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Peut-on parler, aujourd'hui, d'une fin du travail ?

Par   •  23 Octobre 2018  •  2 830 Mots (12 Pages)  •  144 Vues

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les prix augmente finalement la charge de travail des caissières qui manipulent plus de marchandises à l’heure. De plus l’introduction des caisses automatiques dans les grandes surfaces diminue le nombre d’emplois. On observe donc que la numérisation et l’automatisation du travail se sont traduites par une augmentation de l’intensité et de la pénibilité du travail, alors que ces outils de travail auraient pu être utilisé pour alléger et enrichir les tâches.

B) De nouvelles formes de travail

Le développement du numérique est en train de bouleverser le rapport à l’emploi. Avec le développement d’internet, Il apparait de nouvelles formes de travail à mi-chemin entre salariat et travail indépendant. Le « crowd work » fait parti de ce que l’on appelle le « travail virtuel » et s’est considérablement développé en parallèle du « coworking » ces dernières années. Ces deux phénomènes partagent plusieurs similitudes comme la volonté d’une plus grande autonomie dans le travail et l’utilisation d’un terminal numérique comme principal outil de travail. L’idée majeur du « crowd work » est d’externaliser des coûts de production en proposant la réalisation d’un certain nombre de petites tâches à une foule de travailleurs indépendants. C’est notamment ce qu’a effectué Amazon avec sa plateforme Mechanical Turk ou derrière son interface internet se trouve un travail humain conséquent. Pour Karen FÖRT qui est maître des conférence en informatique à l’université Paris IV, le « micro working » s’apparente à ce que l’on pourrait appeler une myriadisation puisque le principe même du concept consiste à découper des tâches en une myriade de petits morceaux. Il s’agit en réalité d’une adaptation du taylorisme aux technologies actuelles. On voit donc de nouvelles formes de travail et d’organisation apparaître en lien avec ces transformations.

Les TIC permettent aussi de mettre en place une organisation du travail décentralisée. Certaines startups ont adopté ce schéma, comme Buffer (un logiciel pour gérer la publication de contenu sur les réseaux sociaux) ou Sketch (un logiciel concurrent de Photoshop).

Eparpillées dans plusieurs pays, leurs équipes se coordonnent avec des systèmes de messagerie comme Slack, ou plus simplement par e-mail. Plus généralement, travailler à distance est même devenu un art de vivre. Dans La semaine des quatre heures, Tim FERRISS a développé toute une méthodologie pour automatiser une grande partie de son travail et sous-traiter l’autre partie à des travailleurs des pays en développement depuis des plateformes en ligne.

Le travail est donc envisagé d’une façon complètement différente aujourd’hui avec les nouvelles technologies. Selon une étude de la Banque mondiale de 2013, il y aurait plus d’une centaine de plateformes de micro travail dans le monde, comptabilisant autour d’un million d’inscrit.

Cependant le crowd work est considéré comme un phénomène minoritaire dans nos sociétés en termes d’emplois. En effet, les crowd workers n’ont légalement pas le statut de salariés mais travaillent comme indépendants. Leurs avantages sont qu’ils bénéficient d’une plus grande flexibilité, les travailleurs peuvent aussi développer des compétences en informatique ou dans d’autres domaines. Cependant le crowd work représente aussi des désavantage, les travailleurs ont de faible rémunération, sont confronté à l’ennui lié à la pauvreté des tâches qui leur sont assignées, on parle notamment de « travail à la chaine numérique » pour qualifier ces opérations.

Ces nouvelles formes de travail ont donc montré que le XXI ème siècle sera non pas l’abolition du salariat et donc pas la fin du travail mais l’abolition de l’opposition entre les entrepreneurs et salariés à l’image des crowd workers actuellement.

II Les possibilités d’adaptation de notre système de droit du travail et de protection sociale

à ces mutations.

A) L’Ecole et l’entreprise des acteurs majeurs dans cette mutation du travail

Afin de comprendre comment envisager le travail aujourd’hui, il semble nécessaire de se demander quels sont les acteurs de cette numérisation de l’économie qui possèdent un impact conséquent sur le travail. L’école a un rôle majeur dans la formation professionnelle initiale des travailleurs. Car l’école et l’entreprise ont des liens d’interdépendance. Contrairement à la période des Trente Glorieuses qui était accueillant pour les jeunes peu qualifiés, le marché du travail d’aujourd’hui ne peut plus absorber le flux des jeunes qui ne maîtrise pas le socle commun de connaissances et de compétences.

L’entreprise doit posséder des travailleurs maîtrisant les savoirs fondamentaux, l’école doit donc connaître les besoins actuels et anticiper les besoins des entreprises en ce qui concerne la formation technologique et professionnelle.

Afin de faciliter l’insertion d’un jeune dans la vie sociale et professionnel, l’école doit permettre toutes les initiatives qui permettre de mieux connaître le monde professionnel avec des stages, des visites d’entreprises, des forums, des entretiens ou encore des réseaux d’anciens élèves. L’école et l’entreprise doivent se rapprocher et proposer des actions communes au plus tôt dans les cursus, afin de valoriser l’initiative, la confiance en soi ou encore le sens du risque maîtriser. Cette aptitude à apprendre est l’essence même de la formation en alternance. Il est impératif que le système scolaire intègre cet objectif et adapte ses pédagogies pour permettre le développement des futurs travailleurs. C’est cette évolution que les entreprises attendent et qui va grandement participer à l’évolution du travail.

B) De nouvelles réformes favorisants la flexibilité du marché du travail

Les politiques de l’emploi recherchent de plus en plus la flexibilité du marché du travail.

En France l’autorisation administrative de licenciement est par exemple supprimé en 1986.

Les pays de l’Europe du Nord qui ont su mettre en oeuvre des réformes structurelles avant la crise de 2008 ont mieux supporté la récession qui l’a suivi. L’Allemagne par exemple voit son chômage baisser pour atteindre des niveaux plus bas qu’avant la crise. Le Danemark, la Suède et le Royaume Uni sont,

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