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Performance financière et responsabilité sociale des entreprise cas des entreprises tunisiennes

Par   •  22 Janvier 2018  •  23 435 Mots (94 Pages)  •  147 Vues

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Face à ces larges critiques une présentation prudente des définitions de la RSE s’avère essentielle, et ce afin de porter une certaine légitimité au construit et pratiques sociales contemporaines à l’image des compagnes de sensibilisations sur le développement durable.

Le chapitre vise la présentation d’une revue de la littérature consacrée à la responsabilité sociale des entreprises. Vue l’abondance de la matière, nous tâcherons de développer essentiellement les idées liées aux définitions attribuées à la RSE et aux ambiguïtés qui en découlent. Le rappel des fondements théoriques de la RSE constituera la clausule du chapitre.

Section 1 : Définitions de la RSE

- Définition Sémantique

La définition de la RSE ne peut se faire sans avoir pris la peine de s’attacher sur la terminologie du mot « responsabilité » et du mot « social ». La notion de responsabilité a vu le jour avec le droit romain dans le cadre de la responsabilité civile, un article de loi français, reprend ce principe et décrit la responsabilité comme étant « tout fait de l’homme qui cause un dommage à autrui oblige celui par duquel il est arrivé à le réparer ». Au fil des années, le sens du mot responsabilité a acquis une dimension morale, Le Petit Robert dans une récente édition, définit la responsabilité comme étant « une obligation ou nécessité morale, intellectuelle, de réparer une faute, de remplir un devoir, un engagement ».

Cependant, la vraie difficulté vient plutôt de la définition du mot « sociétal », qui au sens littéral, signifie « qui a trait à la société ». Soors (1981, cité par Toublan, 1995) a proposé la définition suivante : « social » est relatif aux employés de l’entreprise et « sociétal » à la société dans son ensemble. Par contre, Vincent Commenne (2006) emploie le terme « sociétal » à la place du terme « social » de manière à inclure les deux dimensions sociale et environnementale. Pour être bref, et pour ne pas s’attarder sur une analyse sémantique du mot « sociétal », nous retenons la définition de Soors (1981).

Accepter cette définition permet certes de sortir d’un écueil mais tomber aussitôt dans un autre, car la « Corporate Social Responsability » (CSR), concept connu comme étant la traduction du concept de la RSE, est difficilement traductable ; en effet, « responsability », « accountability » et « liability » représentent la « responsabilité », tout comme « social » regroupant « social » et « sociétal ».

D’autre part, la RSE étant souvent associée à la morale, nous pensons alors qu’une définition de celle-ci s’impose ; Rojot (1993) « la morale, science du bien être et du mal, permet de dégager une éthique qui est un art de diriger sa conduite, son comportement, qui s’exprime dans les principes guidant les aspects professionnels de ce comportement : la déontologie ».

Ces définitions permettent de mieux appréhender le concept de la RSE et de mieux comprendre la cause de la diversité d’approche en la matière. C’est pourquoi donner à la RSE une définition exacte un exercice périlleux. Malgré ce sentiment de flou entourant la notion, plusieurs chercheurs ont tenté tout de même d’en fournir des définitions.

- La RSE, une obligation

Bowen (1953), l’un des premiers chercheurs qui a défini le concept, affirme que « la RSE renvoie à l’obligation pour les hommes d’affaires de mettre en œuvre les politiques, de prendre les décisions et de suivre les lignes de conduite qui répondent aux objectifs et aux valeurs considérés comme désirables par notre société ». Cette définition illustre bien que le concept s’est construit autour d’une obligation ; Le 9 Avril 1985, l’Assemblé Générale des Nations Unis a promulgué un ensemble de lois, dont la 8ème et 9ème loi porte sur le droit à une consommation durable.

Ce lien contractuel illustre bien l’aspect obligatoire ; L’entreprise doit être socialement responsable si elle veut bénéficier d’une légitimité vis-à-vis de la société, Gendron (2000). A cette période, en France, les bourgeois faisant partie des « ligues sociales d’acheteurs » s’efforcent de n’acheter des produits que des commerçants soucieux du bien être de leurs employés, ils ont même diffusé des listes de magasins où acheter, Chessel (2000).

- La RSE, outil de maximisation du profit

Cette idée a été évoquée par les économistes néoclassiques, en l’occurrence Friedman. Selon cette thèse, la RSE serait une charge que l’entreprise capitaliste devrait veiller à éliminer. Faute de quoi elle verrait sa rentabilité financière se détériorer. Drucker (1984) affirme que « faire du profit est fondamentalement incompatible avec la responsabilité sociale de l’entreprise …la première responsabilité sociale de l’entreprise dans la future décennie est de créer du capital, qui seul peut financer les emplois de demain ».

Friedman (1970), va jusqu’à considérer la RSE comme nuisible « il existe peu de courants aussi dangereux, pour les fondements mêmes de notre société libre, que l’acceptation par les dirigeants d’entreprise d’une conception de la RSE autre que de servir le mieux possible les intérêts de leurs actionnaires ».

Ce constat a été également confirmé par d’autres auteur, en l’occurrence Aupperle et al, (1985). Ces auteurs concluent que des investissements sociaux tels que les donations, la protection de l’environnement et autres, génèrent des coûts supplémentaires, ce qui désavantage l’entreprise par rapport à ses concurrents les moins engagés sur le plan social.

- La RSE, une interpellation de la conscience

Le construit commence progressivement à passer d’une catégorisation à une autre, ce passage été l’œuvre d’hommes d’affaires éclairés, conscients de la nécessité d’agir pour préserver l’environnement et la main d’œuvre ; « mélange de bonnes intensions de la part d’hommes d’affaires ». Heald (1961). L’exemple des COMPANY TOWN, comme celui de TOYOTA, décrit le lien très fort qui relie désormais le monde des affaires et la société.

À travers cette approche, les théoriciens chercheraient, en quelque sorte, des justifications pour les motivations des comportements sociaux. Les définitions qui vont suivre, nous montrerons comment la RSE a dépassé le stade d’une obligation légale et s’est transformée en une interpellation

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