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Corrigé de corpus sur le thème du mythe du bon sauvage

Par   •  6 Décembre 2018  •  984 Mots (4 Pages)  •  2 Vues

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Sur le plan intellectuel, l'acuité critique des discours du chef indien de Montaigne et du vieillard tahitien de Diderot vise à montrer chez ces auteurs que la qualité de l'esprit n'est pas l'apanage des seuls occidentaux et que l'innocence morale n'est pas synonyme de bêtise, ce qui vient nuancer le cliché du « bon sauvage ».

2- L 'essai « Des cannibales » de Montaigne et la harangue du vieillard du Supplément au voyage de Bougainville nous proposent une vision critique de la civilisation européenne : nous avons déjà vu que M. opposait la corruption de la société française à l'innocence originelle des indiens ; quant à Diderot, il explique l'innocence des tahitiens par le fait qu'ils aient jusqu'à l'arrivée des européens « le pur instinct de la nature » (l.3) en passe d'être détruit par les européens. Par ailleurs, les deux auteurs se rejoignent sur l'absence d'harmonie sociale qui existe dans leur civilisation quand ils la comparent avec les sociétés indienne ou tahitienne : le chef indien dont Montaigne rapporte les propos pointe du doigt l'inégalité régnant alors en France alors que les membres de son peuple s'appellent « moitiés » les uns des autres, terme qui connote les idées de solidarité et de soin mutuel ; et le vieillard tahitien stigmatise la discorde qu'entraîne dans la civilisation occidentale le principe de la propriété qui s'applique aussi bien aux biens matériels qu'aux femmes. Enfin, les deux textes reprochent aux européens leur attrait matérialiste pour les richesses alors que chaque membre des sociétés amérindienne ou tahitienne sait se contenter du nécessaire et écarter le superflu : le chef indien s'étonne du contraste entre les « hommes pleins et gorgés de toutes sortes de commodités » et leurs « moitiés (…) mendiant à leurs portes, décharnés de faim et de pauvreté » (l.21) ; et le vieillard tahitien manifeste son mépris par rapport à une civilisation préoccupée par le besoin de « faire des besoins superflus » (l.22) et qui excède « l'étroite limite du besoin » (l.26).

Cette critique de la civilisation européenne est opérée dans les deux cas par le biais de la figure d'un chef à la tête d'un peuple éloigné du nôtre, et on peut dire que ce détour commun relève d'une stratégie commune de la dénonciation indirecte de la part des deux auteurs. Mais ces deux personnages expriment une critique qui ne cache que très peu les opinions de nos deux auteurs, avec une nuance cependant : Montaigne traduit cette critique en mettant en valeur l'étonnement des indiens (« ils dirent qu'ils trouvaient (…) fort étrange », l.13-14) alors que la critique du vieillard qui se dévelope selon les codes rhétoriques d'un ample réquisitoire est beaucoup plus frontale et vindicative.

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