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La conscience de soi est-elle la première des certitudes ?

Par   •  6 Février 2018  •  5 123 Mots (21 Pages)  •  172 Vues

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De plus, la conscience de soi ne peut pas être la première croyance si on admet que la conscience immédiate précède la conscience de soi. La conscience immédiate ou spontanée est la capacité à se rendre compte de ce qui se passe dans le monde, c’est un état de vigilance par lequel nous sommes en relation avec le monde. Or, on peut s’appuyer sur un exemple concret à fin de prouver que la conscience de soi succède bien à la conscience immédiate. Si chaque jour depuis le jour de sa naissance on place un enfant devant une glace et qu’on le laisse se contempler, on verra qu’au début de sa vie l’enfant n’aura aucune reconnaissance envers son propre reflet, bien qu’il la voit, il a conscience de l’existence de ce reflet il ne le perçoit qu’en tant qu’image mouvante. Mais en prenant de l’âge l’enfant en se regardant dans la glace finira par se reconnaître, c’est alors que sa perception du monde change, il a connu une prise de conscience qui lui a permis de prendre conscience que c’était son reflet, son image dans le miroir. Grâce à cette expérience fondamentale on peut démontrer qu’auparavant l’enfant avait une conscience immédiate de l’image que lui renvoyait le miroir sans pour autant être en capacité de l’analyser et ainsi d’avoir conscience que c’était lui, cela n’est possible que plus tard, il n’est apte à avoir conscience de son image, de son apparence qu’en grandissant. Cela prouve que la première des croyances, bien qu’elle ne soit pas la conscience de soi, peut néanmoins être la conscience spontanée.

La conscience de soi ou conscience réflexive ne peut pas constituer la première croyance pour plusieurs raisons ; tout d’abord si l’on se rapporte à l’enfance on peut émettre l’hypothèse qu’un bébé n’a pas conscience par exemple d’avoir faim, mais qu’il ressent juste en lui une succession de réactions physiologiques (maux de ventres, afflux de salives etc.) qui viennent expliquer sa faim, il n’est alors guidé que par son instinct de survie et non pas sa raison. On peut alors en conclure que le sentiment de soi précède la conscience de soi dans l’existence d’un individu. De plus, si l’on prend en compte l’origine de l’espèce humaine, la conscience de soi n’est alors qu’un outils de la communication d’Homme à Homme, quelque chose qui était à fortiori nécessaire du temps ou l’Homme était une proie et non pas un prédateur, mais également aujourd’hui lorsque nous sommes en position de faiblesse et dans l’incapacité de subvenir à nos besoins seuls nous avons alors besoin de communiquer aux autres nos besoins, et donc de les connaitre d’en avoir conscience, et d’être intelligible afin de créer de l’entraide. Pour finir, durant notre enfance, jusqu’à un certain âge nous n’avons pas de conscience réflexive mais nous n’avons accès qu’à la conscience spontanée. Nous avons conscience du monde qui nous entoure sans pour autant être capable de raisonner à son sujet, nous voyons sans pouvoir d’analyse. C’est également un croyance à laquelle succède a conscience de soi. Cependant, est-il possible que malgré tout la conscience réflexive soit présente chez le jeune enfant sans qu’il puisse pourtant l’exprimer ? Sommes-nous réellement surs de son inexistence au début de notre vie, n’est-il pas possible que finalement elle demeure la première des croyances ?

Si la première des certitudes désigne la première croyance qui demeure en puissance chez l’Homme à l’origine de sa vie mais qui s’exprime de manières détournée alors la conscience de soi peut être cela.

Si l’on considère que l’enfant est plus guidé par ses instincts que par sa raison dans la demande et l’accomplissement de la résolution de ses besoins on peut alors s’appuyer sur la citation d’Eric Weil dans son ouvrage Logique de la philosophie ou il affirme que « la conscience est la voix de l’âme, les passions sont la voix du corps… Elle est à l’âme ce que l’instinct est au corps.». En effet, la thèse précédente peut alors être remise en question, si l’instinct dont découle le sentiment de soi expliqué auparavant est égal à la conscience, alors peut être qu’ils ont la même origine. La conscience de soi peut alors être considérée comme l’une des premières croyances. Sachant que l’instinct régit les premières lois auxquelles nous obéissons, si la conscience de soi est l’instinct de l’âme alors notre psychisme s’éveille grâce à elle en même temps que le corps. Tandis que la conscience est la voix de l’âme qui commande aux ressentis des sentiments, l’enfant a alors peut être conscience d’être heureux, ou de ressentir de la tristesse ou de la peur. Les passions qui peuvent être définies par les instincts commandent aux ressentis du corps, l’enfant s’il a besoin de boire sentira sa bouche sèche et sa langue pâteuse, s’il agresse son corps ressentira de la douleur etc… Mais si on admet que les deux sont liés dans le développement de l’individu, cela peut également être prouvé par l’étroite relation qu’ils entretiennent. En effet, l’enfant peut être conscient de son bonheur si tous ses instincts et donc besoins sont assouvis, il peut ressentir de la peur à l’idée d’une chute car il s’est déjà blessé en tombant par le passé, et son instinct de protection insuffle l’idée à la conscience de redouter cet évènement qui a pu être traumatisant. Si la conscience de soi et le sentiment de soi insufflé par l’instinct interviennent en même temps dans le développement de l’individu alors il se peut que la conscience de soi soit l’une des premières croyances à l’origine.

Tandis que Nietzsche affirme que la conscience n’est que l’expression du besoin d’échanger d’Homme à Homme pour des raisons vitales de protection de l’espèce, ou d’entraide dans la réalisation des besoins, Sartres émet un raisonnement qui sans s’opposer directement à celui de Nietzsche vient le remettre en cause. Jean Paul Sartres dans son ouvrage l’Imaginaire soutient que « L'imagination est la grande fonction "irréalisante" de la conscience ». Or, il réfute le fait que la fonction première de la conscience est de communiquer, tout en sachant que pour imaginer il n’est nullement nécessaire d’interagir avec d’autres individus. Et pour prouver que si la caractéristique première de la conscience est l’imagination et non pas la parole alors la conscience réflexive peut demeurer l’une des premières croyances on peut réutiliser l’exemple d’un jeune enfant. L’imagination étant plus stimulée chez les enfants que chez les adultes, elle est souvent sollicitée par les enfants durant leurs jeux. Pourtant pour jouer,

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