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Construction des corps sexués - Martine Court

Par   •  6 Décembre 2017  •  1 402 Mots (6 Pages)  •  50 Vues

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En effet, certains agents adoptent des dispositions corporelles différents de ceux caractéristiques de leur classe sexuelle, que l’on qualifie alors d’ « atypiques ». Ces conduites atypiques du point du vue du genre sont souvent présentées comme ayant pour origine la « personnalité » ou le « tempérament » des individus et non pas comme un produit de la socialisation. Margaret Read met dans un premier temps en avant le fait que la formation du caractère de chaque sexe n’échappe pas au conditionnement social, et attribue les aspirations de ces individus atypiques à « une profonde antinomie entre leurs dispositions innées et les normes à laquelle ils appartiennent ». Certains résisteraient à cette pression sociale de s’identifier au parent ayant le même sexe, et choisissent le sexe opposé du fait qu’ils se sentent plus « en sympathie » avec ses manières d’être.

Le « penchant naturel » dont dispose l’individu atypique serait tellement fort que le processus de différenciation entre les sexes ne réussit pas à en « triompher ». Ainsi, si certaines filles entreprennent des études scientifiques en dépit des processus sociaux qui contribuent à les éloigner de ce genre de choix, cela signifie qu’elles y sont « poussées presque malgré elle par la force de leur intelligence et de leur passion », de par un tempérament dont elles sont naturellement dotés. Par opposition, selon Norbert Elias, la socialisation n’est pas un processus d’uniformisation des individus, au contraire, ce dernier permet aux femmes et aux hommes de devenir dès l’enfance des êtres singuliers et distincts les uns des autres. Les conduites atypiques ne sont pas ce qui « persiste » ou ce qui « résiste » mais sont le produit de cette socialisation.

En définitive, les sociétés occidentales continuent à adopter une attitude radicalement différente envers la beauté masculine et la beauté féminine malgré une égalité proclamée. La socialisation joue de fait un rôle déterminant dans la reproduction des stéréotypes de sexe et du rapport hiérarchique entre l’homme et la femme. Effectivement, la femme stéréotypé en tant qu’être-perçu selon les termes de Bourdieu, est belle et préoccupée par son apparence en qualité d’objet « accueillant, attrayant, disponible ». Les hommes qui exhibent un degré comparable de préoccupation pour leur apparence sont considérées comme « bizarres », et donc peu voire non tolérés. Ainsi, le genre en tant que construction sociale détermine à la fois le rapport à l’apparence mais aussi une relation de pouvoir entre l’homme placé en qualité de dominant et la femme « mineure » et subordonnée.

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