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Chapitre 7 - Fortune des Rougons

Par   •  14 Juin 2018  •  2 046 Mots (9 Pages)  •  95 Vues

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La scène pathétique se mélange et se transforme finalement en une scène fantastique : «Puis, elle se mit à pousser des hurlements affreux. La nuit était entièrement tombée ; la pièce, toute noire, se creusait, lamentable. Les cris de la folle, qu’on ne voyait plus, sortaient des ténèbres, comme d’une tombe fermée. »

Description de l’assassinat de Silvère:

La dualité entre les deux registres scientifique et pathétique est également observée dans la description de l’assassinat de Silvère par Rengade.

Fidèle à sa démonstration naturaliste, Zola continue à étayer les arguments montrant le déterminisme qui régit la vie des humains. Ainsi, les prisonniers sont comparés comme des « bêtes dociles» et le paysan de Poujols, dénommé Mourgue, en est un échantillon pris pour l’observation expérimentale. Son pédigrée est d’abord décrite « homme de cinquante ans, dont les grands soleils et le dur métier de la terre avaient fait une brute.». Donc, c’est un homme dont le destin est déterminé par le milieu où il a vécu. Et puisque sa nature est « brute », il s’est laissé entraîner par l’effet de groupe qui l’amène à sa situation fatale actuelle : « Il était parti, armé d’une fourche, parce que tout son village partait ; mais il n’aurait jamais pu expliquer ce qui le jetait ainsi sur les grandes routes... Il croyait vaguement qu’on le ramenait chez lui. ». Son exécution est décrite comme l’abattage d’une bête et son corps ne devient plus qu’une « masse » qui « roula » et « alla rebondir… ». La loi de la pesanteur est donc implacable tout comme la loi imposée par l’hérédité et le milieu de vie.

Ce déterminisme effrayant s’applique également à Silvère. Sa vie est comme programmée à l’avance et cadencée par une horloge précise : «quinze jours », « deux ans » jusqu’à ce moment fatidique « l’heure grave qui tombait des horloges ». Le verbe « tombait » fait encore le parallèle avec la loi de la pesanteur. Son destin tragique semble être déjà inscrit dans l’environnement qui l’entoure « des angles potence, des montants de guillotine ». Son regard en arrière sur sa vie ne fait que confirmer cette thèse : « Et lui pensait que toutes ces choses étaient fatales, que cette pierre se trouvait à cette place pour qu’il pût y venir mourir, après y avoir aimé.». L’enchainement des relations de cause à effet ne lui laisse aucun choix. Sa conclusion par cette suite de déductions est claire : « C’était donc là qu’on amenait…». Son destin ne peut donc que finir à cet endroit précis. Et « La violence de la secousse » créée par la chute de Mourgue l’amène, à présent, « à genoux devant la pierre tombale » !

La réaction de Silvère lorsqu’il revoit Rengade est « un regret immense», c’est un sentiment à mille lieux de son souhait qui est de « mourir dans une douceur infinie ». Le vocabulaire épique (« immense » et « infinie ») rend déjà la scène pathétique. Dans un premier temps, l’esprit de Silvère oscille donc entre ces deux extrêmes, entre la « douceur attendrie» d’un amour passé et le regret de ne pas pouvoir changer le destin : « Ah ! s’ils avaient fui loin, bien loin …». Dans les deux cas, il est pathétique : «son cœur défaillit », « cruellement vieilli », « désolation », « désespoir». Lorsqu’il aperçoit la pierre tombale, cette oscillation brusquement s’arrête. Il vient brusquement de comprendre son destin: « un tressaillement », « défaillant ». Et il accepte alors ce destin qui lui permet, malgré tout, de mourir en présence des traces de son amour passé : « Le ciel est bon». Comme tante Dide, Silvère finit par « sourire » comme pour conjurer l’ironie du sort. Mais sa mort laisse une blessure ouverte et béante dans la destinée des Rougon-Macquart : « sur la pierre tombale, une marre de sang caillait».

Avis personnel sur le mélange de ces deux registres dans ce chapitre:

Selon moi, ce chapitre est assez révélateur de la dualité qui existe tout au long du livre entre le désir d’être rationnel de Zola et son tempérament épique qui semble parfois prendre le dessus.

En effet, sur la trame rationnelle de déductions scientifiques rigoureuses se superposent des envolées épiques, fantastiques et pathétiques qui semblent parfois être en fort contraste avec l’analyse froid et impassible de la science. Est-ce-que ces envolées échappent à la volonté du narrateur ? En tout cas, elles permettent certainement à l’œuvre de Zola de passer à la postérité. Imaginez un roman totalement démuni de toute émotion !

Zola remplit donc son mandat scientifique tout en ajoutant une dimension pathétique et dramatique à son roman. L’aspect pathétique bien qu‘il s’éloigne de l’aspect scientifique donne une profondeur aux personnages. « pathos » en grec veut dire souffrance. Zola fait ici appel à l’empathie du lecteur qui partage la souffrance des héros. Ces derniers acquièrent de, ce fait, un caractère plus vraisemblable aux yeux du lecteur.

Selon certaines critiques, Zola aurait utilisé les registres, comme celui du pathétique, pour palier à son ignorance de la psychologie. Je pense que c’est une chance car c’aurait été, pour moi, assez ennuyeux d’étudier La Fortune des Rougon sous la version Freudienne. On apprécie d’autant plus cette chance que l’écart fait par Zola à l’effrayant déterminisme lui permet des créations romanesques exceptionnelles. Ainsi, l’hallucination de tante Dide et le vagabondage de l’esprit de Silvère permettent de déformer l’espace-temps et de faire en sorte que les personnages à des endroits et/ou des moments différents puissent se rencontrer. Ainsi, Silvère a pu apercevoir Miette : « une grande fille aux cheveux crépus, dont les yeux luisaient comme des yeux de loups». Aussi, tante Dide et Silvère ont pu se voir mutuellement alors qu’ils se trouvent à des endroits différents.

Conclusion:

En conclusion, le roman de Zola qui se veut naturaliste est finalement exceptionnel et connu par les émotions qu’il donne au lecteur.

--- Je n’ai plus de temps là…. pour finir la conclusion… peut-être lundi j’aurai plus de temps… mais vous avez refusé… donc tant pis… c’est un peu mon destin… n’est-ce-pas ? ---

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