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La philosophie est-elle l'affaire de tous ?

Par   •  21 Novembre 2017  •  1 455 Mots (6 Pages)  •  401 Vues

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lui enseigne philosophe quand même, car il participe à la pensée.

Nous avons donc vu que, d’une certaine manière, tout le monde philosophe. Cependant, une différence notable se crée entre les grands penseurs qui ont révolutionné la conception commune du monde et l’enfant qui se demande pourquoi les choses. Ainsi, on peut différencier deux manières de penser. Par conséquent, si la philosophie ne peut pas se réduire à être de simples pensées diffuses, ni devoir concerner un nombre limité de personnes, ne pouvons nous pas considérer que la philosophie est bien l’affaire de tous, mais doit faire suite à un cheminement particulier ?

Ainsi, si Gramsci écrit que penser, c’est déjà philosopher, il met en évidence de manière de penser différentes. On peut donc participer à l’opinion commune et donc, simplement penser ce que l’on nous demande de penser, et ainsi, pour reprendre les mots de Gramsci, « participer à une conception du monde imposée mécaniquement par le milieu extérieur ». D’un autre côté, on peut se forger son propre avis, ce qui demande de se libérer et d’avoir un esprit critique. Ce n’est donc pas en passant la journée amorphe devant la télévision, sans réfléchir davantage aux idées que les émissions transmettent, que l’on développe son esprit critique, et cela demande une certaine volonté. Cependant, se libérer de la doxa permet de penser au-delà des préjugés, et d’avoir une pensée autonome.

De plus, avoir une pensée critique demande un travail important, comme le montre Kant dans la Critique du jugement. En effet, pour penser par soi-même, il faut développer « la pensée sans préjugés, […] la pensée élargie, […] la pensée conséquente ». Or, mettre en place ces trois types de pensée demande un véritable travail et n’est pas inné. Ainsi, cela demande à la fois de ne plus être passif quand à nos pensées et de se libérer de l’hétéronomie, d’acquérir un nombre de connaissance suffisant et d’apprendre à faire de la pensée un usage finale, et de répéter l’exercice de la pensée un certain nombre de fois. On peut donc considérer que si les gens étudient à l’université la philosophie, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une discipline trop difficile, mais pour élargir leurs pensées et la libérer de tous préjugés, ce qui demande un travail particulier.

Enfin, d’après Eric Weil, la philosophie est le propre d’un individu qui cherche à comprendre, qui a une réflexion critique sur sa situation et sur sa compréhension de la situation. De plus, si l’erreur n’est pas le contraire de la vérité, la violence et le refus de la vérité l’est. Ainsi, celui qui n’essaie pas d’être cohérent ne peut être philosophe. A cela, on peut rapprocher la phrase de Spinoza : « Ne pas se moquer, ne pas déplorer, ne pas détester mais comprendre." Ainsi, la philosophie, c’est être à la recherche constante de la compréhension de ce qui nous entoure, ce qui peut-être accessible à tous, à la condition de mener un travail sur soi et sur sa pensée.

Si tout d’abord, nous avons pu penser que la philosophie devait être une activité réservée à un nombre limité de personne, nous avons ensuite montrer que, d’une certaine manière, puisque tout le monde pense, tout le monde philosophe. Or, cette solution, trop réductrice quand à la définition de la philosophie, s’est montrée insuffisante, et il paraît désormais manifeste que, si la philosophie peut être accessible à tous, elle résulte d’un cheminement et d’un apprentissage.

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