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Analyse citizen kane, Orson Welle, 1941.

Par   •  23 Mai 2018  •  1 601 Mots (7 Pages)  •  182 Vues

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Le fondu enchainé sur le plan de la neige qui tombe (et qui est le plus court de cette séquence) est trompeur, il est en contraste avec la boule à neige qui elle est immobile. Nous nous rendrons compte dans la suite du film que ce plan est un clin d'oeil avec ce qui se déroulera par la suite. Le dé-zoom sur ce 15ème plan est le premier mouvement que nous avons, car depuis le début que nous sommes entrés dans la propriété, les plans sont restés fixes. Nous faisant passer d'une insert à un très gros plan sur une main tenant la boule à neige, Welles fait entrer le premier élément « humain » direct, dans sa séquence. Toutefois l'immobilité de cette main dérange, ajouté au fait que nous avons pu distinguer une ombre dans un lit, l'ambiance générale posée sur ce début de film, le plan (17ème) dans lequel la main laisse tomber au sol la boule à neige ne fait qu'appuyer l'aspect fantomatique de ce lieu, et de cette personne dont on ne voit que des parcelles corporelles, ou bien une simple ombre sous un drap. Il y a cependant un 16ème plan entre ces deux, un signe de vie : un très gros plan sur une bouche qui propose qu'un mot « rosebud », l'incompréhension est totale. Welles nous jette dans une scène pour laquelle nous n'avons aucun éléments de compréhension : les questions basiques qui habituellement trouvent leur réponses en début de film n'ont ici aucune réponses : qui est le personnage principal, où sommes nous, qu'est il entrain de se produire ? Il est également important de notifier le fait qu'une nouvelle fois le rythme est totalement brisé. Nous avons depuis le début un rythme posé par des fondus enchainés qui mettent du temps à se mettre en place en comparaison de la durée des plans, avec des éléments froids, quasiment morts, et matériels, nous nous retrouvons brutalement devant une bouche qui prononce un mot.

L'effet de neige présent depuis le plan où elle tombe, est toujours présent dans le 17ème plan, et ajouté à la boule à neige qui est tenue par cette main qui vient de perdre vie, il est aisé de comprendre que la neige est une chose importante dans le film. Le décadrage le prouve d'ailleurs, ce n'est pas la main, et par conséquent la personne qui vient de mourir qui est importante, c'est cette boule à neige, qui tombe et qui meurt en même temps que son propriétaire. Une fois les deux brisés, l'effet disparaît, comme si la neige n'était visible pour nous qu'au travers de l'esprit de la personne que nous venons de voir mourir.

Les deux plans suivants (19 et 20ème) s'enchainent très rapidement, à l'instant où la boule à neige s'est brisé, une infirmière déformée par l'effet du fish-eye provoqué par la boule à neige, arrive dans la pièce. Faisant écho à cette présente fantomatique alors que nous ne l'avions toujours pas « vu », Kane, le propriétaire de cette demeure, reste présent au travers de ce choix de cadrage. Il est évident, nous l'avons démontré plus haut, que la neige et la boule à neige sont les reflets de ses souvenirs, et alors même qu'il est mort, les choses sont vues à travers lui.

Nous ne verrons aucun visage dans cette séquence, seulement des silhouettes, des fish-eye, où des gros plans ne permettant aucune reconnaissance physique. La musique est toujours présente, elle surplombe les événements, les coupes franches, fondus enchainés et le peu de mouvements présents dans les différents champ. C'est le seul élément stable depuis le début de la séquence, bien qu'elle suive et appuie les mouvements (lumière qui s'éteint, la boule à neige qui se brise). L'infirmière entre dans un plan dont la caméra suivra le mouvement interne avec un panoramique gauche-droite, nous avons la confirmation que la personne est bien morte lorsque l'infirmière croise ses bras et pose un draps sur son visage.

La musique s'éteint avec la lumière, dans un fondu au noir.

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