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Puis-je douter de moi?

Par   •  29 Novembre 2018  •  1 200 Mots (5 Pages)  •  117 Vues

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Un autre élément qui permet le doute est le décalage, le retrait que notre conscience morale peut nous apporter. Ce lapse de temps nous permet d’émettre un jugement sur notre comportement. La conscience a la capacité de faire retour sur nous-même. Nous créons en nous une division qui sépare le « moi » qui agit et le « moi-même » qui réfléchit à l’action. Prenons pour exemple un meurtre. Si un homme décide de tuer l’amant de sa femme, agit sans réfléchir et lui tire dessus, alors l’homme n’a pas utilisé sa conscience morale. Seulement, s’il a l’occasion de le tuer et qu’il hésite, fait retour sur sa personne, se sent coupable alors sa conscience morale le met dans un état de doute. Il réalise ce qu’il est prêt à faire et doute de son aptitude à commettre à un tel acte.

Désormais ce vide et ce doute laissent place au cogito de Descartes et la preuve de mon existence.

Lors de l’écriture de ses méditations métaphysiques, Descartes met en pratique le doute méthodique et arrive à la conclusion que ce qui donne le sentiment de son existence ce sont les diverses perceptions qui sont en lui. Selon Descartes, « je pense donc j’existe ». En d’autres termes, nous pouvons douter de tout sauf de ce qui rend le doute possible, c’est-à-dire notre propre existence. Ainsi, si nous appliquons cette règle à la lettre, nous nous rendons compte que pour Descartes nous n’existons pas lorsque nous dormons puisque nous ne ressentons pas le sentiment d’existence.

Aussi pour Kant, nous voyons les objets car nous possédons un « je ». Nous les voyons car nous avons une conscience. Prenons pour exemple un cube disposé au centre d’un groupe de personne. Aucune des personnes ne peut apercevoir toutes les faces du cube en même temps cependant chacune est consciente d’observer un cube. Aucune ne peut douter d’elle-même puisque la conscience nous permet de nous conforter dans son unité. Sans cela nous serions entourés de fragments. Pour percevoir, il est donc nécessaire d’avoir un « je ».

Cela dit, Freud impose sa propre version des choses et divise l’individu entre sa conscience qui lui permettait de ne pas douter de soi et son inconscience.

Selon Freud, « Le Moi n’est pas maître dans sa propre maison ». Le « moi », c’est-à-dire notre conscience, n’est pas informée de ce qu’il se passe dans le psychisme. Elle n’a pas connaissance des pulsions qui ont pu être refoulées mais peut cependant les interpréter vulgairement grâce aux lapsus, aux actes manqués ou encore aux rêves. Ce sont des tendances psychiques qui ont été censurés par le Surmoi et qui essayent tant bien que mal à refaire surface. Prenons pour exemple, Sarah dans le film Jumanji, qui refuse de croire qu’Alan Parrish a vraiment disparu dans le jeu. Elle s’impose cette version des choses, ses représentations inconscientes l’influencent. Elle refuse d’y croire. Son « moi » n’est plus maître de lui-même. Le doute ne s’installe même plus en elle, l’inconscient a pris le dessus.

Nous en sommes venus à renvoyer l’un à l’autre la question de l’existence du doute sur sa personne ; Sartre, lui considère qu’autrui est le médiateur incontournable entre moi et moi-même, et Freud et Descartes sont parvenu à réduire au maximum l’espace que pouvait occuper le doute en utilisant soit le doute méthodique, soit l’existence de l’inconscient. Nous pouvons en déduire que le doute existe, qu’on peut douter de soi-même mais que nous cherchons à l’achever d’une manière ou d’une autre même si en réalité cela demeure impossible.

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