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Du marché du cannabis au marché du THC en France. Implications pour le système d’offre et les politiques de lutte contre les trafics illicites de stupéfiants.

Par   •  2 Juin 2018  •  2 437 Mots (10 Pages)  •  168 Vues

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Selon Jansen en 2002, l’Europe a les capacités de produire assez de quantités pour être autosuffisante et ne plus dépendre des importations. Elle pourrait alors être en situation d’autarcie comme la Suisse et même devenir exportateur avec les Pays-Bas par exemple.

La possibilité de vendre certains types de graines ressemblant aux graines de chanvre comme celle du cannabis, rend le travail des forces de l’ordre plus compliqué et plus délicat. La disponibilité et la facilité d’accès aux facteurs de production, rendu possible par la diffusion des technologies issues de l’agriculture intensive, rend la production nationale en France moins marginale. L’estimation de la part de l’auto-culture dans le total de l’offre faite par Ben Lakhdar en 2009, ne concentre seulement que les petits cultivateurs, ce qui peut nous amener à nous poser la question suivante : où sont les trafiquants qui cultivent la plante sur le territoire national ?

Le rendement utilisé ici issu du travail de Toonen et al. 2006 est de plus en plus discuté, et notamment par les autorités belges. Là encore nous pouvons constater qu’il y a une imprécision au niveau des chiffres, qui peut ainsi poser des problèmes de manière générale. Dans les graphiques 7.8 et 9, l’échelle logarithmique est utilisée car il y a trop de différences dans les chiffres et donc cela aplati les points externes. Ainsi, on peut donc mieux visualiser ce que l’auteur souhaite exprimer à travers les graphiques. On remarque que la saisie de plants de cannabis est inférieure à la saisie d’herbe en France, on pourrait donc se dire que la production nationale est inférieure à l’importation, or une partie de l’herbe peut être issue de plants cultivés sur le territoire.

De plus, l’origine des graines saisies ne peut être déterminée avec exactitude. Les planteurs sont en grande majorité loin des cercles de la criminalité et utilisent leurs récoltes pour leurs propres consommations. Ils sont socialement mieux intégrés dans la société et ne présentent pas d’antécédents judiciaires selon l’Institut des Hautes Etudes de sécurité (INHES) et selon la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT). Aussi, les grandes exploitations permettant la production de masse ou de grande quantité représentent une infime partie des interpellations et des perquisitions. Cependant, on constate une professionnalisation des cannabiculteurs car le nombre de démantèlements de grandes exploitations a augmenté sensiblement entre 2007 et 2008 et cela principalement en Outre-Mer. Selon Bouchard en 2007, au Canada, la probabilité de découvrir des grandes exploitations est plus grande que celles des petits cannabiculteurs, mais ce sont les petits cultivateurs qui sont le plus souvent interpellés par rapport aux grands. Ainsi, on constate que l’organisation des grandes exploitations outdoor ou indoor en France ressemble de plus en plus à celles des Pays-Bas ou du Royaume-Uni, et donc se professionnalise avec le temps. Cependant, la différence est que l’on utilise une immigration clandestine qui ne parle quasiment pas la langue française, et donc on va plus loin dans l’illégalité, ce qui n’est pas encore le cas en France. Ces cultivateurs apparaissent comme les nouveaux acteurs de l’offre qui diffèrent sociologiquement des vendeurs traditionnels des années 80. Historiquement, l’offre provient de la restructuration du marché du travail, due à la désindustrialisation, touchant les couches populaires de la société.

Ensuite, il y a l’apparition des nouveaux acteurs du cannabis qui rend le marché de l’herbe concurrentiel entre les vendeurs traditionnels et les cultivateurs utilisant leur production à usage personnel en plus de la concurrence entre la résine et l’herbe, ce qui rend le marché global du THC lui-même concurrentiel. On a donc recours ici à une segmentation du marché. Cependant, on peut se demander si les différentes offres de résine et d’herbe vont coexister ou si l’une disparaitra au dépend de l’autre et si l’importation de résine va-t-elle disparaître ? Plusieurs éléments de réponses se retrouvent dans la profitabilité de l’offre, c’est-à-dire quelle offre est la plus profitable ainsi que sur l’évolution de la demande. Ici, on a recours à l’approche keynésienne car l’offre suit la demande et donc ne suit pas la loi de Say qui dit que toute offre crée sa propre demande.

Aux Etats-Unis, on constate que la cannabiculture n’est que le reflet des durcissements des contrôles à la frontière, on a recours à un paramètre exogène ayant un impact sur le marché. Cela a poussé les acteurs traditionnels de l’offre à s’implanter aux Etats-Unis et y produire directement au lieu de faire passer leur production à la frontière. Il y a une délocalisation qui leur a profité (bénéfices accrus) car ils sont plus proches de la demande et peuvent donc suivre plus rapidement les fluctuations. Ce mouvement a entrainé un investissement relativement massif dans les facteurs de productions, ce qui engendre une production de meilleure qualité selon l’United States Department of Justice (USDOJ). Il est encore trop tôt pour se prononcer sur le cas français mais ce phénomène se passe déjà chez certains voisins européens comme les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Belgique. Cependant, à la différence des Etats-Unis, ce ne sont pas les importateurs traditionnels, ce sont donc deux types d’offreurs bien distincts et c’est pour ça que la résine est toujours importée. On ajoute à cela que l’auto cultivateur est un concurrent de plus, on peut ainsi en déduire que le calcul de sa profitabilité est difficile et donc peut être faussée.

En plus du coût du matériel et du coût d’opportunité, le coût d’interpellation, on peut aussi ajouter à l’auto cultivateur le risque pris. On compare le coût supporté si l’on utilise le réseau traditionnel pour se procurer le produit qui est incarné par le coût de déplacement, le coût financier et le risque d’être interpellé (c’est un coût aussi) mais aussi le coût probabilisé de se voir vendre un produit différent de ce que l’on s’attend (une arnaque) et le coût psychologique d’être en contact avec le monde criminel. L’individu va donc comparer les coûts de l’auto culture et celui de l’achat via le circuit traditionnel et penchera pour l’une ou l’autre solution selon l’arbitrage qu’il aura fait, le coût le plus faible sera donc l’option qu’il aura choisit car l’individu est considéré comme rationnel en économie. Il est aussi important de savoir que certains coûts sont propres à l’individu comme le coût psychologique, etc. La différence d’appréciation

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