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L'homme est-il supérieur aux autres animaux ?

Par   •  8 Octobre 2018  •  1 921 Mots (8 Pages)  •  71 Vues

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que rapporte ce commerce meurtrier qui extermine des espèces entières...

Biens que ces deux conceptions philosophiques se distinguent radicalement, elles s’accordent toutefois sur une même base ; l’homme est intelligent, il pense, il réfléchit, il est conscient de lui. Quant à l’animal, lui ne se détournera jamais de sa nature et de cette force d’instinct qui domine en lui. C’est à ce point que leurs idéaux philosophiques divergent quant à la question de la supériorité entre les humains et les autres animaux. Descartes croit que de par sa capacité à penser et à communiquer celle-ci par la parole, puis pour sa perfectibilité, l’homme serait supérieur à l’animal. Il perçoit ces facultés comme étant un avantage contrairement à Rousseau qui considère cette capacité de se perfectionner comme étant si néfaste pour l’humain qu’elle le pousserait jusqu’à mettre en danger l’essence de sa propre nature et celui même de l’animal. Pour cette raison, Rousseau soumet l’homme au déterminisme de l’animal et estime la supériorité de la bête sur ce dernier. Bien que les théories de Descartes soient intéressantes, comment expliquer que certaines moisissures ont les aptitudes nécessaires pour chercher de la nourriture et à s’adapter à un environnement pour la trouver. Elles n’ont pas de cerveau et ne réfléchissent pas. Ne pensent-elles pas pour autant..?

Au-delà de ces deux visions, il serait possible d’envisager dans une autre vague d’idées que l’homme et l’animal entretiendrait une relation complémentaire dans la mesure où l’animal exerce dans l’homme une fonction fondamentale qui le rend indissociable de nos représentations du monde et de nous-mêmes. Puisque l’instinct (le même dont parlent Rousseau et Descartes ) est indissociable d’un savoir, donc d’un esprit, l’animal se résumerait à une sorte d’extension de l’esprit humaine dans laquelle l’homme se retrouverait confronté à l’unique autre esprit sensible étant capable de coexister avec le sien (sans besoins d’être civilisé ou cultivé) puis d’écoper de sa douleur.

Cette notion de «supériorité», ce sentiment de domination et de suprématie qui fait croire à l’humain qu’aucun esprit n’est assez grand pour l’égaler ne serait qu’au final le fruit de sa relation avec lui-même puisque l’on inflige aux animaux notre réalité telle que assimilée. La Rochefoucauld disait «L’amour-propre est l’amour de soi-même, et de toutes choses pour soi». En aimant les bêtes, on n’aimerait en fait que soi-même mais le contraire s’applique aussi ; Seul un esprit humain souffrant terriblement du fait que son amour propre est affecté (qu’il soit conscient ou pas) à la capacité de faire subir d’une force équivalente sa souffrance à un autre esprit de nature animal. Pourtant, l’humain et la bête s’enregistrent dans une relation d’interdépendance puisque l’homme est à la nature tel que la nature est à l’homme (l’homme qui fait souffrir la nature fait souffrir l’homme qui fait souffrir la nature…) .

Ainsi, selon Gandhi, «on mesure l’évolution d’une société à la façon dont celle-ci traite les animaux » c’est d’ailleurs comment l’amour des animaux (qui reviendrait à s’aimer soi-même) devient un critère moral de la qualité humaine dans la logique ou les sentiments éprouvés à l’égard des bêtes jugent ceux qui les éprouvent. Évidemment il n’est pas question ici de traiter les animaux d’égales à égales aux humains (en termes de droits) toutefois, considérer l’être humain supérieur aux autres animaux reviendrait à dire dans cette même optique que l’homme serait supérieur à son amour-propre. Il s’établit donc une neutralité des deux parties quant à la question de supériorité entre les hommes et les animaux. «Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes (indissociable de la bête), que d’essayer de paraître ce que nous ne sommes pas (de nature divine)» puisque «La violence qu’on se fait pour demeurer fidèle à ce qu’on aime ne vaut guère mieux qu’une infidélité» rappelant ainsi que «le propre de la médiocrité est de se croire supérieur».

Pour conclure avec ce sujet, il est vrai que le cartésianisme laisse quelque peu à désirer quant à la sévérité des propos inculqués à la bête, le considérant comme une machine sans raison régissant uniquement de ses instincts et pulsions de nature... Descartes considère l’homme supérieur aux autres animaux de par sa capacité à penser et divulguer celle-ci par la parole. Bien que la pensée de Rousseau soit moin radicale que celle de Descartes, il perçoit l’homme comme inférieur à l’animal par sa capacité à se détourner de sa nature en se modifiant à un point tel qu’il en deviendrait dangereux pour l’homme et cette nature même contrairement à la bête qui est et restera à tout jamais ce qu’elle était au premier jour de son existence… Or, d’après l’hypothèse selon laquelle l’animal seraient le reflet de l’amour-propre de l’homme par sa capacité à posséder un esprit de même nature que lui (l’instinct de nature est indissociable d’un savoir, donc d’un esprit), il paraît évident que l’être humain se trouve à un même stade d’égalité au juste titre que les autres animaux. À la lumière de ces divers concepts philosophiques; la mort et la souffrance de milliards d’animaux par année destinés à être mangés par des hommes carnivores ne serait-elle pas une forme de passion amoureuse différente de celles que l’on connaît ? Une passion amoureuse expliquant le désir d’assimiler ou contenir son cousin l’animal..? Mangeons-nous la viande ( consciemment ou non) pour les mêmes raison que l’on mange l’hostie (manger le corps du Christ pour avoir un certain contact avec la nature divine comme manger de la viande pour avoir un certain contact avec la nature propre à l’animal ) ? Biens des questions peuvent

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