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Zabriskie Point

Par   •  30 Août 2018  •  3 894 Mots (16 Pages)  •  463 Vues

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L’extrait continue par un plan en contre-plongée où le relief sec et abrupt laisse découvrir les têtes des personnages en contre-jour, alors que le ciel est à nouveau clair et d’un bleu éclatant. La caméra montre progressivement vers les personnages tandis qu’ils dialoguent : “_Mark: J’ai toujours su que cela serait ainsi. _Daria: L’amour? _Mark: Le désert.”

Daria et Mark sont sur deux ondes différentes et n’attendent pas la même chose l’un de l’autre. Ce dialogue finit de conclure la scène du phantasme, les deux personnages ne sont plus dans le même état d’esprit. Mark est solitaire et n’échange pas réellement avec les autres, malgré que Daria et lui aient phantasmé la présence de dizaines de personnes en orgie, en harmonie avec eux et le désert, aucun échange s’effectuent réellement entre eux, Mark restant dans son univers et dans un certain égoïsme.

Mark ayant à peine fini de parler, la scène est interrompue par un couple de touristes avec leur enfant, en camping-car et tirant un bateau. Même en plein désert, le capitalisme envahit leurs monde (à Daria et Mark). Le rêve et l’harmonie à peine finie, la société efface déjà cela et la consommation reprend le dessus à l’écran pour montrer une fois encore l’échec du phantasme qui n’était qu’illusion. Cette scène est suivie par un panoramique de droite à gauche sur la vallée qui zoome ensuite sur le jeune couple escaladant seul une façade pour revenir à la route. Cela oppose les touristes, affublés de chapeau, appareils photos et habits grotesques, confinés dans l’apparat, à Mark et Daria, solitaires et s’offrant simplement à leur environnement.

Mark et Daria descendant vers la route, derrière un ciel toujours très bleu et sans nuage. Tout ce deuxième extrait est composé d’une lumière vive et éclatante, la même lumière que dans son autre film Profession Reporter, qui oppresse et amène un fort contraste entre le ciel, le désert et les personnages, qui durcit les couleurs semblent un écho de l’esprit des personnages, qui aveuglés par la lumière de la société californienne n'arrivent pas à trouver leur propre place.

Retournés à la route, l’arrivée d’un policier effraie Mark qui se cache dans l’une des cabines rouges que l’on a vu précédemment en hors focus (au moment où le camping car s’en est allé) et qui jure particulièrement avec le paysage. Mark se cache car il est peut-être recherché pour le vol de l’avion et l’assassinat d’un policier lors de la manifestation étudiante. Nous ne savons pas trop ce que vient faire ici le policier, il demande juste ses papiers à Daria qui ne les a pas sur elle, puis s’en va, ne détectant rien de suspect après avoir scruté les environs. Mark vise un moment le policier derrière la cabine et Daria le voyant essaie avec succès de faire diversion. Le policier ramène dans le désert le danger et la menace de la société qui reprend le dessus sur le cours du film, alors que l’on voit à l’écran son arme et celle de Mark, ainsi que le retour des symboles (nombreux insignes sur sa chemise et sa voiture ainsi qu’auparavant sur le camping car). Après le départ du policier, Daria revient vers Mark et lui demande si son arme est chargée, Mark répond non et ouvre la chambre de son arme, faisant tomber les balles à terre, ce qui montre encore la différence entre Daria et Mark qui ne partagent pas le même univers.

II. Deux visions qui sont en échec : le capitalisme et les contradictions de Daria et Mark

Le film d’Antonioni confronte de modes de vie, de pensée, qui sont à la fois opposés, individualistes et des échec. Ces deux idéals de la vie ne s’accordent pas : la société est non-adaptée pour Mark et inversement. L'achèvement de l’utopie de Mark ne peut se finir que dans la mort, ainsi, son idéal ne peut être qu’éphemère du côté de Mark. Mais nous semblant sentir que Mark en a conscience et le réalisateur aussi. Ces deux modes de vie opposés sont des caricatures et en les opposant si fortement, le réalisateur se montre très manichéen. La société américaine est caricaturale, asservissante, et va jusqu’à détruire Mark alors qu’il venait de finalement de vivre un instant de liberté ou l’étudiant noir en début du film, lieu de domination économique et de la consommation, bâtie par l’homme et à la fois détruisant l’homme. C’est cette société qui pousse Mark et Daria à venir dans le désert pour respirer finalement un peu d’air et s’affranchir, tout cela en les individualisant car ils prennent conscience qu’ils ne se retrouvent pas en elle. Et malgré leur phantasme et idéal d’une société épurée naturelle, ils ne réussissent pas à se libérer de celle-ci qui revient doublement les assaillir et les oppresser, leur empêcher de s’épanouir, tandis que les États-Unis tentent tant qu’ils peuvent de maintenir les révoltes étudiantes.

Dans le second extrait, une scène représente le policier scrutant l’horizon, celle-ci est divisée en deux parties, deux panoramas qui ne tourne pas autour de lui, mais qui représente sa vision, c’est à dire qu’il ne semble rien trouver ni voir dans ce paysage où aucun signe n’est visible, ni trace d’humanité ou de civilisation, ce qui montre qu’il est fermé au monde de Mark et Diane, surtout qu’il ne remarque pas la présence de Mark, et le montre en échec dans cette situation.

Il aura trouvé dans la vallée de la mort un instant de vie, de retour aux sources qui ne pouvait être vaine, car individualiste. Il est individualiste et dit croire dans les manifestations, mais n’aime pas être en groupe, en cela il conteste la contestation malgré son objectif. On ne sait pas pourquoi il vole l’avion ni comment il sait le piloter, pourquoi il dirige son arme vers le policier, pourquoi il répond non à Daria quand elle lui demande s’il est chargé pour ensuite vider ses balles plutôt que de faire l’inverse, tandis qu’il nous donne l’impression de ne pas avoir de réels sentiments pour Daria. Mark semble imprévisible et perdu, ne pas avoir de réel confident, comme dans la scène où il apprend à son ami qu’il a une soeur comme si c’était évident. Son personnage est plein de contradiction et incernable, comme avait l’air l’acteur Mark Frechette dans la réalité, ce qui a sûrement conduit le réalisateur à le choisir particulièrement.

La cavale de Mark est le reflet du cinéaste qui semble perdu et déçu à travers les États-Unis préférant les images aux mots. Les films d’Antonioni, comme Profession Reporter ou Blow-up semblent un cheminement vers la recherche d’une identité, vouée à l’échec

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