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L'émancipation de la femme à travers le vêtement

Par   •  6 Octobre 2018  •  6 309 Mots (26 Pages)  •  77 Vues

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matière de mode, les années 1930 ne reçoivent pas toujours l’attention qu’elles méritent, car elles se situent entre l’allégresse de l’âge du jazz et les horreurs de la guerre. Ces deux périodes ont été analysées pour des raisons différentes. La première comme le temps des débordements, la seconde comme celui de la privation et souvent la décennie qui les sépare n’est mentionnée que comme une période de transition. Cette approche passe à côté des nombreux changements et innovations qui eurent lieu à cette époque, et nous restitue une vision incomplète de la mode.

Cette décennie débuta, et fut en effet profondément marquée par le Krach de Wall Street, le plus terrible effondrement jamais connu par les marchés boursiers américains. Il plongea l’Amérique dans la Grande Dépression et étendit ses grandes conséquences et son traumatisme à travers le monde entier. La crise économique qui en résulta contribua à la montée des régimes totalitaires en Europe, qui se trouva encore une fois prise dans un conflit mondial. Parce que les années 1930 posèrent les fondations de la Seconde Guerre Mondiale, elles sont souvent appréhendées sous un jour plutôt négatif : le monde entrait dans une spirale qui le conduirait dans des recoins toujours plus sombre que la décennie avançait.

Cependant, ces années furent également le temps du glamour et de la modernité, à tel point que ce fut véritablement l’âge d’or du glamour, et cette ambiance ne se manifesta nulle part plus clairement que dans le royaume de la mode féminine, malgré la Grande Dépression pour toile de fond, et en dépit des difficultés économiques et de la pauvreté qui étaient la réalité quotidienne du plus grand nombre. Les collections des années 1930 dégagèrent pourtant dans leur ensemble un sentiment d’élégance luxueuse, et au cours de cette décennie, les maisons de haute couture parisiennes, afin de s’adapter au climat de tension de l’époque, commencèrent à créer des vêtements moins coûteux, mais toujours chics, tandis que le marché du prêt-à-porter explosait, renforçant la popularisation des vêtements à la mode. Dans l’ensemble, les vêtements féminins, en cette période de privations, respiraient un « glamour » bien individuel qui contrastait avec les dures réalités économiques.

Avec l’ascension de Hollywood de son système de studios, ce règne du glamour fut élevé à son apogée. Le grand écran avec ses drames chargés d’émotions et ses spectacles musicaux magnifiques venait satisfaire un besoin indispensable d’évasion et permettait aux femmes de plonger pendant près de deux heures dans un monde idéal, rêvé, d’une sensualité raffinée. En effet, les spectatrices furent séduites par les robes moulantes de satin portées par leurs vedettes de cinéma préférées et voulurent imiter leur style. Les films populaires révélait à chacune que la métamorphose était possible, et ce, sans distinction de classe. Par ailleurs, ils aidèrent à coder un canon de beauté qui valorisait davantage le corps que celui des décennies précédentes. Tout cela s’exprima très clairement dans les robes élégantes et près du corps de l’époque et qui divulguait une silhouette plus douce, plus féminine, qui en vint à caractériser la mode des années 30.

Cette époque, définie comme passionnante et contrastée, juxtapose le glamour et la pauvreté, et verra émergé de nouveaux styles qui auront marqué l’histoire de la mode.

2. La Garçonne

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Un peu moins de cent ans avant le mouvement des hommes en Jupes, il y eut les femmes en pantalons, ces femmes prisonnières qui ont eu le courage de faire face à l’homophobie, aux moqueries, à la répression de la société durant la décennie 1920-1930 en portant le pantalon. En choisissant l’habit des hommes, elles ont été l’annonciateur du mouvement d’émancipation et de libéralisation des femmes. La Garçonne était le symbole par excellence des « années folle », avec ses cheveux coupés, ses robes raccourcies, sa silhouette cylindrique, c’est une figure de mode bisexué qui hésite entre masculinisation et invention d’une nouvelle féminité. Elle incarne de manière douteuse, mais passionnante, l’émancipation des femmes. Les adversaires à cette émancipation ne manquèrent pas de combiner les garçonnes aux lesbiennes, utilisant ainsi l’homophobie contre les femmes. En effet, dès 1889, on estime que l’on peut suspecter une homosexualité chez les femmes qui portent les cheveux courts ou qui s’habillent comme des hommes, ou qui encore pratiquent les sports ou les passe-temps de leur entourage masculin. La signalisation du sexe par le vêtement est en effet à cette époque un trait culturel fondamental. Il assigne chaque sexe à sa place dans toutes les manifestations de la vie sociale.

Pourtant, durant ce siècle marqué par la domination masculine, adopter l’habit des hommes est un geste symbolique fort de délivrance et de rébellion. Ainsi, des femmes courageuses bravent les moqueries et deviennent des modèles pour les femmes éprise de la liberté comme Rosa Bonheur, Georges Sand, l’exploratrice Jane Dieulafoy ou l’écrivaine Rachilde. Elles portent l’habit masculin.

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En 1920, la coupe courte et carré qualifié par le terme ’’à la garçonne’’ tient le haut du pavé, alors que le cinéma inaugure la carrière légendaire de stars comme Louise Brooks. Les opposants à l’émancipation des femmes disent que les coupes courtes provoquent des calvities, ou, au contraire, activent la pilosité du visage... Néanmoins une nouvelle féminité s’invente : le cou et la nuque dégagée mettent en valeur de grandes boucles d’oreilles. Sur les bras dénudés scintillent de nombreux bracelets rigides, serrés, tandis que le mouvement du corps est marqué par plusieurs bijoux fantaisies et broches...

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Dès 1924, les Jupes sont courtes : 26cm du sol. Alors qu’en 1925, elles sont à 30 ou 35 cm du sol. En 1926, elles sont à 40 cm puis se rallongent doucement jusque 1930 où elles se stabilisent à 30 ou 32 cm du sol. Mais avec la garçonne, la garde-robe masculine entre dans le dressing féminin. Il ne s’agit pas d’anormalité vestimentaire mais s’inscrit dans un progrès du féminisme. L’égalité des sexes apparaît comme une annulation de la féminité et comme une volonté d’imiter les hommes. En effet, le pantalon, arme de la virilité occidentale, apparaît à la fin des années

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