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Joseph Staline, l'homme et le leader

Par   •  27 Octobre 2017  •  3 129 Mots (13 Pages)  •  959 Vues

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Même si Staline est aujourd’hui reconnu pour avoir grandement usé du pouvoir brut, il a tout de même utilisé grandement le pouvoir doux pour arriver à ses fins. Premièrement, Staline fut capable d’user des communications dans sa carrière, par exemple, en se créant un cercle intime très dévoué à lui et de confiance. De plus, Staline avait une grande vision pour l’avenir de l’URSS. Une URSS prospère, communiste et, bien évidemment, plus forte que les États-Unis. Malgré tout cela, une habileté manquait cruellement à Staline : l’intelligence émotionnelle. Cette habileté se définit par la capacité du leader à se contrôler soi-même, être discipliné, ressentir de l’empathie envers les autres et être en mesure de réguler ses propres émotions[14]. Dans le cas de Staline, celui-ci faisait exécuter quiconque était en opposition politique avec lui, n’hésitait pas à humilier publiquement ses proches lorsqu’il en ressentait le besoin et était d’un tempérament extrêmement violent[15]. Sur le plan des valeurs et idées véhiculées par Staline, celui-ci avait une chose bien en tête : faire du communisme propre à l’URSS le principal régime politique, économique et social de la planète. Fortement anticapitaliste, Staline préférait de loin posséder une population pauvre mais qui travaille d’arrache-pied pour faire rouler l’économie[16], qu’une population comme celle les États-Unis qui ne pense qu’à s’enrichir individuellement.

Staline : efficace ou non ?

Maintenant que j’ai abordé la biographie de Staline, son système de leadership ainsi que ses différentes habiletés et valeurs, j’aimerais maintenant m’attarder sur la question suivante : Staline fut-il ou non un leader efficace ? Pour répondre à cette question, il faut voir les actions que celui-ci a pris tout au long de sa carrière, déterminer si ces actions ont mené à une conséquence positive ou négative et, du même coup, voir ce que ces résultats ont eu pour la population. Je vais débuter par l’exemple des Grandes Purges. Pour Staline, emprisonner ses opposants politiques ou tout simplement les envoyer dans des camps de travail (Goulags) n’était plus un moyen efficace d’opprimer l’opposition[17]. Pour ce faire, celui-ci a ordonné que l’on sorte les prisonniers des prisons et camps de travail, pour ensuite les exécuter. Commençons par analyser l’efficacité de cette action extrême. Pour Staline, ce fut une manière très efficace de se débarrasser une bonne fois pour toutes de la grande majorité, ou même la presque totalité, de ses opposants directs. Sur un point de vue purement individuel, c’est très efficace. Mais lorsqu’on analyse cela sur un point de vue collectif (de la société), le nombre de morts est extrêmement haut (plus de 700 000[18]) et la peur est installée partout en URSS. Cette action ne peut donc pas être morale du tout.

Deuxièmement, les décisions prises par Staline au courant de la Seconde Guerre mondiale auront eu deux effets directs : la victoire de l’URSS sur les nazis et la mort de plus de 21 millions de personnes. Je ne tente pas ici d’associer la totalité des casualités soviétiques à Staline, mais en 1941, son entêtement à ne pas vouloir donner d’autonomie à ses généraux a coûté la vie à des millions de soldats. Tout au long de la guerre, sa technique d’attaque frontale a aussi coûté la vie de millions de soldats. Malgré le fait que la conclusion de la guerre fut soldée par une victoire, il est très difficile de comprendre comment Staline a pu faire pour laisser mourir autant de soldats, qui pour beaucoup n’étaient pas formés au préalable. La moralité de ses décisions peut donc encore une fois être remise en question, ainsi que l’efficacité réelle de celles-ci.

Au total, la politique de Staline, entre 1935 et 1953, aura causé au total plus de neuf millions de décès au sein de sa propre population[19]. Ceci s’avère un total plus élevé que ne l’est la population totale de la province de Québec. Le stalinisme, prôné par une répression systématique de toute opposition politique et soldée par une crainte globale de la part de la population à son endroit, aura causé un plus grand nombre de morts que le total du génocide des Juifs, la Shoah, qui en avait totalisé à peu près 6 millions[20]. Staline ne peut donc pas être considéré comme un leader efficace parce que la moralité de ses actions est complètement inexistante. On ne peut pas se fier uniquement aux conséquences directes de celles-ci, comme par exemple la victoire de la Seconde Guerre mondiale, qui garde derrière elle un bilan de décès complètement épouvantable.

La réalité vs. l’héritage

Je peux commencer officiellement cette avant-dernière partie de ce travail en affirmant que l’héritage laissé par Staline est bien différent de la réalité actuelle en URSS. Premièrement, lors de la mort de Staline, l’URSS existerait encore pour les 38 années suivantes. Mais cela ne suffit pas à expliquer pourquoi la réalité et l’héritage sont différents dans son cas. Lors de la mort de celui-ci, il était vu comme un héros et un culte de la personnalité très fort était présent en URSS. Or, lors de la chute de l’URSS entre 1989 et 1991, l’accessibilité de l’intégralité des documents confidentiels de l’URSS furent mises à la disposition des chercheurs[21] qui purent enfin comprendre et rendre public les nombreuses actions posées par Staline aux yeux de toute la planète, ce qui a grandement ternis son image qui jadis était celle d’un presque Dieu en Russie. De plus, une déstalinisation était déjà en cours depuis la mort de Staline en 1953, les futurs leaders dénonçant les excès posés durant son règne au sommet de l’URSS ainsi que le culte de personnalité de celui-ci. On peut donc conclure que l’héritage laissé par Staline durant ses décennies au pouvoir a presque disparu à a suite de sa mort, ce qui indique combien sa politique n’était pas appréciée de tous, que ce soit en URSS ou dans le monde entier.

Conclusion

Autant Staline fut un grand leader Allié durant la Seconde Guerre mondiale, triomphant de l’Allemagne nazie, autant fut-il un dictateur violent, immoral et insensible tout au long de son règne au sommet de l’URSS. Au total, plus de 9 millions de décès furent directement liés à ses décisions politiques, que ce soit via les Grandes Purges, via la Seconde Guerre mondiale ou via les fameux camps de travail, les « Goulags ». De son vivant, le culte de personnalité typique à son règne, le « stalinisme » fit office de régime totalitaire, répressif et

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