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Commentaire littéraire composé, théâtre de l'absurde

Par   •  8 Novembre 2018  •  2 502 Mots (11 Pages)  •  3 Vues

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De plus, l’auteur met en exergue l’instabilité mentale de Cal à travers les figures de style employées. L’auteur utilise des énumérations des lignes 23 à 27 et des lignes 39 à 40 pour montrer les excès de Cal et la haine que celui-ci a envers les « boubous » (l. 35). Koltès donne à Cal une forme de schizophrénie grâce à l’emploi de cette question rhétorique : « Qu’est-ce que tu faisais, alors, toi, si je n’avais rien fait ? » (l. 19) à laquelle il répond par une autre question rhétorique « tu parlais, toi, tu parlais, avec son crachat en plein milieu de la gueule ?» (l. 20). Les répétitions de « tu parles » (l. 4 ; 13) contribuent également à démontrer la maladie de Cal. De la même manière les métaphores « Pour l’action, les foutus cons ne servent à rien. » (l. 10) et « mer de menace pour nous » (l. 44) prouvent ces troubles mentaux de l’ingénieur qui pense que les crachats des noirs sont des menaces très dangereuses pour les blancs. Koltès s’essaie aussi au proverbe, car à la ligne 35 il écrit : « Crachats de boubous sont menaces pour nous » ce qui témoigne une fois de plus de l’instabilité mentale de Cal.

Enfin, l’auteur dépeint la maladie mentale de Cal grâce à la position de héros que ce dernier adopte. L’ingénieur prétend que les « petits moyens secrets » (l. 6) de Horn ne fonctionneront pas avec les noirs et qu’il est nécessaire d’être « un salaud » (l. 8), il dit : « heureusement que je suis un salaud, moi, heureusement qu’il y en a pour l’action » (l. 9). L’auteur attribue à Cal un semblant de rôle de défenseur de Horn à la ligne 13, lorsqu’il écrit : « c’est bien grâce à moi qu’ils ne te crachent pas dessus ». Cal se défini comme un justicier à la ligne 15, parce qu’il dit à Horn : « Moi je flingue s’il crache et tu es bien content » dans ce passage l’auteur montre une attitude qu’ont souvent les malades mentaux. Koltès emploi le futur à la fin de la tirade pour présenter l’acte héroïque que Cal s’apprête à faire, comme il est montré dans cette proposition : « Cela moi, je ne le laisserai pas faire » (l. 47).

L’auteur a bien réussi à présenter les troubles mentaux de Cal, grâce tout d’abord à l’exposition des traits folie de l’ingénieur, puis grâce aux figures de style employées dans cette tirade. Pour finir, il à prouver la maladie de Cal par la position de héros dans laquelle celui-ci se met. Il serait dès à présent bon de regarder, en quoi la tirade est un simulacre d’argumentation et a l’apparence d’un discours argumentatif.

Dans un troisième temps, la tirade des « crachats » est caractérisée par son apparence de discours argumentatif et est un simulacre d’argumentation.

En effet, elle est un simulacre d’argumentation et prend l’apparence d’un discours argumentatif, car elle présente un raisonnement inductif. L’auteur débute ce raisonnement en écrivant « s’il me crache dessus » (l. 11) Cal est donc au centre de l’histoire, ensuite Horn se retrouve introduit dans la pensée de son interlocuteur par ce passage : « qu’ils ne te crachent pas dessus » (l. 13). Puis l’écrivain élargi le champ de vision de Cal au « chantier » (l. 27), il continue son argumentaire et arrive à « toute l’Afrique » (l. 37) et à « tout le continent » (l. 42) Koltès fini alors ce raisonnement abject en écrivant : « la planète entière » (l. 43) ce passage conclut une tirade dans laquelle, une argutie est développée pour justifier un acte d’une extrême cruauté et probablement impardonnable. Cette pensée de Cal se traduit par une haine présente dans toute la tirade, il dit notamment : « Moi, je flingue » (l. 10 ; 14).

De plus, la tirade a l’apparence d’un discours argumentatif, parce qu’elle dispose d’un faux débat. L’auteur fait illusion de quelques interrogations auxquelles il va faire répondre Cal, les interjections « hein » (l. 5 ; 6 ; 7) contribuent à créer un effet interrogatif à la tirade. Koltès utilise les questions rhétoriques pour montrer comment Cal argumente, à la ligne 19 notamment il écrit : « Qu’est-ce que tu faisais, alors, toi, si je n’avais rien fait ?», Cal va répondre lui-même à cette question par une autre question rhétorique, il dit : « tu parlais, toi, tu parlais, avec son crachat en plein milieu de la gueule ? » (l. 20). L’auteur emploi moult fois la question rhétorique dans cette tirade, il arrive ainsi, à transmettre les émotions des personnages, comme à la ligne 34 où Cal s’emporte contre Horn : « Qui pourra me le dire ? toi ? » montre l’énervement de l’ingénieur contre son patron.

Enfin, la tirade est un simulacre d’argumentation, car la pensée de Cal est unilatérale et ce dernier essaye de la transmettre à Horn. Au début de la tirade Cal affirme être un « salaud » (l. 8) et en est fier comme en témoigne ce passage : « heureusement que je suis un salaud » (l. 8), c’est alors le début d’une réflexion à sens unique autour des « crachats » (l. 41). L’auteur écrit lors de l’énumération à la ligne 27 : « A chaque minute du jour » Cal tombe alors dans un excès à travers lequel il tente de justifier le meurtre de Nouofia. L’ingénieur se sent menacé par les crachats et essaie de faire de sa crainte une crainte générale, en utilisant un proverbe à la ligne 35 : « Crachats de boubous sont menaces pour nous. ». Il poursuit sa mise en perspective à la ligne 44 où il dit : « mer de menaces pour nous », il amalgame donc les crachats à des menaces. L’auteur se sert aussi du niveau de diplôme de Cal pour lui faire exposer une thèse sur la composition des crachats, celle-ci destinée à convaincre Horn de la dangerosité des noirs, Koltès écrit : « dix autres pour cent de quoi ? » une phrase sensée mettre le doute à Horn.

On peut ainsi dire que la tirade présente plusieurs caractéristiques plus ou moins atypiques, et fait des révélations sur Cal et sa relation avec Horn. L’ingénieur s’est opposé tout d’abord à son patron et a contesté son autorité. Il l’a agressé, a contredit ses méthodes et l’a accusé de ne pas avoir d’autorité et par conséquent d’être un mauvais patron. Ensuite, la tirade a pu démontrer l’instabilité mentale de Cal. L’auteur a rédigé une description de sa folie, a utilisé des figures de styles pour mettre en évidence la maladie de Cal et a dépeint la conduite de celui-ci, qui se prend pour un héros. Pour finir, la tirade s’est caractérisée comme un simulacre d’argumentation et a l’apparence d’un discours argumentatif. Elle dispose d’un raisonnement

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