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Yves saint laurent

Par   •  26 Février 2018  •  1 453 Mots (6 Pages)  •  560 Vues

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c) Saint Laurent, ses problèmes de dépendance et une remontée vive

Yves Saint Laurent, qui ne s’est jamais complètement remis de son passage au service militaire, combat ses dépressions nerveuses avec l’alcool et les drogues dont il devient vite de plus en plus dépendant. De plus, il ne fait plus un pas seul et est toujours accompagné de « hippies de luxe ». Dans ce groupe débridé qui passe le plus clair de son temps dans le palais Pierre Bergé et Yves Saint Laurent à Marrakech (le pays d’inspiration de celui-ci), se trouve Talitha, la jolie felle de John Paul Getty Jr. qui mourra d’une overdose. Loulou de la Falaise, l’une des femmes les plus habillées du monde, muse et bras droit de Saint Laurent, doit renoncer à l’alcool, et Betty Catroux, une autre muse maigre de Saint Laurent connait des problèmes de drogue. Les années suivantes, YSL donna plusieurs interviews lors desquelles il parle librement de sa dépendance de l’alcool et des drogues. Au milieu des années 1970, il fut hospitalisé pour la première fois à l’Hôpital Américain de Paris pour une cure de désintoxication et y retourna souvent par la suite.

En plus de la drogue et l’alcool, s’ajoute son homosexualité mal assumée. En effet, la journaliste Marie Dominique explique que « Quelque chose de pesant, peut-être lié à son homosexualité, s’est installée chez lui à l’adolescence. Il avait des liaisons dans son pays natal, l’Algérie, avec des garçons arabes. On se moquait de lui au lycée, on le traitait de tapette. » Mais ses confessions publiques ne ternirent pas plus son image que les apparitions inoubliables de cette homme bouffi, titubant et bafouillant de façon intelligible qui était autrefois si beau. Même en France, où l’on nourrit une idée romantique de ce fragile génie, on n’en aime que plus Saint Laurent.

A cinquante ans à peine, Saint Laurent était idolâtré comme s’il ne faisait déjà plus partie des vivants. Dans la réalité, pour bien des gens, sa mode était déjà passée de vie à trépas. En fait, il a abjuré depuis le milieu des années 1980 la « mode qui vient de la mode » et mise depuis sur une évolution constante, comme c’était l’usage avant la guerre, avant que Dior n’introduise ce concept absurde de changement à chaque saison Lors des défilés de 1997, le New York Times confirma que cette décision était visionnaire : « Tandis que le public scrute le podium pour découvrir les nouveautés, il sait déjà ce qui s’inscrira dans la durée chez Saint Laurent… ». En 1992, un grand gala est donné à l’Opéra-Bastille pour le trentième anniversaire de la maison. Tandis que le maitre, chancelant mais heureux, passe en revue les smokings qu’il a créés, nul ne peut retenir ses larmes. Et en 1999, lorsqu’il passe le flambeau de son prêt-à-porter à l’Israélo Américain Alber Elbaz, tout le monde pleure encore. Depuis, Saint Laurent ne s’occupe plus que de la haute-couture, dont il disait encore en 1971 : « Elle n’en a plus que pour cinq ou dix ans ». Saint Laurent a survécu à son propre pronostic. Diana Vreeland, la mémorable rédactrice en chef de Vogue Amérique, avait bien raison : « Coco Chanel et Christian Dior étaient des géants, mais Yves Saint Laurent est un génie. »

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