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Comment percevez-vous la gestion de la communication sur la crise de Boko Haram par le gouvernement Camerounais ?

Par   •  18 Mars 2018  •  2 753 Mots (12 Pages)  •  124 Vues

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- L’INSUFFISANCE D’INFORMATIONS PERTINENTES AUPRES DE L’OPINION PUBLIQUE

Sans doute surpris par les exactions perpétrées par Boko Haram, le gouvernement camerounais au début de la crise ne délivrait pas de message incitant les populations à apporter leur concours pour débusquer la secte. Aussi elle a fait l’erreur de ne pas être la source des informations.

- L’ABSENCE D’INITIATIVE POUR ETRE LA SOURCE DE L’INFORMATION

Dans le cadre de la gestion de la communication de crise, il est conseillé d’être la source d’informations. Or, au début de la crise, les exactions de Boko Haram étaient révélées soit par les médias internationaux (RFI, BBC, etc.), soit par les réseaux sociaux sur internet. Le gouvernement se contentant uniquement de relayer lesdites informations. Ce qui le mettait dans une mauvaise posture, l’empêchant d’orienter les messages qu’il aurait souhaité véhiculer. Cette situation a eu pour effet d’alimenter la psychose et le sentiment d’une possible annexion de l’extrême nord par cette secte.

- LA FAIBLE MOBILISATION DES POPULATIONS

Les victimes directes de cette crise étant les populations touchées, le gouvernement camerounais aurait dû dès le début de la crise les associer véritablement dans la communication. En les rassurant tout d’abord de leur soutien et en élaborant via les autorités locales (administratives et traditionnelles) des mécanismes leur permettant de relayer les informations pertinentes pouvant améliorer leur sécurité. Tout porte à croire au contraire qu’à ce moment la priorité du gouvernement était la mise en place du dispositif militaire. Pourtant l’armée ne saurait assumer ces fonctions efficacement sans le concours des populations. Cette position est confortée par le lieutenant-colonel BADJECK Didier, chef de la division de la communication au ministère de la défense dans une interview accordée à Cameroon Tribune le 29 Juillet 2014. Celui-ci rappelle qu’un des éléments clés de la doctrine des forces armées camerounaises est « la défense populaire » qui pour être bien menée nécessite le concours actif des populations qui doivent servir à « la fourniture d’informations vitales ». Toutefois, sans la pleine confiance aux autorités, les populations ne peuvent pas rapporter les informations utiles si elles estiment qu’elles mettent elles même leur vie en danger.

- LES INCOHERENCES AU SEIN DE LA CLASSE POLITIQUE DIRIGEANTE

Les incohérences observées témoignent la non maîtrise de la communication par le gouvernement camerounais. Ces incohérences se sont manifestées tant par le silence des autorités locales que par des déclarations controversées entretenues par l’élite dirigeante.

- LE MUTISME DES AUTORITES LOCALES

Réputé pour être très actif dans les campagnes de soutien des actions du gouvernement, les autorités locales au début de la crise ont brillé par leur silence. Refoulant ainsi indirectement l’idée de considérer Boko Haram comme une véritable menace. Sauf que la suite des évènements a prouvé le contraire. Les autorités locales constituent en effet une source fiable pouvant facilement remonter les informations pertinentes vers le gouvernement et relayer les prescriptions du gouvernement auprès des populations.

- LES DECLARATIONS CONTROVERSEES

Les déclarations controversées de l’élite dirigeante constituent le symbole du manque de cohésion dans la communication sur la crise de Boko Haram par le gouvernement Camerounais. En effet, à l’ouverture de la session parlementaire de Juin 2014 , l’honorable CAVAYE YEGUIE Djibril , président de l’assemblée nationale , dans son discours devant les parlementaires déclare au sujet de Boko Haram que : « Nous le savons, beaucoup sont parmi nous, les uns tapis dans l’ombre, les autres très actifs mais dans l’hypocrisie, faisant semblant d’apporter leur aide aux autorités, leur objectif étant de brouiller les pistes certainement pour mettre le pays à feu et à sang ». Jetant ainsi l’opprobre sur ces congénères. Suite à ces déclarations, l’élite de la Lékié sous la férule du ministre délégué à la présidence de la république chargé du contrôle supérieur de l’Etat, EYEBE AYISSI Henri signent le 31 Août 2014 « l’appel de la Lékié » pour s’élever contre « les stratégies sournoises des complices nationaux de Boko Haram, particulièrement dans les régions septentrionales, et leurs tentatives de déstabilisation des institutions avec l’appui de certaines puissances étrangères ». Indexant donc l’élite du septentrion comme étant les véritables complices de Boko Haram. En réaction, le président de l’assemblée nationale s’exprimant au nom du grand nord déclare : « Ces allégations constituent des accusations qualifiées de très graves. Bien mieux, elles sont inopportunes, dangereuses pour la cohésion du Cameroun et préjudiciables à l’unité nationale. Les relents de stigmatisation dont elles sont porteuses à l’endroit des valeureux, dignes et fidèles fils du grand nord, appellent plus à la partition du Cameroun qu’à la construction ou à la mobilisation de tous pour lutter contre un ennemi commun appelé Boko Haram ».

Ces diverses déclarations qui contiennent des accusations ne sont de nature qu’à alimenter les craintes et le manque de confiance envers les autorités auprès de l’opinion publique.

- VERS UNE COMMUNICATION ELABOREE PENDANT LA CRISE

Au-delà des indélicatesses du gouvernement en matière de communication au début de la crise, l’on a observé au fur et à mesure de l’avancement de la crise une communication plus élaborée. Elle est manifestée par la reconnaissance immédiate des exactions perpétrées et des ripostes de l’armée d’une part, et d’autre part une communication internationale bien menée.

- LA RECONNAISSACE DE LA SITUATION

Elle s’est manifestée par la coordination de la communication gouvernementale prenant en compte les populations victimes.

- L’INITIATEUR DE LA BOUCLE D’INFORMATIONS

Si au départ de la crise les informations avaient pour source les chaînes de radio internationaux et les réseaux sociaux, pendant la crise c’est le gouvernement camerounais à travers les communiqués radio qui est la source des informations (attaques de Boko Haram, Evolution

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