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Lecture analytique, Incendies, Wajdi Mouawad Scène d'exposition

Par   •  15 Août 2018  •  1 358 Mots (6 Pages)  •  362 Vues

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de points de suspension et d’exclamation, il a du mal à chercher ses mots, en effet, il est sous l’emprise de l’émotion et de la douleur, il cherche des arguments pour tenter de survivre, en vain.

2. Des faux dialogues

On observe quatre principales phases de dialogues :

- l35 à 38 : Nihad répète la phrase du photographe et la commente : sa réponse est d’ordre métalinguistique, avec la citation à deux reprises des propos de l’homme assortie d’un commentaire cinglant : « c’est la phrase la plus débile que je connaisse ! ».

- l39 à 50 : Un retournement de situation a lieu, Nihad cherche à être reconnu, à être célèbre. Il est en quête d’identité, il ne veut justement pas que le photographe supprime les clichés et lui dévoile même son identité.

- l51 à 57 : Commentaire des photos, le photographe, sous l’emprise de la peur fait de fausses flatteries. MAIS, contre-attaque immédiate, Nihad fait un commentaire inadapté, c’est un contre-argument

- l58 à la fin : Nihad ne répond plus, ce qui entraîne une montée de la tension dramatique, le photographe ne comprend pas (points d’exclamation et d’interrogation) et tente d’abattre sa dernière carte en suscitant l’émotion de Nihad, en vain, ce dernier n’a pas eu d’enfance et d’éducation, il ne sait pas se mettre à la place de quelqu’un

Nous venons de voir que ces faux dialogues intensifient l’aspect dramatique de la scène pour chercher à présenter la machine à tuer, du nom de Nihad.

III. Un personnage paradoxal et dangereux

I. Un personnage enfermé dans son propre monde

Nous avons l’impression qu’il vit dans un film, de la ligne 1 à 11, il s’isole avec son walkman, il cherche à faire son show et être le centre de l’attention

Cet enfermement dans un monde imaginaire est visible dans le dialogue avec le photographe, où la première réplique de Nihad exprime une réaction violente à la phrase prononcée par son interlocuteur, jugée « débile », comme si ce dernier jouait mal son rôle, improvisait mal, ou comme s’il jugeait le dialoguiste de la scène vraiment très mauvais.

II. Un personnage toutefois… enfantin ?

Par certains côtés, Nihad a encore quelque chose d’un enfant, il se présente comme “photographe de guerre” comme son interlocuteur, et imite ses idoles.

De plus, il cherche à être reconnu par le photographe en l’invitant à regarder ses photos (verbe à l’impératif) et en soulignant qu’il en est l’auteur par une tournure emphatique : « Regarde. C’est moi qui les ai prises. »

Le serment qu’il prononce pour attester la véracité de ses paroles “Je vous jure” est touchant, comme s’il était soudain dans la peau d’un enfant soupçonné de mensonge.

L’identité de ce personnage est donc paradoxale ; Nihad cherche encore sa place dans le monde et souffre d’un besoin de reconnaissance, comme en témoigne son identification, à la fin de la scène, à une star du rock dans une émission de télévision.

De plus, la chanson qu’il écoute démontre sa quête d’identité “Please tell me who I am”

Pourtant, cet artiste raté fait froid dans le dos : détournant la recherche esthétique propre à la vocation artistique, il transforme son activité meurtrière en oeuvre d’art. Ses photos constituent une véritable collection qui comporte un caractère obsessionnel. En effet, elles reprennent toujours le même motif : “La plupart du temps on pense que ce sont des gens qui dorment. Mais non. Ils sont morts. C’est moi qui les ai tués !”

Conclusion -

Grâce à cette scène d’action, nous découvrons un personnage essentiel au dénouement de la pièce. Personnage paradoxal et dangereux, le jeune Nihad se montre déjà très prometteur dans la voie du mal. En effet, derrière le stéréotype du tueur embusqué se dévoile un psychopathe fasciné par la mort et par l’image, qui ne tire pas seulement sur ceux de l’autre camp, mais aussi sur un journaliste photographe de guerre. Toutefois, ce personnage possède un sombre passé, il n’a pas eu d’enfance et d’éducation, il a subit un lavage de cerveau pour devenir une machine à tuer. Wajdi Mouawad cherche ainsi à dénoncer la guerre et ce qu’elle engendre, comme ce personnage, victime et

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