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Comment faire partie de l'élite étatique en France ?

Par   •  13 Décembre 2017  •  2 613 Mots (11 Pages)  •  55 Vues

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Nous verrons d’autre part, en quoi les partis politiques constituent un véritable moyen d’ascension vers l’élite étatique en France.

Le concept de légitimité est au cœur de la pensée politique depuis des siècles. Chez Platon, il fonde l’idée de justice, et c’est aussi sur lui qu’Aristote fait reposer sa distinction entre monarchie, aristocratie et démocratie. Plus près de nous, Locke, analysant la nature du gouvernement, conteste la légitimité du « droit divin » des rois.

a légitimité charismatique est fondée sur la reconnaissance par la société du caractère exceptionnel du chef qui lui permet de se distinguer des autres individus de la société. Cette légitimité repose sur la reconnaissance des gouvernés aux qualités supérieures à la moyenne d'un individu qui selon Pareto, autorisent l'appartenance à l'élite. Cette légitimité a toujours existé que ce soit dans la société féodale ou la société contemporaine et les individus qui l'incarnent sont le plus souvent des fortes personnalités qui vont acquérir par la suite une légitimité légale comme Napoléon, Charles De Gaulle et d'autres ;

la légitimité traditionnelle repose sur le caractère obligatoire de la règle coutumière (selon les coutumes, les traditions). Dans la société féodale on obéit par tradition au roi, au seigneur, au chef de tribu. La volonté du changement est difficile car elle rencontre de l'opposition. Les limites de ce type de pouvoir sont définies par la coutume elle-même. Lorsque la coutume n'a pas fixé de limites, le chef possède le pouvoir absolu, soumis à ses limites ;

la légitimité légale se fonde sur la compétence et la validité du statut. On l'appelle également légitimité rationnelle ; la légitimité s'appuie sur des lois et des règles impersonnelles. Elle organise le fonctionnement du pouvoir politique. Cela conduit à une domination de l’État et celle de l'organisation bureaucratique. Cet ensemble est cohérent et logique. La personne a du pouvoir grâce à sa fonction qui représente l'autorité légale et non grâce à sa personnalité (légitimité charismatique). Ces représentants de l'autorité légale reçoivent une partie du pouvoir politique donc leur autorité est légitime. La séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) a été instaurée pour qu'aucun individu ne puisse posséder tous les pouvoirs.

Nous pouvons observer que ces trois types de légitimité peuvent se combiner et évoluer d'un type à l'autre. Les monarchies européennes par exemple sont passées de la légitimité du pouvoir traditionnel (pouvoir du roi) à la légitimité du pouvoir légal. Dans la société démocratique les gouvernements fondés sur la légitimité du pouvoir légal laissent une forte place à la légitimité du pouvoir charismatique du président ou du premier ministre (par exemple) en grande partie grâce à l'intervention des médias dans le domaine politique.

La légitimité est une notion fondamentale pour comprendre l’organisation politique des sociétés contemporaines. La théorie que Max Weber en a formulée il y a un siècle s’est révélée séminale. Les trois idéal-types qu’il a mis en évidence sont devenus des notions classiques, et, à sa suite, sociologues, politologues et philosophes ont continué à s’en servir pour classer les phénomènes qu’elles recouvrent en légitimité traditionnelle, charismatique et rationnelle. On retrouve cette typologie dans presque toutes les théories de la légitimité proposées dans les dernières décennies. Pourtant, dès qu’on veut adapter sa théorie au monde contemporain, ou l’actualiser, on voit que deux de ses trois types de légitimité, la traditionnelle et la charismatique, sont aujourd’hui difficilement applicables. Les exemples actuels encore cités par quelques auteurs sont si variés qu’ils ajoutent à la confusion plus qu’ils n’éclairent.

De nos jours, le triptyque de Weber se trouve réduit à un panneau unique, mais extrêmement chargé, la légitimité rationnelle/légale/bureaucratique. Pour la recherche empirique, une théorie à laquelle il ne reste qu’un seul type n’est plus une typologie. Le fait que nous ayons besoin de plusieurs mots pour désigner cette case pleine à ras bord montre bien qu’elle correspond à un éventail très large de phénomènes et constitue un amalgame de nombreux types différents de légitimité. De plus, vu que près de la moitié des régimes politiques en place peuvent être considérés comme illégitimes, ils restent en dehors du champ de cette vénérable typologie. Pour tout dire, la typologie de Weber est devenue anachronique.

Peu de termes ont connu autant de faveur dans les sciences sociales que le « charisme », dans la définition qu’en donne Weber. Pour quelques sociologues et historiens, le concept de légitimité charismatique « est un trait de génie, phénomène rare dans les sciences sociales »

Selon lui, le charisme est « la qualité extraordinaire d’un personnage qui est considéré comme doué de forces et de qualités surnaturelles ou surhumaines, ou au moins spécifiquement extra-quotidiennes qui ne sont pas accessibles à tous, ou comme envoyé par Dieu, ou comme exemplaire, et qui pour cette raison est considéré comme chef » Le charisme débute toujours au sein d’un groupe restreint. Dans un premier temps, il ne fait intervenir que le chef et le « petit cercle » de ses partisans les plus proches. Ceux-ci finiront par créer une organisation sous une forme ou une autre, de nos jours celle du parti politique. Celui-ci va tenter de mobiliser les masses autour du chef et de son programme. Le chef pourra apparaître comme un personnage providentiel aux militants fervents qui ont pour tâche d’opérer des conversions parmi les masses, ce qui, en pratique, peut aller vite ou demander du temps, selon les résistances auxquelles ils se heurtent.

Le clientélisme électoral, procédé par lequel un élu obtient l’allégeance d’une personne, voire d’un groupe, en échange d’un avantage, n’est pas mentionné dans le code de procédure pénale comme un délit caractérisé. Mais il s’agit d’une pratique répandue qui n’a strictement rien d’éthique. Dans le clientélisme politique, les termes de l’échange entre le « client » et l’élu se résument à un pacte qui se formule ainsi : d’un côté, un apport de voix et parfois une aide militante et, de l’autre, un emploi, un logement, un service ou encore une subvention à une association. L’échange n’a de sens que si l’avantage qu’il procure au « client »

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