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Dissertation philosophie passé

Par   •  11 Avril 2018  •  2 023 Mots (9 Pages)  •  157 Vues

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L'existence c'est la sortie hors de soi (existere, « sortir de ») , donc la non-limitation de mon être à son aspect biologique. Réfléchir sur notre existence impose alors de penser ses limites , de prendre en compte la mort non seulement comme arrêt de la vie mais comme étant inséparable à notre être , notre âme, puisque notre expérience du temps implique la finitude de notre existence

Prendre conscience de son existence, c'est se saisir comme être fini, comme « être pour la mort », comme le dit Heidegger, c'est donc prendre conscience de la fin de notre existence, de son caractère dit tragique.

Face à l'angoisse que peut générer cette idée, l'homme ressent un désir d'éternité, qui inspire notamment la conception cyclique du temps qui signifie un mythe de l'éternel retour , que tout recommence constamment ; mais aussi les religions qui sont une idée d'un au-delà éternel qui permet de ne pas avoir peur ni du temps ni de la mort ; également là procréation car pour l'Homme , l'enfant est une sorte de promesse d'immortalité ; la création qui elle permet à l'artiste d'être présent dans ses œuvres et dans la mémoire de ceux qui les contemplent et pour finir , l'idée de mémoire que les autres ont de nous.

On se console de la temporalité de l'existence en se pensant éternel. Mais c'est illusoire : on se « divertit » au sens pascalien du terme, on détourne son esprit, on le distrait, pour qu'il ne soit plus porté à se soucier de la mort et de la vanité de l'existence.

Heidegger dit que l'homme, cet « être des lointains », projette ses soucis et ses rêves sur l'avenir et peut se référer au passé. Il n'est pas englué dans sa situation présente. Tous ses actes présents n'ont de sens qu'en fonction du futur qu'il envisage. Le projet donne un sens à l'existence. Or, il est réalisable grâce au temps qui permet le changement. Dire que l'homme existe, c'est dire qu'il va toujours au delà de lui même, il n'est pas quelque chose de figé, il fait ce qu'il est , il donne un sens à son existence.

Parce que le temps est condition nécessaire du changement, de la création, il est source de liberté, de projet , de la possibilité de donner un sens à l'existence, à sa vie. Certes, cette liberté , par laquelle chacun porte l'entière responsabilité de son existence et assume sa contingence, et est angoissante : la mauvaise foi consiste à nier cette responsabilité , afin de se déculpabiliser.

Mais la liberté est source de création de soi par soi. Exister , c'est , au sens sartrien du terme, assumer sa liberté.

Le temps est un flux d'instants liés de façon généalogique (emboîtement) et téléologique (orienté vers une fin). C'est la conscience qui sert de trait d'union , qui retient et anticipe.

Il s'écoule sans s'arrêter : « le temps passe ». Mais est-ce le temps ou les événements qui passent ? Car le temps , lui , est toujours là. Tout change, tout est nouveauté. On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve selon Héraclite. Sans changement , on ne se rendrait pas compte du temps qui passe , comme par exemple lorsque nous dormons.

On ne peut arrêter le temps. On peut le déplorer, mais si le temps s'arrête, plus rien ne passe, tout est présent, pas de mouvement et donc pas de changement , pas d'évolution. L'homme subit donc le devenir et notamment le vieillissement irréversible de son corps. Cet état de fait est une forme d'impuissance, puisqu'il n'y peut rien ? Ainsi, le temps qui passe peut être vu comme un obstacle à notre liberté, et ce, d'autant plus que le passé pèse sur notre existence sans qu'on puisse l'effacer. La conscience du temps peut alors s'accompagner de désespoir, d'angoisse, car on ne fait que subir l'écoulement du temps sans pouvoir l'arrêter.

Mais on peut vivre le présent comme s'il se suffisait à lui-même et éprouver une sorte de plénitude, puisqu'il est vécu comme parfait. Le sage n'espère rien , il vit au présent et rien ne lui manque : « tu cesseras de craindre , si tu as cessé d'espérer » de Hécaton de Rhodes. Le présent est ici une forme d'éternité où les caractéristiques du temps semblent avoir disparu. « Carpe diem » ( prends le jour) nous dis Horace ; nous devons séparer ce qui nous échappe et ce qui nous est propre, notre jugement. Il faut donc vivre pleinement et cela dépend de moi puisqu'il me suffit de vouloir ce qui arrive.

Mais on ne peut nier les changements : le vieillissement, l'usure. Le temps est irréversible une action commise l'est pour toujours. Le temps perdu ne peut donc se rattraper. Mes actes suivront ceux de demain, je suis ce que j'ai choisi d'être.

Le temps qui constitue les trois dimensions : le passé , le présent et le futur. Le passé est irrémédiable , le présent se construit sur l'instant et le futur laisse un chemin de changements. Même si le passé est irréversible , et que cette idée peut amener au désespoir (d'autant plus que notre existence est brève , que chaque instant nous rapproche un peu plus de notre mort) nous avons le pouvoir sur la vie , nous seuls constituons notre présent et notre avenir. Alors oui , je suis ce que mon passé à fait de moi , mais je suis également ce que mon présent fait de moi et ce que mon avenir fera de moi.

Quelqu'un qui me ressemble , a-t-il le même passé que moi ?

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