Essays.club - Dissertations, travaux de recherche, examens, fiches de lecture, BAC, notes de recherche et mémoires
Recherche

Lecture analytique d’un extrait du chapitre 3 de Candide (Voltaire).

Par   •  1 Juin 2018  •  1 149 Mots (5 Pages)  •  81 Vues

Page 1 sur 5

...

2- Les absurdités qu’engendre la guerre

- Voltaire commence par montrer que la religion semble légitimer les atrocités dont se rendent coupables les rois. C’est une première absurdité: la religion se fait complice de l’infamie. Le Te Deum (chant d’action de grâces rendues à Dieu pour le remercier) est chanté par chacun des camps en même temps. Cela prouve qu’ils remercient Dieu tous les deux de leur avoir été favorable: chacun pense donc avoir gagné, c’est une deuxième absurdité.

- La vision des enfants suspendus aux “mamelles sanglantes” (oxymore) participe aussi de l’absurdité. En effet, à cause de la guerre, les seins des femmes égorgées laissent couler le sang au lieu de verser le lait nourricier. Voltaire condamne donc ainsi une atteinte à la vie, dans son origine même.

- Les populations civiles sont les victimes collatérales de la guerre et nul n’est épargné : « vieillards », « femmes », « enfants », « filles ».

3- Les phénomènes de distorsion

Le réalisme du tableau et les absurdités qui apparaissent à cause de la guerre suffiraient à rendre la guerre insupportable et condamnable. Voltaire utilise pourtant un autre moyen: l’ironie. En attirant l’attention sur des effets de décalage, il souligne les anomalies qui apportent une inacceptable justification de la guerre. Dès le début du chapitre, Voltaire sème quelques indices de sa présence, prévenant le lecteur qu’il ne faut pas prendre les choses au premier degré. La mécanique de la présentation élogieuse de la guerre se trouve très vite enrayée. Ainsi, l’accumulation de la première phrase a valeur d’antiphrase tant l’éloge de la guerre est inapproprié. On voit aussi se glisser dans l’énumération des instruments de musique les “canons” qui viennent rappeler la réalité de la guerre. Le mot est un intrus dans la liste qui fait basculer de l’apparence (beauté, harmonie) à, la réalité (la mort). La chute de la deuxième phrase “telle qu’il n’y en eut jamais en enfer” joue exactement le même rôle. Elle va à l’encontre de l’idée d’harmonie. Même si le premier paragraphe révèle la vision de Candide, on ne peut pas oublier de le lire à un second niveau afin de voir que l’exagération concernant la beauté de la bataille, l’apparent détachement qui accompagne l’évaluation des pertes, les références à la philosophie de Pangloss qui semblent légitimer le massacre relèvent bien de l’ironie.

Le recours au renversement des valeurs est aussi un indice de l’ironie: parlant du viol, l’auteur évoque “les besoins naturels de quelques héros”. Les mots “héroïque” et “héros” sont vidés de leur sens glorieux puisqu’ils qualifient la boucherie ou désignent les violeurs.

...

Télécharger :   txt (7.8 Kb)   pdf (146.1 Kb)   docx (572.3 Kb)  
Voir 4 pages de plus »
Uniquement disponible sur Essays.club