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Vous commenterez l’extrait de Madame Bovary de Flaubert (texte B).

Par   •  11 Avril 2018  •  944 Mots (4 Pages)  •  1 130 Vues

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à perturber cette division par des détails prosaïques qui relativisent le caractère somptueux de cette soirée : « un domestique [...] cassa deux vitres » (l. 1-2), les « gelées alentour qui tremblaient dans les plats » (l. 15-16) et « les musiciens rafraîchissaient, sur leur langue, le bout de leurs doigts » (l. 18).

Mais, au-delà de ce contraste entre deux mondes, le personnage d’Emma vit l’expérience d’un puissant décalage avec cette société à la­quelle elle rêve d’appartenir.

DÉVELOPPEMENT (2e partie)

Loin d’appartenir à cet univers qui la fascine, Emma s’en démarque à plus d’un titre.

En tout premier lieu, Emma perçoit des éléments qui cadrent mal avec l’idéalisation de la noblesse. Les aristocrates qu’elle révère depuis ses lectures romantiques d’adolescente ont un comportement à la limite de la vulgarité, comme cette saynète dont Emma est le témoin : une femme glisse un billet de rendez-vous dans le chapeau d’un homme qui ramasse son éventail. Seuls le narrateur et le lecteur comprennent ce qui s’est passé, puisque la focalisation interne sur le personnage n’évoque pas explicitement de billet. La périphrase « quelque chose de blanc, plié en triangle » (l. 12) prouve qu’Emma n’a pas tout saisi, qu’elle a surtout observé les gestes de ce couple, avec la succession de verbes de mou­vement : « s’inclina » (l. 11), « étendre son bras » (l. 11), « jetait » (l. 12), « ramenant l’éventail » (l. 12). Cette valse adultère a donc échappé à la compréhension de l’invitée.

En outre, Emma ne saisit pas tous les codes de cette société, nouvelle pour elle. Éblouie par les « fulgurations de l’heure présente » (l. 5), elle oublie la bienséance en gardant sa « cuiller entre les dents » (l. 8). La présence fréquente du pronom indéfini « on » trahit la solitude d’Emma qui n’a aucune relation, et pour laquelle tous les mouvements de cette soirée sont ceux d’anonymes : « On refluait » (l. 1), « on voyait glisser » (l. 17). La répétition des noms « dame » et « monsieur » insiste sur son errance sociale, entre la médiocrité de la petite bourgeoisie et les fastes de la noblesse.

Enfin, le rappel de l’existence de Charles est un vrai désenchante­ment pour Emma. Dans une longue phrase où s’accumulent des élé­ments de plus en plus décevants, voire grossiers, comme le départ des convives (l. 17-18) ou le geste peu glorieux des musiciens (l. 18), Charles s’endort, dans un mouvement qui est le comble de la vulgarité : « le dos appuyé contre une porte » (l. 18-19), à mille lieues de la légèreté des rideaux de mousseline ou du « lait d’amandes » (l. 14-15).

CONCLUSION

En définitive, l’analyse de cet épisode montre combien l’écriture réa­liste de Flaubert dépeint un tableau désenchanté de la société du milieu du XIXe siècle. Emma veut s’élever socialement, mais les clivages sont trop grands pour pouvoir ne serait-ce qu’espérer gravir les échelons. Le personnage se bercera sans cesse d’illusions en raison de ce mari déce­vant dont « la conversation est aussi plate qu’un trottoir de rue ».

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