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Arthur Rimbaud - Le Dormeur du Val

Par   •  19 Avril 2018  •  1 254 Mots (6 Pages)  •  111 Vues

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Deuxièmement, l’ambiguïté de beaucoup des termes met en cause leur nature. On analyse quelques exemples : « bouche ouverte » (vers 5) peut signifier un abandon total du dormeur mais aussi la rigidité posthume ; son visage « Pâle » (vers 8) renvoie soit à sa beauté extraordinaire soit à la pâleur du malade ou mort ; la comparasion « Souriant comme/Sourirait un enfant malade » (vers 9 - 10) nous inquiète encore plus avec la référence au sourire d’un malade qui est en plus l’enfant ; « il a froid » (vers 11) malgré le soleil, alors comment il peut dormir ?; « les parfums ne font pas frissonner sa narine » (vers 12) ce que peut indiquer qu’il ne sent plus. Rimbaud tout au long du poème vise à tromper le lecteur, en même temps à lui donner tous les indices dont il a besoin et il réussit quand même à nous surprendre à la fin et basculer toute l’image qu’on avait eu et à nous forcer à lire le poème pour la deuxième fois.

Le portrait contrasté de la vie et de la mort

En fait, le mot révélateur de la mort « trou(s) » se trouve déjà au premier vers ce qui donne l’impression que tout était planifié dès le début. Alors après la révélation des éléments qui désignent l’état mortel du soldat, nous découvrons le contraste entre la vie et la mort montré dans le poème. Tout ce qui est vivante concerne la nature avec le mouvement, le dynamisme, la lumière et son chaleur (« le soleil » vers 3 et 13), les sons (« chante une rivière » vers 1), les couleurs (« herbes » vers 2, « d’argent » vers 3) et l’eau qui référence la vie depuis toujours (« une rivière » vers 1, « baignant » « bleu » vers 6). De l’autre côté, le personnage est privé de ses sensations, il ne sent pas le chaleur mais le froideur (« il a froid » vers 11), il est sans couleur (« pâle » vers 8). Pour le soldat ce val est le lieu de sa mort (« un trou de verdure » vers 1 = son tombeau) qui n’est pas naturelle. On trouve l’indice dans le vers 5 : « un soldat jeune » où l’adjectif qu’on place devant le substantif est postposé ce que nous ne disons pas naturellement.

En même temps il paraît comme si le soldat s’est enfoncé et s’est fondu avec la nature (« dans le frais cresson bleu » vers 6, « dans l’herbe » vers 7, « dans les glaïeuls » vers 9, « dans le soleil » vers 13), comme s’il était accueilli par elle littéralement. Et paradoxalement, Rimbaud nous suggère cette mort sous la protection de la nature évoquée comme la mère qui s’occupe de son enfant (« Nature, berce-le » vers 11). Alors on peut déduire que le poème représente un éloge funèbre prononcé par la Mère-Nature pour ce soldat dont la mort en si bas âge était inutile. De ce point de vue, nous verrons ce poème comme la condamnation de la guerre et son injustice provoquées par la société qui a détruit de cette façon la jeunesse.

Conclusion

En conclusion, nous déclarons que le décor formé de la nature avec l’utilisation des impressions lumineuses et des couleurs symboliques a pour le but de mettre le lecteur sur la fausse piste. A la fois, Rimbaud nous équipe des indices comme la surabondance du verbe ‘dormir’ et ses dérivés et l’ambivalence des plusieurs termes décrivants le soldat pour découvrir son état réel - qu’il est mort. Ainsi nous constatons le contraste intense entre la nature idyllique et vivante et la mort du soldat jeune causée par la guerre dont l’absurdité Rimbaud nous montre.

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