus haut, une grande partie de l’information est fournie par les grands groupes, les institutions ou le gouvernement, alors quand les médias (journalistes, lanceurs d’alertes…) décident de s’éloigner du consensus, ils s’exposent à des représailles. On peut prendre comme exemple l’affaire Faurisson qui à cet égard, a plongé Noam Chomsky au cœur d’une grande polémique. Robert Faurisson, historien français a développé une thèse négationniste et rejette l’existence des chambres à gaz durant la Seconde Guerre mondiale. Logiquement impopulaire et vivement critiqué, son propos est rarement à l’honneur et il est boycotté des plus grands médias. Noam Chomsky a défendu l’historien en critiquant la prise de position des médias sur l’affaire. En effet, Chomsky déclare : « je ne nie pas l’existence des chambres à gaz, mais la liberté de parole vaut pour toutes les opinions ». Il soutient Faurisson dans sa démarche et non dans le contenu de ses idées, bien que des incohérences aient été relevées sur ce dernier point (dédicace du livre de Faurisson).

Dans la même lignée, on peut parler des journalistes lanceurs d’alertes « mystérieusement » retrouvés morts après avoir rendu publique des déclarations compromettantes pour le gouvernement américain ou d’autres grandes institutions.

Enfin, le dernier point abordé par Chomsky est couramment appelé « l’anticommunisme », bien qu’aujourd’hui le terme soit moins d’actualité. Il s’agit, pour fabriquer le consentement, de définir un ennemi commun sur lequel les médias vont concentrer leur attention afin d’éclipser les problèmes à l’intérieur du pays. A l’époque de la guerre froide, par exemple, les médias se sont concentrés sur les dérives du communisme, l’URSS afin de le décrédibiliser au maximum d’où

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