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Explication de texte d'Hegel, Introduction aux leçons d'esthétiques

Par   •  2 Novembre 2018  •  3 128 Mots (13 Pages)  •  234 Vues

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est vivante car elle se réalise à travers l’esprit de l’artiste, esprit qui est donc actif et qui se réalise à travers l’homme. Il est possible, par exemple, qu’une œuvre d’art, comme celles de Kandinsky, soit copiée presque à la perfection, mais cette reproduction ne proviendrait pas de l’imagination personnelle du celui qui est à l’origine de la copie. Donc il pourrait reproduire la partie extérieure de l’oeuvre, certes, mais non intérieure, car elle est intrinsèquement liée à l’artiste et à son œuvre. Les œuvres sont personnelles, elles proviennent tout droit de l’artiste lui-même, de son imagination, de son inspiration, de ses états-d’âme, donc l’œuvre copiée n’a pas ce qu’a l’originale, c’est-à-dire, l’image même de l’esprit de l’artiste. Mais pour quelle autres raisons pouvons-nous affirmer que la partie intérieure de l’art est vivante ? Il développe en effet son idée par : « L’esprit, comme une force intelligente, tire de son propre fonds le riche trésor d’idées et de formes qu’il répand dans ses œuvres. » Ici, nous pouvons constater l’aspect actif de l’esprit, faisant revers sur lui-même afin de puiser en lui ce qu’il peut créer en dehors de lui. Il est alors imaginable que la partie vivante de l’art soit possible car justement elle est le fruit de l’esprit qui, lui-même, est fondamentalement vivant, car presque conscient. En effet, n’est-ce pas une preuve de conscience que de pouvoir faire retour sur soi-même ?

Néanmoins, Hegel nuance son propos : « Cependant il ne faut pas, pour éviter un préjugé, tomber dans un autre excès, dire que l’artiste n’a pas besoin d’avoir conscience de lui-même et de ce qu’il fait, parce qu’au moment où il crée il doit se trouver dans un état particulier de l’âme qui exclut la réflexion, savoir, l’inspiration. ». En effet, l’art n’est pas que règles et techniques, mais il n’est pas non plus que génie qui s’empare de l’artiste. L’artiste n’est pas dans un état de transe lorsqu’il crée, il a également besoin d’être capable de faire retour sur lui-même, sur ses pensées ou ses actions. Il doit pouvoir magner correctement son instrument, ses membres et ne pas perdre de vue son idée. Il ne laisse pas agir son inspiration à sa place, il doit pouvoir être maitre de lui-même pour faire ce qu’il entend créer. La réflexion est elle-même possible par la conscience que l’artiste a de soi, car une quelque réflexion induit inéluctablement un retour sur une pensée, soit une conscience de soi. La conscience de soi est, d’une part la connaissance qu’a l’homme de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes. Mais d’autre part, la conscience de soi est aussi la capacité qu’a l’homme de faire retour sur ses pensées ou ses actions.  En d’autres termes, sans conscience de soi l’homme ne pourrait pas avoir de réflexion donc pas faire de l’art. Hegel poursuit son propos : « Sans doute, il y a dans le talent et le génie un élément qui ne relève que de la nature, mais il a besoin d’être développé par la réflexion et l’expérience. » Un talent n’est jamais à son apogée, il n’est qu’une aptitude particulière, mais toujours perfectible, de même que le génie, bien qu’il soit singulier et exceptionnel à une personne, il doit pourvoir être renforcé, amélioré et travaillé afin que l’artiste puisse en user à sa guise. Ce n’est pas parce que ces « dons » sont bels et bien présents chez une personne, qu’il n’est pas avantageux de les optimiser. L’artiste peut intervenir sur son talent inné, soit donné par la « nature », afin de gagner toute sa potentialité. La réflexion permet à l’artiste de faire retour sur lui-même et sur les choses afin d’améliorer son travail et de lui donner un caractère particulier que l’artiste exige. L’expérience, elle, sert à connaître davantage les manière adéquate de créer, d’obtenir le résultat attendue, ou d’avoir une connaissance aiguisée des matériaux employés, par exemple. Donc, Hegel ne renie pas la dimension technique de l’art, mais cet technique provient de l’esprit lui-même : « En outre tous les arts ont un coté technique qui ne s’apprend que par le travail et l’habitude. » Il ne suffit alors pas simplement d’avoir du talent pour faire de l’art. Le travail et l’habitude, permettent de maitriser son art et ses outils, car par là, il les connaît, sait comment les magner. C’est ce que nous dit Hegel : « L’artiste, a besoin, pour n’être pas arrêté dans ses créations, de cette habilité qui le rend maître et le fait disposer à son gré des matériaux de l’art. » En effet, il ne suffit pas d’avoir une image dans la tête pour la reproduire sur une toile ou encore sur du bois ou dans de la pierre, il ne suffit pas non plus d’avoir un esprit qui perçoit les choses du monde extérieur pour les reproduire, mais il faut aussi avoir la technique pour, celle-ci ne s’acquérant que par le travail et l’expérience, la réflexion, contrairement au génie et au talent qui sont, plus ou moins, simplement innés.

Alors, l’art est d’abord produit de l’esprit humain, car il est inspiration et réflexion, il est un résultat de la pensée tout entière avant d’être un résultat de l’activité humaine et de la technique. Est-ce ce qui nous permet de le beau dans l’art?

Effectivement, ensuite, Hegel analyse le deuxième propos, qui était : « Il est essentiellement fait pour l’homme, et, comme il s’adresse aux sens, il emprunte plus ou moins au sensible. » Hegel annonce que l’opinion publique se trompe sur la hiérarchie qu’elle accorde aux arts de l’activité humaine et à celle de la nature : « Une autre manière de voir non moins erronée au sujet de l’art considéré comme produit de l’activité humaine est relative à la place qui appartient aux œuvres de l’art comparées à celles de la nature. » L’opinion publique aurait tendance à placer les œuvres de la nature au dessus des œuvres de l’activité humaine. Il explique pourquoi : « (…) ce qui sort des mains de l’homme est inanimé, tandis que les productions de la nature sont organisées, vivantes à l’intérieur et dans toutes leurs parties. Dans l’oeuvre de l’art, la vie n’est qu’en apparence et à la surface ; le fond est toujours du bois, de la toile, de la pierre, des mots. » En effet, il n’est pas rare de supposer voir de l’art dans la magnificence de la nature, art qui considéré comme supérieur à celui que peut créer l’homme. Le résultat de l’activité humaine semble être quelque de brute, de morne, tandis que celui de la nature attirerait plus la contemplation ou la curiosité. Par exemple, l’arbre, « œuvre »

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