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Cours de criminologie

Par   •  8 Novembre 2018  •  24 031 Mots (97 Pages)  •  3 Vues

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Toutes les théories du comportement peuvent trouver une application aux questions liminaires.

Pour s'expliquer, le crime a besoin de théories spécifiques du comportement ou au moins d'adaptation des théories d'existence du comportement. Mise à part la menace d'incarcération, il n'y a rien en commun entre les vols, viols, crime de guerre, abus de biens sociaux, sauf du point de vue de l'institution.

B. les causes de la prise de décision

Premier problème théorique : pourquoi les gens font le mal ? Deuxième problème théorique : pourquoi les gens font le bien ? ça inverse un problème très ancien, très énigmatique qui fonde toute une discipline qui s'appelle la philosophie morale. Quel que soit le modèle de la théorie du comportement, si les gens suivent leur intérêt rationnel, leur désir (etc...), pourquoi est-ce qu'à certains moments ils iraient à l'encontre de ça pour obéir à une norme interne ?

➢ Pour PLATON : un des questionnements fondamentaux de la philosophie morale est illustrée par le mythe de l'Anneau de Gygès (anneau qui permet de disparaître donc qui permet de ne pas être responsable de ses actes). Ce que l'individu fait quand il est en possession de l'anneau correspond à sa véritable morale et ce qu'il fait quand il ne porte pas l'anneau ne correspond pas à sa morale mais à l'obéissance d'un impératif. Nombre d'auteurs se sont posés cette question, et le débat a été ravivé au 19ème siècle.

➢ Pour DARWIN, « l'origine des espèces » : dans cet ouvrage qui a eu énormément d'influence sur les sciences humaines, Darwin propose que les êtres-vivants sont constitués tels qu'ils le sont du fait d'un processus appelé la sélection naturelle çad que seuls se sont propagés, seuls ont survécu les caractéristiques qui nous ont permis de survivre et de se reproduire.

En philosophie morale, cela a immédiatement soulevé une question : si l'être humain n'est constitué que de ce qui lui a permis de survivre et de se reproduire, il faudra expliquer pourquoi peut-on trouver des comportements qui peuvent le mettre en danger, qui peuvent réduire ces chances de se reproduire et de survivre, pour lé bénéfice d'un autre comportement ?

➢ Paul REE et On a une discussion entre sentiment de pitié et selon qui la douleur sur le visage d'une personne bloque le comportement du délinquant et nécessite un contrôle de soi.

NIETZSCHE

ont suivi ce débat, lequel a été relancé par E.O WILSON sur le fondement la morale, l'empathie et le

SCHOPENHAUER

LEVINAS

II. les raisons pratiques de privilégier l'analyse de l'institution sur l'analyse du délinquant

A. l'absence de connaissance absolue dans tous les domaines

La formation dont il faut disposer pour comprendre les résultats scientifiques en psychologie, psychiatrie, sociologie, est une formation longue. Du fait de la division du travail qui existe dans notre système de justice ( éducateurs, psychologues, psychiatres etc... ) pour une bonne pratique du droit pénal, normalement il ne devrait pas avoir un besoin de comprendre les mobiles et motifs qui ont poussé les gens à commettre des délits. Au contraire il y a un besoin de comprendre qui est relativement contre-productif, on trouve des procès de l'inquisition qui n'ont jamais montré d'utilité particulière (comme celui de Gilles DEVERS).

On aurait davantage à gagner à reconnaître que certaines questions, certains domaines ne peuvent pas amener de réponses. C’est le fondement de toute la sagesse (SOCRATE, CONFUCIUS).

B. la différence entre l'approche dogmatique et l'esprit critique

L'apprentissage du droit se fait selon une méthode qui est diamétralement opposée à celle des sciences ; c'est l'opposition entre le raisonnement dogmatique et le raisonnement critique. La dogmatique : on a un dogme, une idée, et ensuite on recherche en quoi il est cohérent.

L'esprit critique : à l'opposé de l'approche dogmatique, l'approche critique (voire définition de KANT) est d'accepter consciemment de remettre en cause toutes les connaissances dont on dispose si une autre façon d'organiser ces connaissances s'avère mieux fondée, si une autre perspective amène à poser les problèmes différemment, si de nouvelles connaissances ne sont plus compatibles avec des théories antérieures. La formation aux disciplines scientifiques consiste à apprendre à s'approprier les théories et les écoles auxquelles on croit. Choisir soit même sa ligne de conduite.

Le danger de présenter des théories scientifiques dans un contexte dogmatique est de prendre les théories comme des doctrines. Or, pour peu que l'on est étudié suffisamment de théories, on va très vite faire face à un problème : on va trouver des théories contradictoires sur la même question et on ne va pas avoir les outils pour trancher entre ces théories.

C. l'intérêt de la sociologie de l'institution pénale

A l'inverse de raisonnements précédents, ce que l'on appelle la criminologie de l'action sociale ou sociologie de l'institution pénale peut avoir une utilité pour les juristes dans la mesure où les juristes connaissent déjà une chose : l'objet qu'ils étudient, le contenu du droit et des institutions. Tout ce qu'ils ont à apprendre sont les éléments empiriques sur la façon dont ces institutions fonctionnent en pratique. C’est le but de la formation de terrain, ce que l'on apprend sur le tas, avec de l'expérience.

A ce sujet, la moitié des individus qui travaillent sur la sociologie de l'institution pénale sont d'anciens juristes (Philippe ROBERT, , Jean DANET, Virginie GAUTRON).

Quiconque s'intéresse au rôle de l'expertise scientifique dans les débats publics ne peut être que frapper par le haut niveau de controverses qui entoure les questions pénales. La raison pour laquelle le consensus sur la récidive ne

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